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Il existe une multitude de formes de l'épilepsie différentes. ©EnginAkyurt_Pexels

Chaque jour, plus de 100 personnes font leur première crise d’épilepsie en France. Le Dr Cécile Sabourdy, neurologue épileptologue et praticien hospitalier au CHU de Grenoble, fait le point sur cette maladie encore méconnue.

En France, environ 650 000 personnes souffrent d’épilepsie. Pourtant, entre difficultés de diagnostic, méconnaissance et préjugés, l’épilepsie reste encore trop souvent dans l’ombre. Le point sur cette maladie mal connue avec Dr Cécile Sabourdy, neurologue épileptologue et praticien hospitalier au CHU de Grenoble.

Comment définir la maladie de l’épilepsie ?

L’épilepsie est définie par l’existence d’une prédisposition durable du cerveau à générer des crises d’épilepsie et des conséquences neurobiologiques, cognitives psychologiques et sociales de ces crises.

Les causes de cette prédisposition durable à générer une excitation des neurones excessive et transitoire sont très nombreuses. Ainsi, le terme d’épilepsie recouvre des réalités cliniques très différentes. De manière très schématique, il existe des formes considérées comme peu sévères qui sont assez bien traitées par des médicaments et des formes plus graves plus difficiles à contrôler. Ces cas plus graves peuvent avoir des conséquences bien plus sévères sur la vie quotidienne de la personne.

En effet, la qualité de vie de la personne qui présente une épilepsie, son intégration sociale, professionnelle, et affective dépendent beaucoup du contrôle des crises (persistance ou non des crises). Mais surtout, de l’existence des troubles psychologiques (anxiété, dépression) et cognitifs (difficultés de mémoire, d’attention, de concentration, ….) associés aux crises.

Quels sont les symptômes d’une crise d’épilepsie ?

Une crise d’épilepsie correspond à une hyperexcitation transitoire d’un ensemble de cellules neuronales. Les manifestations cliniques qui la traduisent, dépendent étroitement de l’étendue et de la localisation de cette excitation dans le cerveau.

C’est la raison pour laquelle les crises d’épilepsie sont très variables d’une personne à une autre, pouvant aller de manifestations très subtiles, pratiquement non détectables de l’extérieur (sensation interne étrange, sensation vertigineuse, perception de mauvais goût , mauvaise odeur, perception visuelle ou auditives altérées…) à des manifestations très impressionnantes comme les convulsions généralisées avec perte de connaissance.

La crise d’épilepsie est en général assez courte (moins de deux à trois minutes) et relativement stéréotypée chez une même personne. Un patient présentera le plus souvent la même succession de symptômes plus ou moins marqués au cours de ses crises. Ces signes sont toutefois différents chez un autre patient. En fonction des personnes épileptiques, les crises peuvent se manifester de façon pluri-hebdomadaires ou au contraire plus rarement, (une fois par an par exemple). Elles peuvent survenir tout au long de la vie ou au contraire se manifester uniquement dans l’enfance voire n’apparaitre qu’à l’âge adulte.

Quelles sont les causes de cette maladie ?

Il existe de nombreuses causes susceptibles d’entrainer une prédisposition durable à générer des crises.

  • Des causes liées à une lésion sous-jacente présente dès la naissance ou apparaissant au cours de la vie (malformation cérébrale, cicatrice en lien avec des séquelles de traumatisme crânien grave, d’infections, accident vasculaire cérébrale etc…).
  • Des causes génétiques ont également été identifiées ou sont suspectées pour certains patients malades. Cela ne veut toutefois pas dire qu’une personne dont les parents sont épileptiques le sera forcément.
  • Enfin, l’épilepsie peut être causée par d’autres pathologies plus générales qui peuvent affecter l’ensemble du corps et donc le cerveau comme certaines maladies dites métaboliques (impliquant un des nombreux systèmes du corps produisant de l’énergie à partir des glucides ou des lipides).

Comment traite t-on l’épilepsie ?

La prise en charge d’un patient atteint d’épilepsie comprend plusieurs volets.

D’une part, un traitement des crises se fait généralement, pour 60 à 70% des cas, sous forme de médicaments anti épileptiques. Dans certains cas d’épilepsie (à point de départ focal, en cas de non réponse au traitement médicamenteux), on pourra également discuter d’une prise en charge chirurgicale ou alors via certains systèmes de stimulation cérébral.

Ensuite, le contrôle des facteurs favorisant la survenue de crise est également un élément déterminant pour la prise en charge d’une épilepsie. En effet, de nombreux facteurs sont susceptibles de précipiter la survenue d’une crise : fatigue, manque de sommeil, stress… Ainsi adopter une hygiène de vie saine est décisive pour renforcer l’efficacité du traitement médicamenteux. Cela passe par une activité physique régulière, un sommeil régulier et de qualité ainsi qu’une meilleure gestion du stress via des techniques de respiration et de relaxation par exemple.

Enfin il est important d’accompagner au mieux le patient atteint d’épilepsie, qu’il soit enfant ou adulte. Cela passe par le parcours scolaire et professionnel avec l’aide éventuelle de dispositifs spécifiques mais également la propostion d’un accompagnement en éducation thérapeutique afin d’appréhender au mieux sa vie quotidienne avec une pathologie chronique. Le soutien de certaines associations peut également être bénéfique.

La moitié des malades ont moins de 20 ans. Pourquoi les jeunes sont-ils les plus touchés par l’épilepsie ?

Les syndromes épileptiques de l’enfant sont nombreux. En effet il existe plusieurs épilepsies génétiques débutant dans l’enfance. Certaines épilepsies sont en lien avec des maladies métaboliques. D’autres en revanche, parmi les plus fréquentes, sont liées à la maturation du cerveau et disparaissent à l’âge adulte.

Quand faut-il consulter ?

Faire une crise unique ne signifie pas qu’une personne est atteinte d’épilepsie. Il est toutefois recommandé de consulter un médecin dès un premier épisode de convulsions. Et cela, en particulier lorsque celui-ci est accompagné d’une perte de connaissance. Il est également conseillé de consulter lorsqu’on présente de manière répétée une succession de symptômes inhabituels stéréotypés.

 

À SAVOIR

Comment réagir face à une personne qui fait une crise d’épilepsie ?

« Pour éviter les risques que la personne se fasse mal, il faut la mettre en position latérale de sécurité (PLS) avant d’appeler les secours. Il est important de lui parler pour la rassurer. Lui expliquer ce qu’il se passe », explique le Dr Cécile SABOURDY, neurologue épileptologue et praticien hospitalier au CHU de Grenoble.

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