La vaccination contre les papillomavirus (HPV) est recommandée aux filles et aux garçons entre 11 et 14 ans. ©MotortionFilms_Shutterstock

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, l‘a annoncé fin février 2023 : une campagne de vaccination contre les HPV sera systématiquement proposée aux collégiens en cinquième dès la rentrée prochaine. La vaccination contre cette infection sexuellement transmissible très courante, facteur de cancers (col de l’utérus, sphère ORL…) est recommandée depuis 2007 aux filles de 11 à 14 ans et depuis 2021 aux garçons du même âge, pour les protéger à l’aube de leur vie sexuelle. Explications, avec le concours du Dr François Vié le Sage, pédiatre en Savoie.

Les papillomavirus humains ou HPV sont une infection sexuellement transmissible très courante. Plus de 90% des personnes en seraient atteintes au moins une fois dans leurs vies. En particulier au début de leurs rapports sexuels. Pour s’en prémunir, seul le vaccin est efficace. Le guide pour tout comprendre sur la vaccination contre les HPV avec le Dr. François Vié le Sage, pédiatre au Centre périnatal de proximité de l’Hôpital d’Aix-les-Bains et membre de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA). 

Pourquoi se faire vacciner contre les HPV ? 

Si les papillomavirus sont inoffensifs et disparaissent dans la majorité des cas d’infection, ils peuvent parfois s’avérer très dangereux. Ces virus sont en effet la principale cause de condylomes génitaux (verrues sur la verge), mais également de cancers au niveau des zones intimes (col de l’utérus, pénis, vagin, vulve, anus…) et de la sphère ORL (bouche, gorge, pharynx…). Si le préservatif est efficace contre les autres MST, il n’est pas suffisant pour contrer les papillomavirus. Le seul moyen de s’en protéger est donc de se faire vacciner !

Selon l’OMS, le dépistage et la vaccination permettraient d’ailleurs d’éradiquer totalement ces infections aux papillomavirus.

Vaccin contre les HPV : mieux vaut prévenir que guérir 

Laurence, 39 ans, atteinte d’une maladie liée aux papillomavirus, témoigne. « J’ai été contaminée par les papillomavirus à la naissance par ma mère qui ne savait pas qu’elle en était atteinte. À 5 ans et demi, j’ai consulté car je commençais à perdre la voix. Le diagnostic d’une papillomatose laryngée au niveau des cordes vocales est donc tombé dès ma petite enfance. Cela a été très difficile entre les nombreuses anesthésies et opérations. L’association AKUMA, que j’ai fondé en 2018, vise à soutenir la recherche et à sensibiliser à ces virus ainsi qu’à la vaccination. Aujourd’hui les jeunes ont la chance d’avoir un simple vaccin pour se protéger d’un cancer ou d’une autre pathologie liées aux HPV, il faut le faire. Une fois que la maladie est installée, il est plus difficile d’en guérir. »

Qui est concerné ? 

La vaccination est recommandée aux jeunes filles depuis 2007, mais aussi aux garçons depuis 2021 avant le début de la vie sexuelle. Dans l’idéal, le vaccin doit être réalisé entre 11 et 14 ans. Au plus tard entre 15 et 19 ans. Le dépistage des papillomavirus, via un test HPV, reste quant à lui, réservé aux femmes plus âgées et non vaccinées (dès 25 ans), en prévention du cancer du col de l’utérus. 

En matière de vaccination, la France connaît toutefois des retards. On recensait fin 2021 45,6% de jeunes filles de moins de 15 ans vaccinées, et seulement 6% de garçons. C’est la raison pour laquelle l’Académie nationale de Médecine réclame sa systématisation. Et qu’Emmanuel Macron, pour illustrer la politique du gouvernement en la matière, a annoncé mardi 28 février la généralisation d’une campagne de vaccination gratuite pour tous les élèves de cinquième, à compter de la rentrée 2023.

Comment se faire vacciner ? 

La prescription de la vaccination HPV par un médecin permet de récupérer le vaccin en pharmacie. Rendez-vous ensuite chez un professionnel de santé de votre choix (médecin, infirmier, sage-femme, centres de vaccination ou de planification familiale…) pour administrer la première dose. Deux à trois injections sont généralement nécessaires pour assurer l’efficacité du vaccin.

Retrouvez la liste de tous les médecins de votre région sur www.conseil-national.medecin.fr

À SAVOIR

L’Assurance maladie peut prendre en charge chaque dose de vaccin à hauteur de 65 %. dans certains centres de vaccination, La vaccination peut être gratuite. 

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