Une jeune femme prenant un traitement pour atténuer son rhume des foins.
Les formes légères de la rhinite saisonnière peuvent être combattues avec des moyens simples, destinés à atténuer les symptômes. Photo Freepik

Nez qui coule, yeux qui grattent, éternuements… Le nombre d’allergiques aux pollens ne cesse d’augmenter, jusqu’à toucher un Français sur deux à l’horizon 2050. En cause, ces petites molécules relâchées chaque printemps par les arbres, graminées et herbacées en pleine floraison. Pneumologue à Lyon, le Dr Daniel Piperno revient sur les mécanismes de la rhinite saisonnière, plus connue sous le nom de rhume des foins, sur ses effets sur la santé et les moyens de les limiter.

Le rhume des foins, ou rhinite allergique saisonnière, n’a pas fini… de faire du foin. Alors que moins de 4% de la population souffrait de cette allergie printanière dans les années 60, on estime désormais à un tiers le nombre de Français touchés chaque année. Une tendance inquiétante, qui en fait un nouvel enjeu de santé publique tant ses impacts sur le bien-être, mais aussi sur la santé elle-même, sont importants.

Cette problématique était au cœur de la webconférence « Allergies, le printemps est de retour », organisée le jeudi 23 mars par la Fédération du Crédit Mutuel Centre-Est et la MTRL. Le point avec son animateur, le Dr Daniel Piperno, pneumologue au Centre Médical Parot, à Lyon.

Qu’est-ce que le rhume des foins ?

Il s’agit du nom commun de la rhino-conjonctivite, une allergie saisonnière affectant le nez et les yeux. On parle des foins, mais elle est en réalité liée aux pollens issus des arbres, des mauvaises herbes et des graminées. Ces allergies saisonnières, car symptomatiques du printemps, sont opposées aux allergies respiratoires chroniques liées aux animaux ou aux acariens, qui, elles, sévissent toute l’année.

Quel est le calendrier de ces allergies aux pollens ?

De janvier à avril, ce sont les pollens d’arbres qui sont libérés dans l’air. Cela commence par les noisetiers pour s’achever avec les bouleaux et les platanes. Les pollens de graminées, principalement issus des mauvaises herbes, prennent le relais en mai et juin. L’ambroisie, qui sévit ensuite entre juin et jusqu’en septembre dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes, est ensuite responsable d’une allergie plutôt intense.

Pollution et réchauffement climatique : les tristes alliés du rhume des foins

Pourquoi le nombre d’allergiques aux pollens augmente-t-il ?

Dr Daniel Piperno, pneumoliogue à Lyon, spécialiste des allergies printanières et notamment du rhume des foins.
Dr Daniel Piperno.

L’OMS nous dit que 50% de la population sera allergique d’ici 2050, et ce n’est pas de la science-fiction ! Cette évolution s’explique à travers deux phénomènes principaux. L’augmentation de la pollution, d’abord. Les produits chimiques dégagés dans l’air accroissent le pouvoir allergisant des pollens, qui pénètrent plus aisément dans les voies aériennes. Les pollens, en outre, se fixent facilement sur les particules fines, ce qui augmente leurs effets au moment des pics de pollution. Le réchauffement climatique, ensuite, a aussi sa part de responsabilités. On sait aujourd’hui qu’il favorise l’allongement des saisons et renforce l’agressivité des pollens.

Quels sont les principaux symptômes du rhume des foins ?

Le nez qui coule, le nez bouché, les éternuements, le nez qui gratte, les yeux rouges et irrités… Et parfois de l’asthme. Les formes sont plus ou moins sévères. Certaines rhinites sont intermittentes, d’autres persistantes, allant jusqu’à perturber le sommeil, empêcher de dormir et avoir des répercussions sur le travail, l’état de forme en général. Une chose est certaine : on peut devenir allergique aux pollens à tout âge de la vie.

Quel est le mécanisme de l’allergie aux pollens ?

Pour résumer simplement, l’allergie est une défense exagérée contre un allergène qui n’en mérite pas autant. Les cellules immunitaires, pour activer cette défense, libèrent des produits chimiques qui provoquent un gonflement des muqueuses, des irritations, le nez qui coule… Les pollens sont des allergènes minuscules, ils se faufilent facilement dans l’organisme. Très légers, ils sont transportés partout par le vent ou les insectes. Il est donc particulièrement difficile d’y échapper, notamment quand il fait beau et qu’il y a du vent. Il n’y a que lorsqu’il pleut qu’ils sont rabattus vers le sol. Le rôle du climat est essentiel : un printemps pluvieux fera donc plutôt le bonheur des allergiques !

“Plus la prise en charge de l’allergie est précoce, mieux elle pourra être stabilisée”

Quelles sont les étapes du diagnostic de l’allergie ?

On débute par un interrogatoire, qui permet de cerner, à travers les symptômes et la période concerné, quel pollen est à l’origine de l’allergie. Des tests cutanés permettent ensuite de mesurer la réaction et la sensibilité du système immunitaire face à l’allergène. Lorsqu’ils sont insuffisants, on peut recourir à une prise de sang.

En quoi la rhinite peut-elle être associée à l’asthme ?

On peut être asthmatique sans être allergique, et être allergique sans être asthmatique. Mais on s’est aperçu qu’une personne allergique avait trois à quatre fois plus de chances de développer de l’asthme. Et que lorsque nous prenons en charge un enfant pour une rhinite allergique, on détecte très souvent un asthme sous-jacent. La rhinite allergique est un terrain très favorable au développement de l’asthme, et vice versa.

Quelles sont les solutions pour venir à bout du rhume des foins ?

Il faut d’abord admettre que lorsque l’on a un terrain favorable à l’allergie, on le garde. Si l’on a constaté que les effets diminuent avec l’âge, on ne peut pas ne plus être allergique. Mais on peut en revanche jouer sur le seuil de réaction, et atténuer ainsi les symptômes et l’intensité de l’allergie.

Pour les formes légères, on prescrit des traitements locaux, comme des gouttes dans le nez, ou des médicaments antihistaminiques. Les cas les plus sévères, particulièrement handicapés dans leur quotidien, peuvent recourir à la désensibilisation. C’est un long parcours, qui peut mettre jusqu’à quatre ans pour porter ses fruits. Mais ce serait dommage de ne rien faire, tant l’allergie peut détériorer la qualité de vie. Et plus la prise en charge de l’allergie est précoce, plus elle pourra être stabilisée efficacement.

À SAVOIR

RDV le 23 mars à 18h30, pour la webconférence « Allergies, le printemps est de retour !» Webconférence gratuite organisée par la Fédération du Crédit Mutuel du Sud-Est et la MTRL, avec le Dr Daniel Piperno, médecin pneumologue au Centre Médical Parot (consultations en pneumologie, allergologie et oncologie) à Lyon. En direct le jeudi 23 mars 2023 à partir de 18h30, puis en replay. Infos et inscriptions ici.

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