Une jeune femme en randonnée, susceptible de contracter une encéphalite à tiques.
C'est dans la nature, lors de randonnées ou de séjours en camping, que le risque d'encéphalite à tiques est le plus élevé, d'avril à octobre. ©Freepik

Santé publique France a tiré la sonnette d’alarme en ce début du mois de juillet : certes encore marginale, l’encéphalite à tiques commence à se propager en France, principalement en Alsace et en Auvergne-Rhône-Alpes, où le foyer le plus important se situe en Haute-Savoie. Si les conséquences sur la santé sont rarement graves, les symptômes sont pénibles (maux de tête, nausées, fièvre…) et nécessitent une hospitalisation dans la plupart des cas. D’où l’importance, comme pour l’autre maladie transmise par les tiques, la maladie de Lyme, de faire preuve de vigilance lors des sorties en extérieur du printemps à l’automne.

L’encéphalite à tiques est une infection virale qui gagne du terrain en France. Suffisamment pour inquiéter les autorités sanitaires : Sante publique France a publié le 7 juillet un bilan de surveillance sur les années 2021 à 2023, dévoilant “l’augmentation de l’incidence de la maladie dans toute l’Europe et l’extension de la zone et la période où le virus circule habituellement”.

Comment le virus se transmet-il à l’homme ?

L’encéphalite à tiques est un virus transmis par piqûre ou morsure de tique, insecte de la famille des acariens. C’est l’autre grande maladie transmise par les tiques, avec la borréliose, plus connue sous le nom de maladie de Lyme et, pour sa part, liée à une bactérie. Il y a toutefois plusieurs critères pour qu’une tique puisse transmettre la maladie. Il faut notamment qu’elle soit elle-même infectée et qu’elle ait un temps de fixation sur la peau suffisamment long. D’où l’intérêt de bien inspecter son corps ou celui de ses enfants après une balade en forêt ou un séjour en camping…

Cette contamination peut, dans des cas plus rare, être d’origine alimentaire, à travers la consommation de lait cru issu de ruminants infectés. “Parmi les 4 cas « contaminés » dans le Rhône, 3 étaient impliqués dans une toxi-infection alimentaire collective (TIAC) attribuée à un fromage frais de chèvre fabriqué à partir du lait cru d’un troupeau se trouvant dans le Rhône”, confirme Santé publique France.

Prévention : retrouvez ici nos conseils pour éviter les morsures de tiques et la transmission du virus.

Quels sont les symptômes d’une infection à l’encéphalite à tiques ?

La maladie ne se déclare pas immédiatement après la morsure de la tique infectée. Les premiers symptômes apparaissent en effet après une période d’incubation allant de 10 à 15 jours. Il s’agit principalement de symptômes méningés (céphalées ou maux de tête, raideurs de la nuque) et/ou grippaux (fièvre, nausées et vomissements).

Selon l’Institut Pasteur, une deuxième phase de la maladie peut se caractériser par des tremblements, des troubles visuels et sensoriels, voire par une paralysie partielle des membres supérieurs. L’encéphalite à tiques est susceptible d’entraîner des séquelles neurologiques “dans 50% des cas”.

Il n’existe toutefois pas de traitement spécifique. Et le vaccin, en raison d’une incidence encore marginale, n’est pas encore recommandé en France.

Qui sont les personnes touchées ?

Selon Santé publique France, 71 cas d’encéphalite à tiques ont été relevés en France entre mai 2021 et mai 2023, sur des personnes des deux sexes âgées de 7 à 80 ans. Ce comptage est facilité par l’inscription, depuis mai 2021, de cette infection sur la liste des maladies à déclaration obligatoire (MDO). Dans le détail, on sait ainsi que 30 cas ont été recensés en 2021, 36 en 2022 et déjà au moins 5 en 2023.

Aucun décès n’a été constaté parmi les patients, mais l’immense majorité des personnes infectées (94%) ont dû être hospitalisées. Autre enseignement de ce recensement, le fait que les infections ne soit pas toutes liées à une activité de loisirs. En effet, “15% des cas exerçaient des professions les exposant particulièrement à des piqures de tiques” (éleveurs, agents ONF…).

Quelles sont les zones à risque ?

Avec l’Alsace, Auvergne-Rhône-Alpes est la région où les infections sont les plus fréquentes. C’est même en Haute-Savoie, avec 14 cas en tout, que le nombre le plus élevé de cas d’encéphalite à tiques a été relevé, devant le Haut-Rhin (11 cas) et le Bas-Rhin (10 cas). “La région Auvergne-Rhône Alpes est dorénavant une zone importante de circulation du virus, avec des massifs particulièrement à risque, tels que le Forez. La zone de circulation du virus atteinte au sud l’Ardèche, département qui devrait faire l’objet d’une vigilance particulière”, prévient Santé publique France.

À SAVOIR

L’encéphalite à tiques est due au virus de l’encéphalite à tique (TBE), qui est un Flavivirus. Ce virus est transmis à l’humain par la piqûre d’une tique infestée, essentiellement du printemps à l’automne (période d’activité des tiques). Il existe trois types de ce virus : européen, extrême oriental et sibérien. Le sous-type européen, seul présent en France, est responsable de maladies moins graves que les deux autres. En Europe, les pays les plus touchés sont la République tchèque et l’Allemagne, et les pays baltes. Une extension de la maladie en direction de l’Europe du Nord et de l’Est est observée.

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