Organisés le 2 avril à l’Académie du Grand Hôtel-Dieu à Lyon, les Entretiens de Galien vont mobiliser pharmaciens d’officines, hospitaliers et industriels. Au programme, des conférences et des ateliers pour échanger sur l’actualité d’un secteur victime d’un nouveau fléau : le trafic et la contrefaçon de médicaments. Les explications du Pr Gilles Aulagner, président des Entretiens de Galien.
L’un des thèmes abordés lors des Entretiens de Galien concernera la contrefaçon de médicaments. Comment lutter efficacement contre ces trafics aussi lucratifs que redoutables ?

Effectivement, le trafic et la contrefaçon de médicaments génèrent un chiffre d’affaires considérable, de l’ordre de 4 milliards d’euros par an en France. C’est plus que le narcotrafic ! Les médicaments que vous achetez en dehors des pharmacies proviennent à 99% du trafic et des contrefaçons, notamment sur internet. Ce trafic juteux est en plein développement car les peines encourues sont plus faibles que pour les narcotrafiquants.
Conséquence, de plus en plus de mafias s’orientent vers ce trafic de médicaments, ce qui vous explique une croissance plus importante que le narcotrafic. Aujourd’hui, une division complète de la gendarmerie, l’OCLAESP, est dédiée à la traque de cette délinquance.
Comment lutter efficacement contre ces trafics ?
Par la sérialisation qui permet d’avoir une traçabilité des médicaments. Les boîtes de médicaments sont maintenant scellées avec un QR code appelé data matrix pour identifier chaque boite et la tracer jusqu’à sa dispensation.
D’où proviennent tous ces médicaments contrefaits ou issus de trafics ?
La première provenance, c’est le vol. Récemment, un très grand CHU français s’est fait dérober une palette complète de médicaments anticancéreux. Montant du larcin : 3 millions d’euros !
Ensuite, il y a toute une partie provenant de la contrefaçon. Donc, la mise sur le marché de faux médicaments qui n’ont pas les mêmes effets, des effets indésirables voire néfastes pour la santé.
D’où viennent ces médicaments contrefaits ?
Essentiellement de Chine et d’Inde. Pourquoi ? Parce qu’en France, le prix des médicaments est très bas. Les industriels doivent donc produire à bas coûts dans ces pays pour rester concurrentiels. Et sur place, des systèmes de production parallèles se mettent en place…
L’endométriose est aussi au programme de cette 8e édition des Entretiens de Galien. Quel rôle le pharmacien peut-il jouer dans la prise en charge de toutes ces femmes victimes de cette maladie gynécologique inflammatoire et chronique ?
L’endométriose est une maladie méconnue et complexe, difficile à identifier, ce qui complique sa prise en charge.
Il y a toute une dimension psychologique, pour la femme et pour son couple, car l’endométriose empêche souvent d’avoir des enfants.
Or, le pharmacien, c’est le premier acteur de santé de proximité, la tour de contrôle qui oriente, qui connaît bien ses patients, leur environnement, leurs pathologies. Et ceux-ci le lui rendent bien si j’en juge par les sondages, une très grande majorité de patients étant fidèles à leur pharmacien.
Bref, le pharmacien, ce n’est plus uniquement un commerçant mais un interlocuteur du quotidien. Cela explique que les patients poussent beaucoup plus facilement la porte de leur pharmacie, alors qu’il faut parfois neuf mois pour avoir un rendez-vous chez un médecin…
À SAVOIR
Plusieurs sujets d’actualité lors de la 8e édition des Entretiens de Galien organisé à Lyon, le 2 avril. Il sera question de sécurisation de la chaine du médicament, mais aussi d’innovation thérapeutique, du rôle du pharmacien dans le suivi des traitements anticancéreux, de la réutilisation des médicaments non utilisés (MNU) pour éviter le gaspillage et du repérage en officine de l’endométriose.









C’est faux!! Vous dite que le marché du narcotrafic est de 4 milliards alors qu’en 2025 juste le marché du cannabis a été évalué entre 5 et 7 milliards.