Un couple s’embrasse longuement, sans savoir qu’ils échangent déjà un peu de leur ADN.
Alors, saviez-vous qu’en embrassant quelqu’un, vous partagez aussi un petit bout de votre ADN ? © Magnific

Échanger un baiser… et un peu de son ADN ? Eh bien oui, un baiser laisse bien une trace génétique… mais pour combien de temps exactement ? Élément de réponse. 

Cette information risque de vous faire grimacer, surtout si vous repensez à certains baisers un peu… regrettables. Lors d’un baiser, surtout s’il est passionné, des cellules de la muqueuse buccale passent d’une bouche à l’autre. Et dans ces cellules, il y a de l’ADN. Le vôtre, le sien, brièvement mélangés dans un joyeux ballet microscopique.

En 2013, une équipe de chercheurs publie une étude dans la revue Forensic Science International Genetics. Leur objectif est de mesurer combien de temps l’ADN d’un partenaire reste détectable dans la bouche après un baiser.

Le protocole est simple : des couples s’embrassent, puis les chercheurs analysent des prélèvements buccaux à différents moments.

Le verdict est sans appel :

  • Juste après le baiser : l’ADN du partenaire est facilement détectable, surtout si le baiser dure au moins une dizaine de secondes
  • Après quelques dizaines de minutes : il est encore présent, mais en diminution
  • Au bout d’environ une heure : il devient très difficile à détecter, voire indétectable

Autrement dit, oui, votre partenaire “laisse une trace”… mais elle s’efface plus vite qu’un rouge à lèvres.

Une machine à rincer naturelle

Si l’ADN ne s’installe pas durablement, c’est parce que la bouche est tout sauf un endroit calme et figé. C’est même un environnement particulièrement agité.

La salive, produite en continu par les glandes salivaires, jusqu’à près d’un litre par jour chez l’adulte, elle agit comme un flux permanent. Elle dilue les cellules étrangères déposées lors d’un baiser, les disperse, puis les entraîne progressivement vers la déglutition.

Concrètement, chaque fois que l’on avale sa salive, ce que l’on fait des centaines de fois par jour sans y penser, on participe à évacuer ces traces. Ajoutez à cela un simple verre d’eau, et le processus s’accélère encore.

Des gestes du quotidien très efficaces

À ce nettoyage naturel s’ajoutent tous les gestes ordinaires de la journée. Boire, manger, mâcher, parler… autant d’actions mécaniques qui viennent perturber et éliminer les cellules étrangères.

Croquer dans une pomme, par exemple, crée des frottements qui décrochent les cellules présentes sur les muqueuses. Le brossage des dents, lui, agit de manière encore plus radicale en nettoyant directement les surfaces buccales. Même un café ou un repas suffisent à réduire significativement la quantité d’ADN détectable.

Un renouvellement express

Les cellules de la bouche se renouvellent très rapidement. La muqueuse buccale est constituée de cellules qui vivent peu de temps et se desquament (se détachent) naturellement.

Les cellules “invitées” déposées lors d’un baiser ne s’intègrent pas dans ce tissu. Elles restent en surface, fragiles, et sont rapidement éliminées par ce renouvellement constant. Autrement dit, elles n’ont tout simplement pas le temps de s’installer.

Une vie microscopique bien remplie

Enfin, la bouche abrite un écosystème dense : le microbiote buccal. Des milliards de bactéries y cohabitent, interagissent, se nourrissent et transforment leur environnement.

Sans “cibler” spécifiquement l’ADN humain, ces micro-organismes participent à la dégradation globale des cellules étrangères. Ils contribuent ainsi, indirectement, à faire disparaître les traces laissées par un baiser.

Évidemment, tout dépend aussi du type de baiser. L’étude de 2013 montre que plus le contact est prolongé, plus le transfert d’ADN est important. 

Un rapide “smack”, ou bisou sur les lèvres, ne laisse quasiment rien derrière lui. En revanche, un baiser plus intense, avec échange de salive, augmente nettement les chances de détection.

Après un baiser, on conserverait “les germes de l’autre” pendant des années. Une affirmation pas si exacte que ça.

Une étude menée par des chercheurs néerlandais et publiée en 2014 dans la revue Microbiome montre qu’un baiser de 10 secondes peut transférer jusqu’à 80 millions de bactéries. Elle observe aussi que les couples qui s’embrassent fréquemment finissent par avoir un microbiote buccal plus similaire.

Mais cela ne signifie pas que ces germes s’installent durablement. Le microbiote de la bouche est un écosystème très dynamique, qui évolue en permanence. Certaines bactéries peuvent persister un temps, mais beaucoup disparaissent rapidement.

À SAVOIR 

Embrasser mobiliserait jusqu’à une trentaine de muscles du visage, notamment autour des lèvres et des joues. Ce jeu musculaire stimule la circulation sanguine et favorise une meilleure oxygénation de la peau.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentDouleur au gros orteil : et si c’était une crise de goutte ?
Article suivantPupilles dilatées : quelles sont les causes et quand s’inquiéter ?
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici