Le ruban vert est le symbole du don d’organes, en grande crise actuellement.
Alors que les dons d'organes baissent, celui des personnes en attente d'une greffe ne cessent d'augmenter. ©Canva

En France, en 2022, 28 000 malades étaient inscrits sur les listes d’attente d’organes, pour seulement 5 500 greffes ont été réalisées. Depuis 30 ans, cet écart entre le nombre de personnes en attente de greffe et le nombre de greffes réalisées ne cesse d’augmenter. L’une des raisons pour laquelle Jean-Louis Touraine, professeur de médecine à Lyon et président de France Transplant, a lancé un appel d’urgence pour sensibiliser la population à l’importance du don. Pouquoi donner ? Quels sont les freins ? Comment faire don de ses organes ? On fait le point.

Les greffes d’organe, aujourd’hui, se soldent par de nombreux succès et contribuent à sauver de nombreuses vies. Mais malgré un taux de réussite très prometteur, les greffes restent tributaires du geste le plus important : le don d’organe. En situation de pénurie d’organes prélevés pour les greffes, comment remonter le niveau et permettre de sauver encore plus de vies ? Les explications du Pr Jean-Louis Touraine.

Quelle est la situation actuelle du don d’organes ?

En France, le nombre de greffes n’augmente plus alors que le nombre de demandes, lui, ne cesse de grimper. Aujourd’hui, on recense six fois plus de malades en attente de greffe que de malades greffés chaque année. Ainsi, un patient qui est inscrit en liste d’attente a très peu de chances d’être greffé rapidement. 

Lorsqu’un malade est inscrit pour une greffe, c’est qu’il est en très mauvaise santé. Et nombre d’entre eux, malheureusement, décèdent avant même d’avoir pu être traités. C’est effectivement le cas de plus de 1 000 malades chaque année en France. À ce nombre terrifiant, il est nécessaire d’ajouter un nombre équivalent de malades retirés des listes à cause de leur état général insuffisant pour permettre une opération chirurgicale, du fait du temps d’attente.

Quels sont les points d’amélioration pour augmenter le don d’organes ?

Dans des pays comme l’Espagne et la Belgique, le nombre de malades greffés chaque année est équivalent au nombre de malades qui attendent. Ainsi, un patient inscrit à une bonne probabilité d’être greffé dans l’année qui vient. 

La France doit se rapprocher de ces résultats le plus rapidement possible. Cet objectif de dons d’organes suppose des efforts de tous. En effet, il est nécessaire que les professionnels de santé, la population, et l’état se mobilisent. Une amélioration de la communication et de l’organisation autour des dons d’organes éviterait tous les obstacles qui peuvent être rencontrés au refus de don, au prélèvement, et à la transplantation. 

Qui peut donner ses organes, et comment ?

La loi française stipule que chaque citoyen est un donneur potentiel s’il lui arrive de décéder dans des conditions où les organes peuvent être prélevés. Il n’y a pas besoin de donner son accord pour être un donneur potentiel, il y a seulement besoin de donner son refus pour ne pas l’être. 

La loi précise qu’il y a deux façons d’exprimer son refus : en s’inscrivant sur un registre, ou en donnant une indication claire d’opposition, marquée sur un papier avec sa carte d’identité ou exprimée à ses proches qui pourront témoigner au moment du décès. 

S’il n’y a pas besoin de s’inscrire pour accepter le don d’organes, comment s’expliquent tous ces refus ?

Dans de nombreux cas, même si les donneurs n’ont pas exprimé de refus aux dons de leurs organes, les prélèvements ne sont pas faits. Selon les études, le don d’organes est même accepté par 85 % des Français. Les refus sont déclarés par les familles qui, ne connaissant majoritairement pas les volontés des défunts, s’opposent aux dons.

Ces obstacles ne sont pas justifiés et il faut les vaincre. Quand il n’y a pas eu l’expression d’un refus de la part d’un défunt, il faut que ses organes puissent être prélevés.

D’ailleurs, les familles sont bien souvent reconnaissantes ! Beaucoup ont le discours suivant : « La mort qui est survenue brutalement paraît moins absurde puisque les organes de notre proche continuent à vivre chez quelqu’un à qui ils ont redonnés la vie. »

Ainsi, même si ce n’est pas la seule cause de manque de dons, la discussion autour du don d’organes est primordiale. Il faut surpasser le sujet “tabou” du décès, et discuter avec ses proches, à tout âge, de son désir ou non de donner ses organes.

À SAVOIR

Le ruban vert est le symbole du don d’organes. Au niveau mondial, le 16 octobre est la journée du don d’organes et de la greffe. Au niveau national, le 22 juin est la journée de réflexion sur le don d’organes et la greffe. 

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