Vaccination prévention Sanofi Pasteur.
Chez les personnes âgées, le taux de couverture vaccinale est en deçà des objectifs nationaux. © Sanofi Pasteur

Alors que les couvertures vaccinales contre la grippe et le Covid-19 demeurent insuffisantes en France, une récente étude Sanofi réalisée par Ipsos BVA confirme le rôle déterminant des professionnels de santé (médecins et pharmaciens) dans l’amélioration de cette couverture. Comment convaincre les personnes âgées et fragiles ? Quels sont les freins ? Les réponses du Dr Anne Mosnier, médecin épidémiologiste et membre de Open Rome, qui a participé à cette étude instructive.

Tout dépend de la tranche d’âge. Pour les enfants, l’obligation vaccinale nous place plutôt parmi les bons élèves. Pour les adolescents, la situation se dégrade progressivement et chez les adultes, la couverture vaccinale est loin d’être optimum car on reste au stade des recommandations.

C’est notamment le cas pour toutes les pathologies respiratoires, qu’il s’agisse de la grippe, du Covid ou du pneumocoque. Enfin, chez les personnes âgées, on atteint péniblement 54% de vaccination anti-grippale pour les plus de 65 ans, alors que l’objectif est de 75%.

D’abord, l’effet de récurrence. Il y a une forme de lassitude pour se faire injecter le vaccin chaque année. Au fil du temps, les personnes âgées se sentent moins concernées. La plupart n’ont pas conscience qu’une grippe n’est pas anodine. C’est une maladie qui peut être grave, voire mortelle, en cas de complications respiratoires.

De nombreuses études ont aussi prouvé que le virus de la grippe augmente les risques d’infarctus du myocarde la semaine suivant l’infection ainsi que le risque d’AVC dans le mois qui suit. Cette méconnaissance du risque, qu’il soit d’origine respiratoire ou cardiovasculaire, est assez incompréhensible compte-tenu des campagnes d’information menées chaque année.

Parmi les autres freins à la vaccination des personnes âgées, il y a aussi la peur des effets indésirables et le doute sur l’efficacité du vaccin alimenté par les antivax. Toutes ces craintes sont irrationnelles. Maintenant, il faut du temps et de bons outils pour faire évoluer les mentalités.

Oui. Ce levier est connu depuis la pandémie de H1N1 en 2009. Le médecin généraliste est la personne de confiance, celle qui a la faculté de convaincre. Et plus on avance dans l’âge, plus le professionnel de santé est un acteur essentiel dans la couverture vaccinale. C’est lui, le mieux placé pour faire de la pédagogie et expliquer l’importance de se faire vacciner. Il doit faire comprendre que si, malgré le déficit de la Sécurité Sociale, l’Assurance maladie rembourse le vaccin aux personnes âgées et fragiles, c’est qu’il y a un intérêt évident pour l’individu comme pour la collectivité.

Pour les personnes à risque, l’envoi de bons de vaccination pour une prise en charge à 100% va dans le bon sens (1). Depuis quelques années, le pharmacien est aussi une porte d’entrée sur la vaccination. On a pu le constater lors de la crise Covid. Cela semble se confirmer cette année avec un taux de vaccination en hausse.

Rien de vraiment étonnant car, l’année suivant une grosse épidémie, on enregistre généralement un regain d’intérêt pour la vaccination. Maintenant, de là à atteindre l’objectif de 75% de couverture vaccinale dès cette année, j’en doute…

  • (1) Pour les plus de 65 ans, les personnes souffrant de maladies chroniques ou d’obésité, les femmes enceintes et les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite, le vaccin est pris en charge à 100 % sur présentation de la carte Vitale et du bon de prise en charge de l’Assurance Maladie.

À SAVOIR

Ipsos/BVA a conduit pour Sanofi une étude destinée à analyser les comportements, les perceptions et les résistances vis-à-vis de la vaccination. Objectif : identifier les leviers d’action les plus efficaces pour renforcer l’intention vaccinale. Cette étude, menée du 5 au 19 juin 2025 auprès de 2 001 Français âgés de 18 ans et plus, montre que 80 % des personnes interrogées se disent favorables à la vaccination en général, dont 31 % très favorables.

Pourtant, malgré cet engagement :

– seuls 39 % adhèrent à l’ensemble des recommandations vaccinales,

– 56 % émettent des réserves sur certaines vaccinations,

– et 5 % se déclarent complètement opposés à toute vaccination.

Les vaccinations contre le COVID-19 (55 %) et contre la grippe (33 %) figurent parmi celles qui suscitent le plus de réticences.

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