
La Clinique du Val d’Ouest, près de Lyon, innove avec la création d’un parcours inédit en France. Cet hôpital de jour “Prépa Sport Santé” s’adresse aux jeunes sportifs, enfants et adolescents, en leur proposant un accompagnement personnalisé. L’objectif, donner les clés d’une pratique plus vertueuse et, surtout, durable, dans un contexte marqué par l’augmentation des blessures et maladies liées à la pratique du sport en France. Les explications du Dr Roger Parot, chirurgien pédiatrique spécialisé en orthopédie, à l’initiative du projet.
Depuis son ouverture, en début d’année, le nouvel hôpital de jour de la Clinique du Val d’Ouest, près de Lyon, ne désemplit pas. Réservé aux enfants et adolescents, ce parcours sport santé repose sur une approche globale, mêlant prévention, éducation physique et suivi médical personnalisé. L’objectif : mieux encadrer la pratique sportive dès le plus jeune âge et limiter les risques pour la santé.
Son instigateur, le Dr Roger Parot, est chirurgien pédiatrique. Spécialisé en orthopédie, il constate depuis le début de sa carrière une forte hausse des blessures et maladies liées au sport, avec à la clé des séquelles jusqu’à l’âge adulte. Un phénomène qui justifie amplement, à ses yeux, la création de ce dispositif innovant, accessible sur rendez-vous mais déjà victime de son succès.
“À l’école, il n’y a plus d’éducation physique, mais des pratiques sportives”
En quoi l’hôpital du jour ouvert à la clinique du Val-d’Ouest est-il une réponse à la hausse des maladies du sport en France ?
Cette initiative est simple : elle consiste à faire un véritable cours d’éducation physique tel qu’il devrait être fait dans le système éducatif français. À l’école, il n’y a plus d’éducation physique en tant que telle, mais simplement des activités sportives. C’est pourtant l’éducation physique qui ouvre la porte aux activités sportives.
L’objectif de nos consultations est d’apporter une analyse mécanique du corps, mais aussi de la respiration, de la boisson et de l’alimentation, et de tout les aspects prioritaires de l’activité physique.
C’est la raison pour laquelle l’hôpital du jour propose une approche pluridisciplinaire ?
Oui. Elle débute par une analyse du corps par un médecin, orthopédiste ou médecin du sport, pour voir quels sont les points forts et les points faibles des enfants sur le plan mécanique, en fonction d’éventuelles pathologies déjà présentes.

À la lumière de ces informations, un coach sportif intervient pour expliquer des éléments tout simple, comme par exemple le fait qu’il ne faut jamais courir pour s’échauffer.
Comme pour faire du sport, il faut maîtriser sa respiration, on sollicite aussi une infirmière sophrologue, qui aborde les cycles respiratoires en fonction des différentes activités physiques sur la durée courte ou longue de l’activité. Enfin, une diététicienne intervient sur les notions alimentaires, le besoin de boire, d’avoir du sucre…
Cet hôpital de jour à la clinique du Val-d’Ouest est-il une expérience inédite ?
À ma connaissance, il s’agit d’une expérience unique. J’ai déjà été contacté par d’autres structures de soins qui ont entendu parler de cette expérience et qui ont envie de la reproduire, mais elle est unique en ce sens qu’elle a été très difficile à mettre en place. Cela fait plus de 15 ans que je suis sur le projet !
Un parcours complet concentré sur une matinée
Comment, compte-tenu de ces difficultés, a-t-il pu aboutir ?
Grâce à un engagement fort de la direction de la clinique du Val-d’Ouest, qui a trouvé une solution de financement à travers cette organisation particulière de l’hôpital de jour. La mutualisation des compétences favorise une prise en charge financière par l’Assurance maladie, partenaire du projet. Les familles, du coup, n’ont pas à avancer les frais relatifs à l’intervention des différents spécialistes.
Comment se déroule la prise en charge ?
Il n’y a pas de prescription particulière, il faut simplement en entendre parler. Les familles contactent le secrétariat d’hôpital de jour pour fixer un rendez-vous, fixé par commodité le mercredi matin, au moment où les enfants ont le plus de disponibilité.
Tout se passe à l’intérieur de la clinique du Val-d’Ouest, où les enfants sont reçus en consultation par un médecin du sport ou un chirurgien pédiatre. Ensuite, ils sont pris en charge successivement par un coach sportif, une diététicienne et une infirmière sophrologue qui va axer son travail sur la respiration. Cela prend à peu près la matinée et les enfants et leurs familles sortent en fin de matinée sans avoir à régler les différents intervenants.
Est-on selon vous en train d’amorcer une nouvelle manière de prendre en charge les pathologies sportives de l’enfant ?
Notre approche a le mérite d’associer la prise en charge thérapeutique à la prévention. On pourrait aussi avoir d’autres idées, à l’image de circuit fitness spécialement dédié à l’enfant, tel qu’il existe dans le monde de l’adulte.
Ce sont les gouttes d’eau qui font des océans. Mais je pense que le bouche à oreille a déjà commencé à faire son effet. Certaines personnes m’ont contacté du sud de la France. Et puis certains parents, en assistant à cette expérience hôpital de jour, regrettent de ne pas pouvoir bénéficier des mêmes conseils de coaching ou d’alimentation. Je n’avais pas prévu cet élargissement à l’adulte, puisque mon activité est exclusivement pédiatrique, mais cela suscite des discussions au sein de la clinique.
À SAVOIR
La Clinique du Val d’Ouest a ouvert en début d’année 2026 un hôpital de jour spécifiquement dédié à la prise en charge de jeunes sportifs, enfant et adolescents. Cette “prépa sport santé” est accessible librement, sur rendez-vous, le mercredi matin. La prise en charge, qui s’étale sur une matinée, se concrétise à travers une approche pluridisciplinaire, réunissant un médecin spécialiste, un coach sportif, une diététicienne et une sophrologue.







