Les plus de 50 ans sont de plus en plus nombreux à négliger les risques. ©pixabay

Le VIH est en recrudescence chez les plus de 50 ans, moins sensibilisés, moins protégés, moins dépistés… Une combinaison d’erreurs lourde de conséquences, selon le docteur Patrick Caillon, responsable du centre de dépistage de l’hôpital Edouard-Herriot.

On estime Ă  30 000 le nombre de personnes porteuses du virus du sida et n’ayant pas encore Ă©tĂ© dĂ©pistĂ©es. Parmi elles, des seniors, sans doute les moins sensibilisĂ©s Ă  la question : 12% seulement des 50-70 ans, en effet, s’estiment concernĂ©s par le VIH, selon une enquĂªte Opinion Way rendue publique le 26 novembre 2014.
Le virus, pourtant, semble faire de plus en plus de victimes chez les seniors, mal informĂ©s et donc mal protĂ©gĂ©s. Un rapport de l’Institut National de Veille Sanitaire rĂ©vĂ©lait en 2012 que ‘’les plus de 50 ans reprĂ©sentaient 18% des 6372 personnes ayant dĂ©couvert leur sĂ©ropositivitĂ© cette annĂ©e-lĂ , contre seulement 12% en 2003’’. Soit une nouvelle contamination sur cinq, un constat suffisamment alarmant pour que l’OMS tire la sonnette d’alarme.

Le virus du sida frappe Ă  tout Ă¢ge

« Les deux tiers de nos dépistages concernent des gens de moins de 30 ans », confirme le docteur Patrick Caillon, qui gère l’une des deux antennes du Centre d’Information et de Dépistage Anonyme et Gratuit des Hospices Civils de Lyon : « Rares, trop rares sont les plus de 50 ans : 3,5% des testés à l’hôpital de la Croix-Rousse, 4% à Edouard-Herriot ».
 Les seniors seraient-ils les victimes silencieuses de l’épidĂ©mie ? « Ils ne sont pas plus Ă  l’abri que les autres, mais on en parle moins, car dans les reprĂ©sentations, ils ont une vie sexuelle plus assagie. On oublie qu’ils peuvent ou ont pu avoir des relations Ă  risque, mĂªme anciennes », reprend le docteur Caillon. L’évolution de la sociĂ©tĂ© place de plus en plus de seniors Ă  l’aube d’une nouvelle vie. Et donc de nouvelles relations, multipliant les possibilitĂ©s dâ€™Ăªtre contaminĂ©s, ou de transmettre eux-mĂªme un virus dont ils ignorent Ăªtre porteurs.
D’oĂ¹ l’intĂ©rĂªt de rappeler que l’infection VIH frappe sans considĂ©ration, quel que soit lâ€™Ă¢ge. Et qu’un dĂ©pistage effectuĂ© assez tĂ´t permet une meilleure prise en charge de la maladie, comme le rappelle le responsable du CIDAG : « 30% des cas sont dĂ©pistĂ©s quand la maladie est dĂ©jĂ  en phase avancĂ©e. Et c’est surtout vrai chez les seniors ».
Informations sur www.sida-info-service.org
N° vert : 0 800 840 800

A SAVOIR

Le Centre d’Information et de Dépistage Anonyme et Gratuit du VIH, des hépatites virales B et C (CIDAG) du CHU de Lyon (hôpitaux de la Croix-Rousse et Edouard-Herriot) est ouvert à tous les publics, sans rendez-vous. Ce service propose également des consultations gratuites pour le dépistage et le traitement des IST (Infections Sexuellement Transmissibles).
Hôpital Croix-Rousse : ouvert lundi (9h30-19h30), mardi (10h30-18h), mercredi (9h30-17h), jeudi (12h-19h30) et vendredi (9h-14h et 16h30-19h30).
Hôpital Edouard-Herriot (Pavillon K) : ouvert lundi (8h30-16h), mardi (8h30-12h), mercredi (8h30-16h), jeudi (8h30-16h) et vendredi (8h30-16h).

 

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Journaliste expert santĂ© / RĂ©dacteur en chef adjoint du Groupe Ma SantĂ©. Journaliste depuis 25 ans, Philippe Frieh a Ă©voluĂ© dans la presse quotidienne rĂ©gionale avant de rejoindre la presse magazine pour mettre son savoir-faire Ă©ditorial au service de l'un de ses domaines de prĂ©dilection, la santĂ©, forme et bien-Ăªtre. Très attachĂ© Ă  la rigueur Ă©ditoriale, Ă  la pertinence de l'investigation et au respect de la langue française, il façonne des Ă©crits aux vertus rĂ©solument prĂ©ventives et pĂ©dagogiques, accessibles Ă  tous les lecteurs.

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