
Depuis l’arrivée du minoxidil dans les années 1980 et de la finastéride dans les années 1990, aucun traitement n’avait encore suscité tant d’intérêt. Évalué sur plus d’un millier de volontaires, le Breezula suscite de fortes attentes dans la prise en charge de la calvitie. Mais que peut-on réellement attendre de cette molécule encore en phase d’évaluation ? On fait le point.
La calvitie, ou alopécie androgénétique, touche près d’un homme sur deux après 50 ans en France. Pour beaucoup, la perte de cheveux s’accompagne d’un sentiment de vieillissement prématuré, d’une atteinte à l’image de soi, voire d’une véritable gêne sociale.
Depuis plus de trente ans, deux traitements occupent l’essentiel du paysage thérapeutique : le minoxidil et la finastéride. Efficaces pour certains, insuffisants pour d’autres, ils s’accompagnent de plusieurs contraintes : application quotidienne, résultats inconstants, sans oublier les effets indésirables parfois redoutés.
Après des années de stagnation dans le développement de nouveaux dispositifs thérapeutiques, voilà qu’un gel topique à base de clascotérone, le Breezula, semble enfin apporter un vent de renouveau. Ses résultats cliniques préliminaires, obtenus auprès de centaines de volontaires, laissent entrevoir une amélioration réelle de la densité capillaire.
Traitement contre la calvitie : Breezula, késako ?
Le Breezula repose sur une molécule : le clascotérone, un antagoniste des récepteurs androgènes.
En version moins jargonneuse :
- il bloque localement l’action de la DHT, une hormone dérivée de la testostérone ;
- cette hormone est directement responsable de la miniaturisation des follicules pileux, le mécanisme central de la calvitie masculine.
Autrement dit, Breezula fonctionne un peu comme la finastéride, mais sans passer par la circulation sanguine. Un détail qui intéresse particulièrement les hommes inquiets des effets secondaires sexuels parfois associés aux traitements oraux. Le produit se présente sous la forme d’un gel appliqué sur le cuir chevelu, deux fois par jour dans les études.
Breezula : les résultats sont-ils vraiment spectaculaires ?
Une densité capillaire qui augmente réellement
D’après les données communiquées par Cosmo Pharmaceuticals, le Breezula a été évalué dans deux essais cliniques de phase III regroupant 1 465 hommes atteints d’une calvitie légère à modérée. Le protocole était simple : application du gel deux fois par jour, comparée à un placebo appliqué dans les mêmes conditions pendant plusieurs mois.
Dans les zones traitées, le nombre de cheveux augmente, alors que le groupe placebo conserve sa densité ou voit une légère diminution. Cela indique que le Breezula stimule les follicules encore en capacité de produire des cheveux. Les analyses intermédiaires rapportent des améliorations relatives allant de 168% à 539% par rapport au placebo selon les formulations. Ce sont des écarts statistiques importants, mais ils ne signifient pas une repousse complète de la chevelure.
En pratique
• le gel épaissit les zones où les follicules sont encore actifs
• il ne peut pas relancer un follicule totalement inactif
• aucun traitement, y compris le Breezula, ne permet de recréer un follicule détruit
Le Breezula ne promet donc pas une chevelure entièrement retrouvée, mais une densité renforcée là où les cheveux sont encore présents.
Effets secondaire : une tolérance plutôt rassurante
Les effets indésirables observés dans les études sont majoritairement locaux et modérés
• rougeurs légères
• démangeaisons passagères
• petites irritations du cuir chevelu
Les essais n’ont pas mis en évidence d’effets hormonaux systémiques, ce qui correspond au mode d’action du clascotérone, conçu pour agir localement sans passer dans le sang. Pour les patients soucieux d’éviter les effets secondaires des traitements oraux, ce point est particulièrement rassurant.
Un traitement de la calvitie doit être utilisé sur le long terme pour maintenir ses effets. Sa bonne tolérance constitue donc un élément clé pour envisager une utilisation durable.
Traitement contre la calvitie : comment le Breezula agit-il exactement ?
La calvitie androgénétique repose sur un mécanisme hormonal très précis :
- la DHT (dihydrotestostérone) se fixe sur des récepteurs situés dans les follicules ;
- sous son influence, le follicule rétrécit progressivement ;
- les cheveux deviennent plus fins, plus courts ;
- jusqu’à produire un duvet invisible, puis plus rien.
Le clascotérone agit en bloquant la fixation de la DHT sur ses récepteurs. C’est un peu comme neutraliser une serrure : tant qu’on l’empêche de s’ouvrir, l’hormone ne peut plus activer la miniaturisation des follicules pileux.
Cette action reste locale, ce qui limite les impacts hormonaux systémiques, l’un des points les plus scrutés par les agences sanitaires.
Le marché, les délais : quand arrivera-t-il en France ?
Le Breezula en est aujourd’hui à une étape cruciale :
- Les résultats de phase III sont jugés concluants, mais pas encore intégralement publiés dans une revue scientifique à comité de lecture.
- Les autorités sanitaires américaines (FDA) et européennes (EMA) doivent encore recevoir puis examiner le dossier complet.
- Les délais habituels d’examen varient entre 12 et 24 mois après la soumission.
Si tout se déroule comme prévu, la commercialisation sera possible autour de 2027, au mieux. D’ici là, le traitement n’est absolument pas disponible, ni en France ni ailleurs. Et les versions vendues en ligne sont soit inefficaces, soit potentiellement dangereuses.
À SAVOIR
Selon la Société française de dermatologie (SFD, 2023), près d’un tiers des chutes de cheveux consultées en dermatologie ne relèvent pas de la calvitie androgénétique. Certaines causes comme les carences, le stress, les maladies du cuir chevelu, nécessitent un traitement différent.







