Un charcutier tranche une pièce de charcuterie contaminée par la bactérie Listeria.
La listeria monocytogenes peut contaminer les produits après la cuisson, notamment lors des étapes de tranchage, manipulation ou conditionnement en atelier. © Freepik

Douze cas de listériose, dont deux décès, ont été identifiés en France entre octobre 2025 et janvier 2026. Les investigations sanitaires ont permis d’établir un lien avec des charcuteries cuites produites dans la Drôme. Les autorités ont publié la liste précise des produits concernés et appellent les consommateurs à la vigilance.

En France, chaque cas de listériose est signalé et analysé afin de repérer d’éventuels regroupements. C’est précisément ce mécanisme qui a permis d’identifier une série de contaminations survenues entre octobre 2025 et janvier 2026.

« Dans le cadre de la surveillance des cas de listériose, les autorités sanitaires, en lien avec Santé publique France, ont identifié douze cas survenus entre octobre 2025 et janvier 2026, dont sept en janvier. L’âge médian des patients est de 81 ans. Parmi ces douze patients, deux décès ont été signalés chez des personnes de plus de 75 ans présentant des comorbidités. »

Les investigations menées par les services de l’État et Santé publique France ont progressivement orienté les soupçons vers une source alimentaire commune. Les analyses microbiologiques réalisées par le Centre national de référence (CNR) Listeria de l’Institut Pasteur ont confirmé le 10 mars 2026 la présence d’une souche de Listeria monocytogenes génétiquement similaire à celle retrouvée chez les malades dans un produit de charcuterie.

Les enquêtes alimentaires et les analyses de traçabilité ont progressivement orienté les investigations vers un producteur de charcuterie.

Le 24 février 2026, les autorités sanitaires ont suspecté des produits commercialisés par l’entreprise Drôme Ardèche Tradition, installée à Bourg-de-Péage dans la Drôme.

Selon le communiqué officiel, « Les enquêtes alimentaires et de traçabilité engagées par les services de l’État autour de ces cas ont conduit, le 24 février 2026, à suspecter des produits mis sur le marché par l’établissement Drôme Ardèche Tradition situé à Bourg de Péage (26). »

Un contrôle du site a alors été réalisé par les services de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de la Drôme. Des prélèvements ont été effectués et, face aux éléments constatés, les autorités ont pris la décision de suspendre l’activité de l’établissement.

Dans la foulée, l’entreprise a procédé au retrait et au rappel de tous les produits fabriqués sur le site, sous la supervision des services de l’État.

Les analyses ont été réalisées par le Centre national de référence (CNR) Listeria de l’Institut Pasteur, qui coordonne la surveillance microbiologique de cette infection en France. 

Comme l’indique le communiqué : « Les analyses menées par le Centre National de Référence (CNR) Listeria à l’Institut Pasteur ont permis, le 10 mars, de confirmer sur un produit de cet établissement la présence d’une souche de la bactérie génétiquement similaire à celles identifiées chez les malades, ce qui permet de confirmer le lien entre ces cas et la consommation des produits de l’entreprise. »

Pour les consommateurs, la vigilance repose sur l’identification des produits concernés. La liste officielle est accessible sur la plateforme gouvernementale RappelConso, qui centralise les alertes sanitaires. Les produits concernés sont des charcuteries cuites, commercialisées entre le 17 janvier et le 28 février 2026.

Il s’agit notamment de :

  • caillettes
  • pâtés en croûte
  • autres charcuteries cuites

Ces produits peuvent avoir été vendus sous les marques :

  • Drôme Salaisons
  • Jules Courtial
  • ou sans marque commerciale

L’élément le plus fiable pour identifier les produits reste la marque de salubrité : FR 26.057.001 UE, qui correspond à l’établissement de production. « Les autorités sanitaires rappellent que les personnes qui détiendraient ces produits ne doivent pas les consommer. »

La maladie en cause, la listériose, est provoquée par la bactérie Listeria monocytogenes. Cette bactérie peut survivre et même se multiplier à basse température, ce qui lui permet parfois de se développer dans les aliments conservés au réfrigérateur.

Selon Santé publique France, la listériose reste une infection relativement rare mais grave. La France enregistre généralement plusieurs centaines de cas par an, principalement chez les personnes les plus vulnérables.

Le communiqué rappelle que « La listériose est une maladie due à la bactérie Listeria monocytogenes. Cette bactérie est très résistante dans le milieu extérieur (…) et peut être présente dans l’environnement domestique (…) du fait de sa capacité à se développer à basse, voire très basse température. »

La bactérie est en revanche sensible à la chaleur, ce qui signifie qu’une cuisson suffisante permet de la détruire.

L’une des particularités de la listériose est sa période d’incubation très longue. Les symptômes peuvent apparaître jusqu’à huit semaines après la consommation d’un aliment contaminé.

Les signes les plus fréquents ressemblent à un syndrome grippal :

Le communiqué précise que les personnes ayant consommé ces produits et présentant ces symptômes doivent consulter leur médecin en signalant cette consommation. Certaines populations doivent être particulièrement vigilantes :

  • les femmes enceintes
  • les personnes immunodéprimées
  • les personnes âgées

Chez ces patients, la maladie peut provoquer des complications neurologiques ou des atteintes materno-fœtales, parfois graves.

À SAVOIR

Bien que rare, la listériose est considérée comme l’une des infections alimentaires les plus sévères. Selon Santé publique France, elle entraîne une hospitalisation dans la plupart des cas, notamment en raison du risque de complications graves comme les septicémies ou les méningites.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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