Un salarié utilise un masque de réalité virtuelle lors d'un atelier de prévention du burn out, le 2 mai 2023 à Lyon.
Grâce à la réalité virtuelle, le salarié en formation est littéralement propulsé en situation réelle, dans un contexte favorisant fortement une situation de burn-out. ©Reverto

Alors que 13% des salariés français, selon une étude Opinion Way de 2022, seraient en situation de burn-out, la solution pourrait-elle venir de la réalité virtuelle ? À Lyon, la société Reverto vient de déployer un nouveau module de formation spécifiquement dédié au burn-out, à destination de grandes entreprises désireuses de tester cette technologie innovante qui, en matière de prévention en santé mentale, commence à faire ses preuves.

L’usage de la réalité virtuelle comme remède en santé n’est pas neuf. mais ces applications sont toujours plus étonnantes. Rééducation, thérapies en immersion, lutte contre la douleur et l’anxiété… Le champ des possibles est immense, qui plus est lorsqu’on lui ajoute celui de la prévention. Un domaine dans lequel s’est engouffrée la société lyonnaise Reverto, qui a utilisé la réalité virtuelle pour sensibiliser 30 000 salariés aux risques psychosociaux en 2022.

Après le sexisme, le harcèlement sexuel, le harcèlement moral ou encore le handicap, l’entreprise déploie cette année une nouvelle formation immersive, cette fois-ci dédiée au burn-out. “L’idée, très simple, est de dire que pour comprendre et réagir, il faut avoir été confronté. Et là, on peut le faire sans danger, avec un casque de réalité virtuelle”, témoigne son fondateur Guillaume Clere. Lors des ateliers de formation, les salariés sont invités à entrer dans la peau d’un personnage confronté aux facteurs déclenchant du burn-out. “Cela provoque des émotions, fait remonter du vécu”, que l’on soit victime, acteur ou témoin, pour mieux réagir en cas de situation à risque.

Réalité virtuelle : un nouvel outil pour la prévention du burn-out

La cible ? Les salariés, managers et dirigeants de grands groupes de plus de 500 salariés, où la pression peut sans doute plus facilement s’instaurer en culture d’entreprise. Et où les actions de formations, au vu du format des ateliers, ont également plus d’impact. “Les séances se déroulent par groupe de douze personnes, sur une heure à une heure et demi, soit environ soixante-dix personnes dans la journée”, résume Guillaume Clere.

Syndrome d’épuisement professionnel d’ordre physique et mental, le burn-out survient dans des situations de forte pression, génératrice de stress. Le phénomène est aujourd’hui parfaitement identifié, les actions de prévention en entreprise plutôt bien établies, mais rien ne vaut l’expérience. “C’est là que tout se joue”, confirme Lénaïc Cadet, chercheuse en psychologie cognitive et responsable R1D chez Reverto. “On dit souvent que lorsque l’on a déjà été confronté à une situation, il est plus facile de réagir ou d’apporter son aide. L’idée n’est pas d’utiliser le casque parce qu’il est fun, mais parce qu’il offre cette expérience émotionnelle. Ensuite, on partage les ressentis au cours d’un temps d’échange animée par une spécialiste”. L’occasion aussi de revenir sur les facteurs favorisant, les signes d’alerte, les personnes à contacter, le traitement de la maladie

À SAVOIR

Guillaume Clere est ancien journaliste, auteur de documentaires de société. L’un des premiers sujets sur lesquels il a travaillé fut le sexisme, expérience qui forma la génèse de la fondation de Reverto, en 2018.

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