Le Lyonnais Aziz Aberkane témoigne de son insuffisance rénale chronique, le 7 mars 2023 sur BFM TV Lyon.
Pour Aziz Aberkane, le plus dur à vivre sur le plan moral fut l'échec de sa deuxième greffe et le retour à la case dialyse. ©Capture écran BFM TV Lyon

L’insuffisance rénale chronique toucherait entre 2 et 3 millions de Français. Elle peut résulter du diabète, de l’hypertension ou d’autres maladies, causer de la fatigue et augmenter le risque de maladies d’accidents cardiovasculaires. Différents traitements permettent d’en limiter la progression, voire, dans les cas les plus grave, de sauver la vie des patients. C’est notamment le cas du Lyonnais Aziz Aberkane, qui a livré son témoignage sur les incidences physiques et morales de sa maladie, à l’occasion de l’émission Votre Santé du mardi 7 mars 2023.

L’insuffisance rénale chronique est liée à une incapacité des reins à assurer leur fonction principale, à savoir filtrer le sang. Cette altération n’est généralement pas brutale. Plutôt lente et progressive, elle résulte le plus souvent de maladies graves : hypertension artérielle, diabète, voire cancer. mais elle peut aussi être la conséquence d’infections ou d’intoxications.

Irréversible, l’insuffisance rénale a de lourdes répercussions sur l’organisme. Les reins n’étant plus capable d’envoyer dans l’urine les déchets et substances en excès, ceux-ci s’accumulent dans le corps. Des traitements adaptés permettent de pallier aux conséquences de l’insuffisance rénale. En tout cas de freiner sa progression et de limiter les complications, en cas d’insuffisance rénale modérée.

Parmi les 2 à 2,5 millions de Français concernés, on estime à 70 000 le nombre de patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Ces malades, dont les reins sont détruits à 85%, sont principalement traités par dialyse, une technique permettant de pallier artificiellement à la mission des reins. Dans de nombreux cas, une greffe de rein est nécessaire. Invité de l’émission Votre Santé, le 7 mars 2023 sur BFM TV Lyon, Aziz Aberkane fait partie des 3000 Français greffés chaque année. Il témoigne de son parcours dans la maladie.

Du jour au lendemain on vous dit que vous allez être attaché à une machine

De quelle maladie souffrez vous ?

C’est une angine mal soignée dont les microbes sont descendus dans les reins. Mes reins ont été détériorés, ce qui a généré une insuffisance rénale.

La seule solution qui s’est imposée fut la greffe du rein ?

On parle de traitement de suppléance dès qu’il y a un problème au rein. La voie royale c’est la greffe, mais il existe aussi la méthode de la dialyse d’épuration extra corporelle.

Dans quelles conditions psychologique et physique êtiez-vous lors de votre première greffe ?

Du jour au lendemain on vous dit que vous allez être attaché à une machine. Au début c’est une maladie silencieuse où l’on n’a pas l’impression d’être malade. Et puis, progressivement, on commence à être fatigué, à perdre du poids, à ne plus avoir faim. L’accumulation de symptômes débouchent sur une prise de sang, qui permet de constater que les reins ne fonctionnent plus. Il faut alors un traitement de suppléance, avec la greffe comme solution.

Insuffisance rénale : “la greffe a changé ma vie”

Quels souvenirs avez-vous de la première greffe ?

La greffe a changé ma vie. Lorsque l’on est dialysé, on est attaché à une machine. Là, il n’y a plus de contraintes. Avec la greffe j’ai retrouvé une vie quasi normale, mis à part des médicaments à prendre.

Y a-t-il des symptômes qui doivent alerter ?

Les déchets s’accumulant dans le sang engendrent de la fatigue, l’envie de ne rien faire, l’asthénie.

Vous avez eu une deuxième greffe ?

J’ai eu une deuxième greffe 23 ans après la première. Psychologiquement, c’est très dur parce qu’on se retrouve vite détaché de la vie normale. Les questions autour de l’emploi, de la vie de famille, sont au centre de la réflexion. Je suis repassé par la dialyse, puis j’ai été greffé une deuxième fois. Mais cela n’a pas marché et j’attends actuellement avec impatience une nouvelle greffe.

Combien de temps peut durer une greffe ?

Une greffe peut durer 6 mois comme 40 ans.

La dialyse à domicile, une bonne alternative à l’hôpital

Vous êtes donc dans l’attente d’une 3ème greffe ?

J’ai tellement d’anticorps que ce n’est pas simple. Pour moi c’est le traitement de suppléance, d’où l’importance du don justement.

Quand êtes-vous averti de l’arrivée d’une greffe ?

On vous appelle pour vous prévenir d’une potentielle greffe. Vous vous rendez ensuite à l’hôpital pour prélever le sang du donneur et du receveur afin de vérifier la compatibilité.

Y-a-il des personnes prioritaires ?

Les enfants sont prioritaires, tout comme les personnes ayant des problèmes cardiaques. Les personnes ayant des problèmes au rein ont la chance de pouvoir vivre malgré tout grâce à un traitement de suppléance : les dialyses. 

Vous êtes actuellement sous dialyse, quel est votre quotidien ?

J’ai choisi la dialyse quotidienne à domicile, ce qui me permet d’être autonome et flexible. La dialyse doit s’adapter à ma vie et non l’inverse. Lorsque vous êtes à l’hôpital il y a des horaires fixes à respecter, des contraintes, ce qui rend ainsi le travail compliqué.

Est-ce qu’il y a une forme de traçabilité par rapport au profil du donneur ?

Je n’ai aucune information sur le donneur. Tout est géré par l’agence de biomédecine qui a les fichiers. C’est un don anonyme, on ne sait pas à qui on donne et c’est bien mieux comme ça.

Retrouvez le replay de l’émission Votre Santé du 7 mars 2023 sur Ma santé TV.

À SAVOIR

Le traitement par dialyse fait partie, à Lyon, des services proposés par la Maison Saint Martin, un établissement de santé atypique ouvert par l’hôpital Saint-Joseph-Saint-Luc au coeur de la Presqu’ile. Cet espace est une alternative à l’environnement anxiogène de l’hôpital, ainsi important au sein du parcours de soin et processus de guérison.

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