
Oubliez la révolution du diagnostic médical par IA. Une étude confirme que ChatGPT est aussi peu fiable qu’une recherche Google traditionnelle face à la maladie. L’algorithme de l’IA multiplie les erreurs médicales mais les emballe dans un ton si docte qu’il nous piège par son apparente certitude. Explications.
Pendant des années, Google a régné en maître sur nos angoisses de santé avant de partager son cabinet virtuel avec ChatGPT. Pourtant, le diagnostic médical par intelligence artificielle n’est pas la panacée annoncée. La preuve ? Une étude publiée par la revue Nature Medicine démontre que l’IA affiche un taux d’erreur clinique équivalent à celui des moteurs de recherche. Incroyable…
En d’autres termes, malgré une courtoisie calquée sur celle d’un interne en médecine, la machine tâtonne et multiplie les défaillances. La précision technique de l’algorithme ne surpasse pas encore la recherche traditionnelle.
L’illusion du savoir : le syndrome de la “bonne manière”
Là où Google vous renvoie une liste de liens parfois contradictoires, ChatGPT, lui, construit un discours. Il synthétise, il structure, il rassure.
Selon les observations rapportées, l’IA adopte un ton professoral et bienveillant qui crée un sentiment de confiance immédiat. C’est ce qu’on appelle “l’illusion de fiabilité”. Le problème, c’est que l’intelligence artificielle peut “halluciner”. L’IA est capable d’inventer des faits ou de corréler des symptômes qui n’ont aucun lien médical réel, le tout avec un aplomb désarmant.
En d’autres termes, ChatGPT préfère vous donner une réponse fausse plutôt que de vous dire qu’il ne sait pas !
Retards de soins : le lourd tribut de la confiance en ChatGPT
Le taux d’erreur reste préoccupant pour un outil que certains utilisent comme un premier filtre de santé. Bien que les modèles de langage se soient améliorés depuis 2023, ils échouent encore régulièrement à identifier des signaux d’alerte critiques, comme les symptômes avant-coureurs d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’une crise cardiaque, en les confondant avec des pathologies beaucoup plus bénignes comme le stress ou une simple fatigue.
En France, la HAS a souvent rappelé que l’IA doit rester une aide à la décision pour les professionnels, et non un outil de diagnostic pour le grand public. Le risque majeur est celui du “retard de soin”. L’utilisateur, rassuré par une réponse cohérente mais erronée de l’IA, pourrait attendre plusieurs jours avant de consulter un vrai médecin, perdant ainsi une chance précieuse de traitement rapide. Inquiétant…
Le médecin reste irremplaçable, et de loin
Un médecin ne se contente pas de ce que vous lui dites ; il observe votre teint, il palpe une zone douloureuse, il écoute les silences entre vos mots.
L’IA, elle, ne connaît de vous que ce que vous tapez dans la barre de recherche. Elle n’a pas accès à votre dossier médical complet, à vos antécédents familiaux de vive voix, ni à ce flair que les praticiens développent avec les années d’expérience.
Comme le soulignent les experts en santé numérique, l’IA est une excellente “super-bibliothécaire”, capable de brasser des millions de données en une seconde, mais elle reste une piètre “clinicienne”.
IA et santé : comment utiliser ces outils sans danger ?
Faut-il pour autant bannir ChatGPT ou Google de nos vies ? Bien sûr que non. L’information est un droit, et la curiosité est naturelle. Mais il faut apprendre à utiliser ces outils pour ce qu’ils sont : des aides à la compréhension globale, et non des juges de paix.
Voici quelques réflexes à adopter pour ne pas tomber dans le panneau :
- Vérifiez la source : si vous utilisez un moteur de recherche, privilégiez les sites institutionnels français.
- Gardez l’esprit critique face à l’IA : si ChatGPT vous donne un diagnostic, demandez-vous systématiquement : “Et s’il se trompait ?”.
- La règle d’or : tout symptôme nouveau, persistant ou inquiétant doit faire l’objet d’une consultation. La téléconsultation peut être une alternative rapide si vous ne pouvez pas vous déplacer, mais elle vous mettra en relation avec un professionnel de santé diplômé, et non un algorithme.
Pour votre santé, préférez toujours le dialogue avec un humain qui, lui, saura vraiment vous regarder dans les yeux pour comprendre ce qui va… ou ne va pas.
À SAVOIR
Attention, les informations confiées à ChatGPT ne relèvent pas du secret médical. Contrairement aux plateformes de santé certifiées en France, les IA utilisent vos données personnelles pour s’entraîner. La CNIL rappelle d’ailleurs que livrer ses symptômes à un algorithme revient à partager son intimité avec une entreprise privée sans aucune garantie de confidentialité thérapeutique.







