Un couple s'étreint le jour de la Saint-Valentin.
C'est bien connu, la thérapie par le câlin a fait ses preuves ! ©Freepik

La Saint-Valentin, le grand grand rendez-vous des amoureux célébré le 14 février, n’est pas qu’une simple fête commerciale. Le moment permet de se poser la question des bienfaits de l’amour sur notre santé. Être amoureux procure en effet un sentiment de plénitude qui ne peut être que positif pour le moral ! La psychologue lyonnaise Karine Gavazzi revient sur ce phénomène, à l’occasion de la dernière émission Votre Santé.

Célébrée par 64% des Français, la Saint-Valentin se traduit par un échange de messages tendres, cadeaux et repas en amoureux. Bref, une bonne occasion de se faire du bien au moral. L’amour redonne confiance en soi, est source d’énergie et favorise l’optimisme. Psychologue dans le 6ème arrondissement de Lyon, Karine Gavazzi, invitée de l’émission Votre Santé, sur BFM TV Lyon, le mardi 14 février 2023, revient sur les bienfaits de l’amour, et aussi sur ses fragilités. Entretien.

Il n’y pas dans la vie d’autres moments aussi magiques qu’un coup de foudre

Est-il conseillé de succomber au coup de foudre ?

Oui, si les conditions sont prêtes, si le coup de foudre est réciproque, si la personne est libre et si elle n’est pas dangereuse pour nous. Le coup de foudre est un choc agréable.

À la vue d’un autre être, un moment intense, de plaisir, un élan d’amour se déclenche. Il y a un désir très fort où l’on va se retrouver dans un sentiment de bien-être, une osmose. Il n’y pas dans la vie d’autres moments aussi magiques qu’un coup de foudre.

Le dicton dit que l’amour rend aveugle, c’est exact ?

Ce n’est pas complètement faux. En effet, on a tendance au départ à idéaliser le partenaire. L’idéaliser c’est transmettre une partie de nous à l’autre, ce qui va nous rendre aveugle. Les hormones contribuent à tout cela. Sous l’effet de la sérotonine, il est possible de perdre une part de notre conscience. La dopamine est quant à elle synonyme de plaisir. Quant à l’adrénaline, elle atteint le langage ce qui peut entraîner le bafouillement et l’augmentation du rythme cardiaque.

Saint-Valentin : à la recherche des bonnes hormones

Après le coup de foudre est-il normal que l’amour évolue avec le temps ?

Après la phase d’idéalisation où l’amour est fusionnel et passionnel, la phase plus réaliste survient. La première phase d’idéalisation est nécessaire et obligatoire. Il faut savoir dépasser cette phase pour arriver à la réalité, celle où l’on découvre la réelle personnalité du partenaire. Si l’amour est présent, la personne va faire le deuil de la personne qu’elle imaginait. La relation va ainsi se consolider avec de la complicité, de l’engagement et de l’amour.

L’hormone de l’ocytocine qu’une maman sécrète lors de l’accouchement, c’est l’hormone de l’attachement, de l’aspect social, de l’empathie, de la générosité. C’est l’hormone des câlins. C’est grâce à cette hormone qu’il est possible de partir sur une relation plus saine. Certaines personnes ne peuvent pas passer cette étape, notamment celles qui ont des angoisses d’abandon du passé. Elles vont connaître des difficultés et se sentir abandonnées dès que leur partenaire va prendre leur individualité et liberté.

Est-il vrai que l’amour dure souvent trois ans ?

Il y a un aspect biologique et hormonale qui fait qu’effectivement l’amour dure trois ans. La dopamine, l’hormone du plaisir, va redescendre au bout de trois ans. La sérotonine va reprendre son rôle de régulation de l’émotion.

La Saint-Valentin permet-elle de casser la routine ?

Plus d’excuses pour les conjoints, c’est écrit sur le calendrier. S’il est possible de faire ça en dehors de la Saint-Valentin, c’est encore mieux. En raison de la routine, de la logistique et du travail, il est difficile de s’octroyer des moments de couple, pourtant nécessaires à l’alimentation de la complicité. Il faut se détacher de ses contraintes pour aller vers le plaisir.

L’amour a aussi ses faiblesses

La thérapie de couple gagne de plus en plus en notoriété. Est-ce que c’est favorable ?

Si les couples savent s’écouter et ne sont pas dans des relations pathologiques toxiques en souffrance, je pense qu’ils n’en éprouvent pas besoin. Ceux qui choisissent de suivre une thérapie sont ceux qui sont en souffrance et qui ne trouvent aucune solution. Lors d’une thérapie il y a un échange. C’est essayer de voir l’interaction du couple, définir leur problématique. On ne va pas toujours trouver de solution d’emblée. On va pouvoir aider le couple par des pistes de réflexion, des prises de conscience, et remonter des traumatismes anciens de l’enfance qui sont un facteur majeur au sein du couple. De cela, peu de personnes en sont conscientes. Chacun travaille individuellement sur sa problématique. Travailler sur soi va se refléter positivement sur le couple.

Est-ce que la thérapie de couple marche ?

Oui mais ça ne peut marcher que si les personnes sont impliquées et motivées, s’il y a une belle alliance thérapeutique. Il ne faut pas que les personnes pensent que la solution vient de l’extérieur mais bien à l’intérieur d’eux.

Retrouvez le replay de l’émission du 14 février sur Ma Santé TV.

À SAVOIR

De multiples études confirment le lien entre amour, santé mentale et physique des individus. Bon pour la santé cardiovasculaire, faire l’amour permet aussi de prévenir l’apparition de certains cancers. Les bonnes résolutions liées à l’alimentation, à l’exercice physique ou au tabagisme auraient plus de chances d’aboutir si elles sont prises à deux.

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