Le syndrome du TFL est aussi appelé syndrome de l'essuie-glace.
Le syndrome du TFL est une blessure très courante chez les runners. ©Shutterstock

Fléau des runners, le syndrome du TFL ou syndrome de l’essuie-glace est la deuxième blessure la plus courante en course à pied. Cette mécanique de frottement à l’effort entraîne une douleur vive sur le côté externe du genou. Une catastrophe pour de nombreux coureurs responsable de nombreux abandons et d’arrêts pouvant aller de quelques semaines à des périodes bien plus longues. Quels sont ses causes et les traitements adaptés pour y remédier ? Le point avec le Dr Gilles Griffon-Renaud, médecin du sport à Lyon Gerland.

La course à pied est avec la marche un des sports préférés des Français. Facile à pratiquer et nécessitant peu de matériel (une bonne paire de baskets), il suscite de l’engouement. Comme toute activité physique, le risque de blessure existe. Selon la Clinique du Coureur, plus de la moitié des coureurs souffrirait d’une blessure chaque année. La plus connue d’entre elles étant l’atteinte du TFL surnommé « la maladie du coureur ». 

Qu’est-ce que le syndrome du TFL ?

Le syndrome du TFL est une tendinopathie du tenseur du fascia lata, appelée également syndrome de la bandelette ilio-tibiale ou syndrome de l’essuie-glace. Le TFL est un muscle s’insérant sur la hanche prolongé par un long tendon (la bandelette ilio-tibiale) venant s’insérer sur le bord externe du genou. La répétition de flexion-extension du genou engendrée par la course entraîne un déplacement d’avant en arrière de ce tendon. Ce mouvement répété, rappelant celui d’un essuie-glace, entraîne une inflammation mécanique du tendon et une douleur localisée sur le côté externe du genou.

Syndrome du TFL : consultez sans tarder !

Quels sont les signes ?

La douleur apparaît progressivement à l’effort et s’efface au repos. Elle peut se faire sentir sous la forme d’un arc douloureux, d’une sensation de brûlure, d’un coup de poignard et même d’un blocage du genou. Le syndrome de l’essuie-glace peut faire apparaître une bursite, une inflammation des bourses séreuses. Ces dernières agissent normalement comme des petits coussinets qui facilitent le glissement du tendon sur l’os. Dès que la douleur apparaît, il est conseillé d’arrêter l’entraînement et de consulter un médecin du sport. 

Quels sports favorisent l’apparition du syndrome du TFL ?

Les sports qui nécessitent un effort répétitif à l’image du triathlon, du trail et de la course à pied. Le syndrome de l’essuie-glace est d’ailleurs surnommé « la maladie du coureur ».

Quelles sont les causes ?

Elles sont nombreuses : un sur ou sous-entrainement avant une course qui va générer une fatigue ou un stress musculaire, un entrainement en montée ou en descente, un changement de terrain rapide (courir sur l’asphalte alors qu’on est habitué à courir sur l’herbe), l’utilisation de baskets inadaptées (neuves ou usées), des déséquilibres posturaux. Globalement, un syndrome de l’essuie-glace survient suite à un changement brutal d’habitude.

Comment savoir s’il s’agit d’un syndrome du TFL?

Il est essentiel de confirmer qu’il s’agit bien d’un syndrome du TFL. En effet, de nombreuses pathologies ont des symptômes similaires. Pour ce faire, un professionnel peut pratiquer le Test de Noble. Cet exercice consiste à faire pression sur la zone externe du genou tout en le mobilisant. Si la douleur survient, il y a 80% de chance pour qu’il s’agisse d’un syndrome de l’essuie-glace. Le diagnostic pourra être confirmé par une échographie en première intention ou un IRM en cas de doute. 

Reprise du sport : allez-y progressivement !

Comment guérir d’un syndrome du TFL ?

La priorité est de diminuer la douleur. Le repos, la physiothérapie, la mésothérapie, les anti-inflammatoires sont des solutions à court terme. L’interrogatoire, un bilan postural, un bilan podologique (semelles orthopédiques) et/ou une analyse de course permettront d’identifier les causes de la survenue du syndrome du TFL. Une prise en charge est nécessaire. En effet, l’arrêt du sport entraîne la disparition de la douleur qui réapparaîtra dès la reprise de l’activité sans traitements adaptés. 

Une reprise en douceur ?

Après avoir respecté les délais de cicatrisation conseillés par le médecin du sport ou le kinésithérapeute, il est important de reprendre la course à pied progressivement. Commencer sur un terrain plat en fractionné (alternance de marche et de course). Pour prévenir la réapparition du syndrome du TFL, un renforcement musculaire adapté ainsi que des étirements peuvent être conseillés.

À SAVOIR

13 millions de runners ont été recensés en France en 2020, soit une augmentation de 12,5% par rapport à l’année précédente. La moitié de ces nouveaux coureurs a commencé la pratique pendant le confinement (source l’Observatoire du running). 

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