Une femme mineure ou majeure ne souhaitant pas poursuivre une grossesse pour des raisons non médicales peut avoir recours à l'IVG.
Avoir recours à une IVG peut arriver à n'importe quel âge et ce, malgré la vigilance et l'utilisation d'un moyen contraceptif. ©Shutterstock

L’IVG, ou Interruption Volontaire de Grossesse, est un droit accordé aux femmes d’avorter pour des raisons non médicales si elles le désirent. Si dans beaucoup de pays la possibilité d’avorter est largement remise en cause, la France enchaîne les avancées pour le droit à l’IVG. À l’occasion du vote pour son entrée définitive dans la constitution, lundi 4 mars 2024, Ma Santé rappelle tout ce qu’il faut savoir sur l’IVG en France et fait le point sur les derniers grands changements politiques concernant le droit à l’avortement.

L’IVG touche tous les âges et tous les milieux sociaux, et particulièrement les femmes âgées de 20 à 24 ans. Deux tiers des femmes ayant recours à cette intervention utilisent un moyen de contraception. Quelles sont les différentes méthodes d’IVG ? Comment se déroule cette intervention? Le point avec Morgan Stockman, sage-femme à Lyon. 

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical permettant à une femme de mettre fin à une grossesse de manière volontaire et légale. L’IVG peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse.

L’IVG est une décision personnelle et souvent complexe, prise en concertation avec des professionnels de santé, et qui peut être motivée par diverses raisons personnelles.

À partir de quel âge peut-on avorter ?

À n’importe quel âge. Les femmes mineures non émancipées peuvent demander le consentement de leurs parents mais ce n’est pas obligatoire. Elles peuvent également se faire accompagner par un représentant légal majeur. Le geste est anonyme pour les femmes mineures. La confidentialité va jusqu’au remboursement de la Sécurité sociale. L’acte n’apparaît pas sur le décompte. 

Il existe deux méthodes. 

L’IVG médicamenteuse est réalisable jusqu’à sept semaines de grossesse (neuf semaines après le début des dernières règles). Elle peut être pratiquée en ville par un médecin ou une sage-femme. Ces derniers doivent avoir signé un contrat de collaboration avec une structure médicale en cas d’hospitalisation de la patiente. 72% des interventions volontaires de grossesse pratiquées sont médicamenteuses. 

L’IVG instrumentale est réalisable jusqu’à quatorze semaines de grossesse (soit seize semaines après le début des dernières règles). Elle peut-être pratiquée dans un hôpital ou une clinique. La loi du 2 mars 2022 prévoit d’ailleurs la création d’un répertoire qui recense ces établissements de santé (souvent les maternités publiques). 

L’IVG médicamenteuse consiste à prendre un premier médicament (anti-progestérone) pour arrêter la grossesse. Puis 36h à 48h après un autre médicament (prostaglandine) pour provoquer des contractions. Les médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme (possible en téléconsultation) et délivrés par une pharmacie. 

L’IVG instrumentale consiste à aspirer l’oeuf. Cette intervention d’une dizaine de minutes peut se faire sous anesthésie locale ou générale en fonction de la préférence de la patiente. 

La loi du 2 mars 2022 était la dernière avancée pour le droit à l’avortement

En France, deux mille femmes partent chaque année à l’étranger parce qu’elles n’ont pas respecté le délai légal. 

La loi du 2 mars supprime le délai de réflexion (sauf pour les mineures non émancipées) et augmente de deux semaines le délai de recours à l’IVG. En outre, elle permet d’effectuer la première consultation en téléconsultation ce qui offre un gain de temps pour obtenir l’ordonnance de l’échographie à pratiquer.

L’inscription de l’IVG dans la constitution est une « avancée historique » 

Ce lundi 4 mars 2024, les parlementaires ont votés pour l’entrée définitive dans la constitution de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). La France entre ainsi dans l’histoire en étant le tout premier pays au monde à inscrire l’IVG dans sa Constitution. 

La modification concerne l’article 34 du texte fondamental. La phrase suivante a été ajoutée : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ».

L’interruption volontaire de grossesse est déjà garantie dans la loi française depuis la loi Simone Veil votée en 1975. L’inscription de l’IVG dans la Constitution permet de protéger cette loi, la rendant quasi « intouchable ».

À SAVOIR 

En septembre 2023, la DREES a publié les derniers chiffres concernant l’IVG. Selon les données, plus de 200 000 interruptions volontaires de grossesse ont été enregistrées en France en 2022. Ce chiffre est le plus élevé sur ces 30 dernières années.

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