Une équipe de chercheurs lyonnais engagés dans un projet de recherche sur l'hépatite B.
Améliorer le faible taux de guérison des infections à l'hépatite B est l'un des défis majeurs des équipes du CIRI engagées sur ce projet. Photo Pascal Auclair

Signature au siège du Centre International de Recherche en infectiologie (CIRI), à Lyon-Gerland, d’un ambitieux programme de recherche pour vaincre l’hépatite B (HBV). Baptisé « Hit Hidden HBV », ce projet mené par le CNRS et l’Inserm, soutenu par MSDAVENIR, vise à développer de nouveaux traitements antiviraux.

Plus de 300 millions de personnes sont chroniquement infectées par le virus de l’hépatite B (HBV). Un million d’entre elles meurent chaque année des suites de l’infection, pour la plupart emportées par un cancer du foie. Des chiffres qui font froid dans le dos et justifient le programme de recherche ambitieux signé cette semaine au CIRI (Centre International de Recherche en infectiologie), au cœur du Biopôle de Lyon-Gerland.

Baptisé « Hit Hidden HBV », ce programme de recherche porteur d’innovation de rupture vise, à terme, à vaincre la maladie. Un objectif ambitieux soutenu par MSDAVENIR. Le principal fonds de dotation en Europe dédié à la santé et aux sciences du vivant a débloqué une enveloppe de 2,7 millions d’euros sur 3 ans pour soutenir cette initiative. Projet porté par le CNRS, l’Inserm et les Universités de Lyon, Montpellier et Toulouse.

« C’est le sixième projet soutenu par MSDAVENIR sur la Métropole de Lyon, essentiellement en recherche fondamental. Pour un montant global de 7,5 millions d’euros, avec la volonté d’encourager les collaborations public-privé », confie Clarisse Lhoste, présidente du conseil de surveillance MSDAVENIR.

“Peu connue, l’hépatite B est un problème de santé publique majeure”

Au total, 18 mois auront été nécessaires pour faire mûrir et faire aboutir ce projet. Au final, la détermination et l’opiniâtreté du Dr David Durantet auront été récompensés. « L’hépatite B est peu connue. Or, c’est un problème de santé publique majeure. 300 millions de personnes sont infectées chaque année dans le monde – dont 200 000 en France. Alors que le VIH (sida) infecte moins de 40 millions de personnes par an », rappelle le directeur de recherche de l’Inserm au CIRI.

Sachant que 50% des cancers du foie sont la conséquence d’une infection à HBV, la priorité du programme de recherche fondamentale vise à développer de nouveaux traitements antiviraux à échéance de dix ou quinze ans.

« Cela fait 50 ans que la recherche fondamentale existe sur le virus de l’hépatite B. Comment amener de la nouveauté dans ce domaine ? Comment faire avancer les connaissances pour parvenir à la guérison ? Nous pensons que la génération de données nouvelles par des approches innovantes et l’utilisation de technologies drivées par l’intelligence artificielle peuvent nous aider à identifier des cibles au sein du cycle de vie du virus », insiste le Dr David Durantet.

L’un des défis de « Hit Hidden HBV » sera de mieux comprendre la biologie du virus. Mais aussi la résistance du génome et sa faculté de réplication. Un « virus malin » difficile à cibler sur le plan thérapeutique.  « A ce jour, seulement 5 à 10% des patients traités guérissent. Notre ambition est d’atteindre les 50% dans cinq à dix ans », conclut le docteur Durantet.

A SAVOIR

Le CIRI (Centre International de Recherche en Infectiologie) rassemble les communautés de recherche scientifique et médicale en infectiologie de Lyon/St-Etienne avec pour tutelles principales l’Université Lyon 1, l’Inserm, le CNRS et l’ENS de Lyon. Près de 400 chercheurs spécialisés en immunologie, bactériologie, virologie s’y côtoient. Des épidémiologistes et des cliniciens travaillent aussi pour la compréhension de la biologie des microbes et du système immunitaire.

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