Le site de Sanofi à Neuville sur Saône.
Une nouvelle unité de production de vaccins verra le jour fin 2025 sur le site Sanofi de Neuville-sur-Saône. ©DR

En annonçant l’investissement d’un milliard d’euros dans l’ARN Messager, le groupe Sanofi a montré toute sa détermination à devenir l’un des leaders mondiaux en matière de lutte contre les maladies infectieuses. Une ambition qui rejoint celle du gouvernement, comme l’a souligné le premier ministre Jean Castex à l’occasion de sa visite sur le site pharmaceutique de Neuville sur Saône, où il a brossé les contours du plan innovation santé 2030 sensé ramener la France au premier rang des puissances scientifiques internationales.

Tout Sanofi attendait Jean Castex le 25 février dernier. Le déclenchement de la guerre en Ukraine en a décidé autrement, et la visite du premier ministre à Neuville-sur-Saône a été repoussée à ce lundi 7 mars. Jean Castex est arrivé aux alentours de 16 heures sur le site du géant pharmaceutique, accompagné de ses ministres Olivier Véran (Santé), Frédérique Vidal (Recherche et Innovation) et Agnès Pannier-Runacher (déléguée auprès du ministre de l’Industrie).

Cette visite, qui s’inscrit dans la lignée de celle d’Emmanuel Macron en juin 2021 à Marcy-l’Etoile, ne doit rien au hasard. Sanofi est l’un des principaux symboles de la volonté  tricolore de retrouver les devants de la scène sanitaire et scientifique mondiale. C’est ce que Jean Castex est venu rappeler en présentant le Plan France 2030. “La crise nous impose de rehausser notre degré d’ambition. C’est une transformation profonde de notre système de recherche et de notre industrie pharmaceutique que le gouvernement a engagée”.

La France veut rattraper son retard

750 millions d’euros sont ainsi réservés à la stratégie française en matière de lutte contre les maladies émergentes et infectieuses dans le cadre de ce Plan France 2030. Une lutte à laquelle contribue le groupe Sanofi qui, après ses tentatives avortées de mettre au point un vaccin contre la Covid-19, avance “des résultats prometteurs”. Les moyens déployés, là aussi, sont au diapason de ces ambitions. Le quatuor ministériel a en effet profité de sa visite pour poser la première pierre de sa future unité EVF (Evolutive Vaccine Facility). Cette installation innovante regroupera plusieurs modules de production, capable d’assurer la fabrication de quatre vaccins en simultané, contre un seul aujourd’hui.

“Face aux enjeux pandémiques et aux besoins de santé non couverts dans de nombreux domaines comme l’oncologie et les maladies rares, cet investissement majeur pour un pôle d’excellence mondial en France sera un atout scientifique et industriel de premier plan, indique Paul Hudson, le directeur général de Sanofi. Estimé à près de 500 millions d’euros, cet investissement structurel et technologique s’inscrit dans le plan global de 2 milliards d’euros annoncé par Sanofi l’été dernier “pour accélérer sa stratégie ARNm”. In fine, la moitié de cette somme, soit un milliard, sera investie à Lyon.

Sanofi, bras armé de la France en cas de nouvelle pandémie ?

Selon Thomas Triomphe, le vice-président exécutif de Sanofi-Pasteur, “l’EVF de Neuville-sur-Saône sera la première installation de ce type dans l’industrie pharmaceutique et un maillon essentiel pour la production des futurs vaccins et traitements à base d’ARNm. Elle permettra à Sanofi d’accroitre significativement ses capacités de production et de s’adapter rapidement à l’évolution de la demande mondiale de vaccins, notamment en cas de pandémie”. 

L’objectif du gouvernement, échaudé par deux ans de crise sanitaire et les échecs français en matière de vaccin, est de voir le pays retrouver un leadership et une indépendance. A commencer par celle d’être de capacité de maîtriser toute la chaîne de production de la technologie ARN-messager. “Les Français ont vu l’état de dépendance dans lequel nous nous trouvions. Nous avons pris des dispositions pour que cela ne se reproduise plus”, a martelé le premier ministre.

À SAVOIR

Le futur site de production EVF de Sanofi, à Neuville-sur-Saône, ouvrira ses portes au dernier trimestre 2025. Il permettra la fabrication de quatre vaccins en simultané. Le coût de l’opération, qui favorisera la création de 200 emplois, est estimé à 490 millions d’euros.

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