Les fuites urinaires ne doivent pas ĂȘtre une fatalitĂ©.
Ne pas traiter ses fuites urinaires, malgré la pléiade de solutions, peut revenir à transformer son quotidien en cauchemar. ©Shutterstock

C’est une pathologie trĂšs frĂ©quente, loin d’ĂȘtre rĂ©servĂ©e aux seules femmes ĂągĂ©es, mais qui reste le plus souvent taboue. Par pudeur, voire par honte, un tiers des femmes gĂȘnĂ©es par des fuites urinaires n’osent mĂȘme pas en parler Ă  leur mĂ©decin. Pourtant, il existe des solutions efficaces et trĂšs variĂ©es pour rester au sec. Rééducation pĂ©rinĂ©ale, perte de poids, dispositifs mĂ©dicaux, chirurgie, traitements mĂ©dicamenteux, injection de botox: Ma SantĂ© fait le point, avec le concours du Dr Caroline Thuillier, urologue au CHU de Grenoble (IsĂšre).

Les fuites urinaires peuvent empoisonner votre vie Ă  tout moment. Vous ĂȘtes en train de courir, de rire, de porter un carton, ou tout simplement, d’éternuer
 Et voilĂ  quelques gouttes d’urine qui s’échappent, malgrĂ© vous. Si le problĂšme n’est pas grave, il peut ĂȘtre trĂšs gĂȘnant, et perturber les relations avec les autres, le sommeil et la vie sexuelle.

Pour en sortir, un seul rĂ©flexe Ă  avoir : en parler. D’abord Ă  son mĂ©decin traitant, qui pourra, si besoin, orienter vers un(e) urologue. Ce dernier pourra dĂ©terminer le type d’incontinence dont vous souffrez. Cette Ă©tape du diagnostic est cruciale, puisque les traitements diffĂšrent selon le type de fuites.

« L’incontinence Ă  l’effort survient quand on tousse, lorsque l’on fait du sport, qu’on porte une charge lourde
 Â», explique le Dr Caroline Thuillier, chirurgien urologue au CHU de Grenoble. L’effort augmente la pression exercĂ©e sur les muscles du plancher pelvien, qui ne jouent plus correctement leur rĂŽle. « L’incontinence par impĂ©riositĂ©, elle, se reconnaĂźt par une envie extrĂȘmement soudaine de faire pipi. Â» À tel point que la personne n’a souvent pas le temps d’arriver aux toilettes. « Enfin, l’incontinence mixte est une combinaison des deux. »

Fuites urinaires : toutes les femmes sont concernées

On pense souvent que seules les femmes ĂągĂ©es sont concernĂ©es. C’est totalement faux ! MĂȘme si l’ñge augmente considĂ©rablement le risque, car la vessie, comme les autres organes, vieillit, et que le pĂ©rinĂ©e s’affaiblit avec les annĂ©es, le problĂšme est loin d’ĂȘtre rare chez les femmes jeunes.

Pour s’en protĂ©ger le plus longtemps possible, il faut lutter contre les facteurs favorisants, comme le surpoids et l’obĂ©sitĂ©. « Perdre 10% de son poids diminue, voire fait disparaĂźtre, les fuites urinaires Â», prĂ©cise le Dr Thuillier. La constipation chronique est aussi Ă  combattre, car les poussĂ©es rĂ©pĂ©tĂ©es abĂźment le pĂ©rinĂ©e. « Les fumeuses ont tout intĂ©rĂȘt Ă  arrĂȘter. Â» En effet, le tabac fait tousser, or la toux chronique est un facteur favorisant. Autre conseil : limiter la consommation de thĂ© et de cafĂ©, des excitants de la vessie.

La rééducation périnéale : premier recours aux fuites urinaires

Enfin, il est hautement recommandĂ© de consulter un kinĂ© ou une sage-femme spĂ©cialisĂ©s pour apprendre Ă  mieux utiliser son pĂ©rinĂ©e aprĂšs un accouchement. La rééducation pĂ©rinĂ©ale permet, manuellement ou avec une sonde de stimulation Ă©lectrique, d’apprendre en quelques sĂ©ances Ă  contracter son pĂ©rinĂ©e. Pour les femmes mĂ©nopausĂ©es, un traitement oestrogĂ©nique local (crĂšme ou ovules) peut diminuer les fuites.

« DĂšs qu’on est gĂȘnĂ©, il faut consulter Â», insiste le Dr Thuillier. Car de nombreux traitements existent, que le mĂ©decin choisira en fonction de la gĂȘne de sa patiente, et de son type d’incontinence. « Avant une sortie sportive, on peut utiliser DiveenÂź. Â» Il s’agit d’un dispositif mĂ©dical -une sorte d’anneau souple- qui s’insĂšre dans le vagin, comme un tampon.

« Si cela ne suffit pas, on pourra poser une bandelette sous l’urĂštre, pour le soutenir, et empĂȘcher ainsi les fuites. Â» Elle est posĂ©e en faisant une petite incision dans le vagin. « C’est une chirurgie qui se fait en ambulatoire. Les rĂ©sultats sont excellents, et se maintiennent dans le temps. Â» D’autres traitements existent, notamment « des agents de comblement dans l’urĂštre, des ballons installĂ©s sous la vessie, voire mĂȘme la pose d’un sphincter artificiel. Â» Celui-ci simule le fonctionnement normal du sphincter. « Quand elle a envie de faire pipi, la patiente appuie sur une pompe. Â»

MĂ©dicaments, stimulations Ă©lectriques et mĂȘme injections de botox !

« Les mĂ©dicaments anticholinergiques marchent trĂšs bien chez certaines. Â» Ils aident Ă  calmer l’hypersensibilitĂ© de la vessie. Ils sont souvent donnĂ©s pour une durĂ©e de trois mois. Mais ils ont des effets secondaires : sĂ©cheresse de la bouche, vision trouble, fatigue ou difficultĂ©s Ă  uriner.

Autre possibilitĂ©, « une stimulation Ă©lectrique posĂ©e Ă  la cheville. C’est un traitement mini invasif, qui se fait Ă  la maison : une sĂ©ance de vingt minutes chaque jour ». Cette stimulation du nerf tibial diminue l’hypersensibilitĂ© de la vessie. Comme pour les rides, « des injections de botox dans la vessie vont permettre de la paralyser temporairement. Ça marche trĂšs bien, mais il faut refaire des injections tous les 6 Ă  12 mois. »

Enfin, il existe aussi un pacemaker pour la vessie. Des Ă©lectrodes reliĂ©es Ă  un boĂźtier placĂ© sous la peau, dans le bas du dos, stimulent le nerf sacrĂ© qui commande la vessie. « C’est aussi rĂ©versible. » Bref, de nombreuses solutions existent. Vous trouverez probablement celle qui vous convient
 Ă  condition d’oser en parler !

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À SAVOIR

Le stop pipi ? Une trĂšs mauvaise idĂ©e ! Interrompre la miction avant que la vessie ne soit complĂštement vide est contre-productif. Non seulement cela ne va pas muscler le pĂ©rinĂ©e, mais cela risque de favoriser les infections.

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Stéphanie Paicheler
Journaliste depuis 2001, l'expertise et la passion de StĂ©phanie Paicheler tournent autour de la santĂ©. Curieuse, rigoureuse (notamment sur les dĂ©lais et contraintes de formats), autonome, flexible, elle est toujours en quĂȘte d'informations dĂ©calĂ©es et originales, en lien avec l'actualitĂ©.

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