Une femme qui porte son chien comme un enfant.
Près de 6 Français sur 10 déclarent posséder un chien ou un chat. © Magnific

Moins de stress, moins de solitude, plus de réconfort… Les animaux de compagnie occupent une place croissante dans les foyers français. Mais au-delà de l’affection qu’ils suscitent, leur présence influence-t-elle réellement notre bien-être psychologique ? Décryptage.

En France, difficile de passer à côté. Selon la Fédération des Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers (2024), près d’un foyer sur deux possède au moins un animal de compagnie. Chiens, chats, mais aussi poissons ou petits rongeurs : ils font partie du décor… et souvent bien plus que ça.

Car dans les faits, ils ont changé de statut. On ne parle plus seulement d’animaux, mais de compagnons. Certains diront même “un membre de la famille”. Un glissement qui s’est accentué ces dernières années, notamment après la pandémie de Covid-19, période marquée par l’isolement et le besoin de réconfort.

Un apaisement qui se ressent… et se mesure

Un chat qui ronronne sur les genoux, un chien qui vous oblige à sortir même quand vous n’en avez pas très envie… Ces petits moments du quotidien ont des effets bien concrets.

Selon l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, interagir avec un animal peut faire baisser le cortisol, l’hormone du stress, et stimuler la production d’ocytocine, impliquée dans les liens affectifs. Concrètement, cela se traduit par une sensation d’apaisement, parfois presque immédiate.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail confirme cette tendance : ses travaux montrent que la présence animale peut contribuer à réduire l’anxiété et améliorer l’équilibre émotionnel, en particulier chez les personnes les plus vulnérables.

Sans grandes démonstrations, nos animaux sont de réels “tampons émotionnels” dans des journées parfois un peu trop chargées.

Des compagnons qui brisent la solitude

Pour certaines personnes âgées ou isolées, un animal structure le quotidien. Il faut le nourrir, le sortir, s’en occuper. Une routine simple, mais essentielle. Parfois même, une raison de se lever le matin.

Selon Santé publique France, le sentiment de solitude est un facteur important de dégradation de la santé mentale. Or, un animal offre une présence constante, sans attente particulière, sans jugement.

Le chien, lui, va encore un peu plus loin. Il oblige à sortir, et donc, à croiser du monde. Une discussion au coin de la rue, un sourire au parc… Des interactions anodines, mais qui peuvent faire la différence.

Pourquoi on s’y attache autant ?

“Il me comprend”, “il sait quand ça ne va pas”… Ces phrases, beaucoup de propriétaires les prononcent sans hésiter. Et elles ne sont pas si anodines.

En psychologie, la théorie de l’attachement décrit la façon dont les humains créent des liens affectifs sécurisants. Selon des travaux en psychologie comparée, ces mécanismes peuvent aussi s’appliquer aux animaux.

Un chien qui accourt quand on rentre ou un chat qui vient se blottir sans prévenir sont des comportements qui activent des circuits émotionnels proches de ceux impliqués dans les relations humaines. L’animal devient alors une figure rassurante, un point d’ancrage.

Ce lien est souvent vécu comme simple et direct. Pas de sous-entendus, pas de conflit compliqué. Une présence fidèle, constante, qui répond sans juger. Et dans un quotidien parfois agité, cette simplicité a quelque chose de profondément apaisant.

Pour autant, tout n’est pas si simple. Avoir un animal, c’est aussi une responsabilité : du temps, des soins, un budget. Et parfois, une charge mentale supplémentaire si tout cela est mal anticipé.

L’attachement, lui aussi, peut être très fort. La perte d’un animal entraîne souvent un véritable deuil, encore peu reconnu socialement, mais bien réel sur le plan psychologique.

Enfin, il ne faut pas tout leur demander. Comme le rappelle l’OMS, les animaux ne remplacent pas un accompagnement médical ou psychologique. Ils peuvent soutenir, apaiser, accompagner… mais pas se substituer à un suivi.

Cet impact sur le bien-être a donné naissance à des pratiques encadrées, comme la médiation animale.

Le principe est d’intégrer un animal dans un cadre thérapeutique, avec des professionnels formés. Cette approche est utilisée auprès d’enfants, de personnes âgées ou de patients souffrant de troubles psychiques ou cognitifs.

Selon l’INSERM, certaines études montrent des effets positifs sur l’anxiété, la dépression ou les troubles du comportement. 

À SAVOIR

Une étude menée par la chercheuse japonaise Miho Nagasawa, publiée en 2015 dans la revue Science, montre que lorsque les chiens et leurs propriétaires se regardent dans les yeux, leur taux d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, augmente chez les deux. Un mécanisme bien connu… puisqu’il est aussi observé entre un parent et son enfant.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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