Une jeune femme et un jeune homme en plein coup de foudre.
N'en déplaise aux romantiques, pour beaucoup de spécialistes, l'amour s'installe plutôt sur la durée qu'à travers un coup de foudre. ©Depositphotos

Chabadabada, chabadabada… Que se passe-t-il quand nous tombons amoureux, “un peu, beaucoup, passionnément, à la folie” ? Le coup de foudre existe-t-il vraiment ? Quel rôle jouent les hormones ? Eléments de réponse avec Dina Faustino, thérapeute de couple et sexothérapeute à Rancé (Ain).

Coup de foudre, mythe ou réalité ? « Attirance = force qui attire vers quelqu’un ou vers quelque chose. » La définition du Robert est juste, mais elle ne dit pas tout. L’attirance est l’attraction que l’on ressent lorsque l’on rencontre quelqu’un. Cette puissante attraction est le fruit de plusieurs facteurs, différents pour chaque personne.

Il y a le physique… mais pas toujours. On peut ainsi être attiré par une personne qui ne correspond pas à nos critères physiques habituels. À l’inverse, on peut trouver une personne belle, mais ne pas être attiré par elle. La voix, le charme, les opinions, les qualités de la personne, jusqu’à son odeur entrent aussi en compte. L’attirance s’accompagne de désir, et de l’envie de séduire l’autre. Comme le dit l’expression, on pourrait décrocher la lune pour l’être aimé. « C’est la passion, ce que l’on appelle la lune de miel », explique Dina Faustino. « Cet état peut durer de quelques jours jusqu’à trois ans. »

Pourquoi lui, plutôt qu’un autre

Pourquoi sommes-nous attirés par une personne plutôt que par une autre ? « On ne choisit pas son partenaire par hasard », répond Dina Faustino. Des mécanismes inconscients nous poussent parfois à retourner vers le même type de partenaire. « Une personne qui a connu plusieurs échecs amoureux peut s’installer dans une répétition. Par exemple en choisissant toujours des partenaires alcooliques. Cela démontre des failles, une vulnérabilité, un besoin de combler quelque chose. »

Nous sommes aussi influencés par le comportement des gens qui nous entourent, la culture dans laquelle nous vivons, les images clichés des films et des romans. « Dans notre société, les femmes attendent souvent l’homme idéal, le prince charmant, qui bien sûr n’existe pas. » Notre histoire (religion, éducation, modèle parental), ou les affinités sociales nous influencent aussi, c’est une évidence. Rencontrer la bonne personne ne suffit pas toujours. Il faut aussi la rencontrer au bon moment. Si elle croise notre chemin à un moment où nous ne sommes pas disponibles, par exemple parce que trop stressés par notre travail, elle peut alors nous échapper.

De l’attirance au couple en CDI

Pendant les quelques semaines/mois qui suivent la rencontre, la zone du cerveau responsable du jugement se met en veille, temporairement. C’est une période d’euphorie. On ne pense qu’à l’autre, il nous obsède, même quand il n’est pas là. On l’idéalise, on le met sur un piédestal. « Quand on sort de cette phase passionnelle, alors que les défauts de l’autre étaient jusqu’à présent quasiment invisibles, notre compagnon/compagne nous apparaît tel qu’il/elle est, avec ses qualités et ses défauts. C’est à ce moment-là que peuvent s’installer les conflits, les crises, les rancœurs. » Mais c’est aussi là que se posent les fondations d’un attachement durable, du sentiment amoureux qui va durer. L’amour devient alors plus apaisé. Parfois, il s’éteint.

Un cerveau nommé désir

« L’amour, c’est aussi une question d’hormones », reconnaît Dina Faustino. Toutes ces hormones fabriquées à haute dose par notre cerveau vont « épicer » la relation, la rendre unique. Il y a d’abord l’adrénaline libérée lors des tout premiers rendez-vous, qui va accélérer les battements cardiaques, nous faire rougir, rendre nos mains moites, nous donner la sensation d’avoir des papillons dans le ventre. Tout à coup, on trouve l’autre beau, drôle, intelligent et tellement sympa. « Ce bouleversement hormonal en vient même à nous faire perdre l’appétit. » 

Au début d’une relation amoureuse, la dopamine et les endorphines, hormones du plaisir, et la sérotonine, celle du bien-être, sont produites en grande quantité. Les hormones sexuelles (œstrogènes et testostérone) sont quant à elles en partie responsables du désir sexuel. Et c’est l’ocytocine, hormone de l’attachement, qui développe l’empathie, la confiance en l’autre et la générosité, qui va permettre de passer de la passion à un amour solide. Rire, faire des câlins, discuter, partager des loisirs à deux stimulent la production de cette hormone. De quoi espérer atteindre le « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » des contes de fées…

Alors, le coupe de foudre, mythe ou réalité ?

« Je n’y crois pas vraiment », affirme Dina Faustino. Il s’agirait plus d’une construction sociale, entretenue par les comédies romantiques sur grand écran et les romans à l’eau de rose. « Même si l’on peut être attiré par quelqu’un assez rapidement, l’amour s’installe petit à petit, se construit, se nourrit des instants passés à deux. »

À SAVOIR

L’expression “coup de foudre” remonterait au XVIIeme siècle. À l’époque, on spécifiait ainsi un événement inattendu, brutal et ou impressionnant. Ce ressenti était à l’origine plutôt négatif. Sa connotation romantique s’est généralisée à la fin du XVIIIème siècle.

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