Née pour apaiser les maux, la haut-savoyarde Myriam Mouchet ajoute à sa vocation d’infirmière un talent nimbé de mystères et d’occultisme : celui de coupeuse de feu. Ce don fascinant, encore inexpliqué et sujet à de nombreux fantasmes, est pourtant de plus en plus utilisé à l’hôpital pour soulager les grands brûlés, mais pas seulement… Témoignage.
Dans les couloirs de l’hôpital de Thonon-les-Bains, on surnommait Myriam Mouchet « la sorcière des urgences ». Le terme de guérisseuse, plus noble et très certainement plus juste, conviendrait mieux à cette femme au grand cœur, soignante dans l’âme.
C’est d’ailleurs celui qu’elle a choisi de glisser sur la couverture de son ouvrage, « Coupeuse de feu », paru en octobre dernier aux éditions Hugo et dans lequel elle lève le voile sur un savoir ancestral teinté, pour le commun des mortels, d’ésotérisme et de mystère.
Premier coup de canif dans l’image d’Épinal, un coupeur de feu ne soulage pas uniquement les brûlures, mais tout un ensemble de douleurs, ce qui en fait un auxiliaire de choix dans des services hospitaliers de plus en plus ouverts aux bienfaits des thérapies alternatives. Dermatologie, rhumatologie et même oncologie : des centaines de milliers de patients font appel à ceux que l’on appelle également barreurs ou passeurs de feu.
Depuis sa tendre enfance, passée à Montluel près de Lyon, Myriam savait que sa vie serait dédiée à apaiser les souffrances des autres. « À l’école, déjà, je voulais être infirmière ». Son diplôme en poche, elle débute sa carrière dans l’Ain, à Hauteville-Lompnes.
Après une courte période dans les services de santé de l’armée, à Paris, elle rejoint la Haute-Savoie en 2000. D’abord à l’hôpital d’Évian, puis à celui de Thonon. En 2022, elle valorise ses 30 années de métier et devient cadre de santé.
Brûlures, eczéma, verrues : “une pratique encore sous-exploitée”
Durant toutes ces années, cette mère de deux enfants a bien conscience de ne pas être une soignante comme les autres. « Ma famille a toujours baigné dedans », dit-elle au sujet d’un don qu’elle mit du temps à concrétiser. L’une de ses arrière-grands-mères, cartomancienne, avait transmis la ‘’prière du feu’’ à ses descendants, mais ce texte incantatoire, nécessaire pour exercer, s’était ensuite perdu…
Cette dimension spirituelle, faite de connexion avec l’au-delà et de transmission d’énergie, est toutefois restée dans l’héritage familial, offrant à Myriam le terrain favorable au développement du don.
« En arrivant à Thonon, j’ai vu que l’on faisait régulièrement appel à des coupeurs de feu, ce que je n’avais jamais imaginé possible dans un hôpital ». Au fil de discussions, un collègue finit par lui transmettre la prière : « j’ai pratiqué tout de suite. C’était pour moi comme une évidence et je n’ai pas eu besoin de m’exercer, je savais que cela allait marcher ».
Et ce fut le cas. À proximité comme à distance, parfois sur simple photo, Myriam Mouchet intervient auprès de très nombreux patients, pour « des brûlures, des zonas, des verrues, de l’eczéma »…
Au fil des années, l’infirmière voit le champ des applications s’élargir, de la migraine aux douleurs articulaires et jusqu’en radiothérapie oncologique. « Je pense sincèrement que cette pratique est encore sous-exploitée pour soulager les douleurs. Bien sûr, cela ne remplacera pas la médecine traditionnelle, mais lorsque l’on voit une cicatrice disparaître sans explications, cela pose tout de même question, non ? »
“Les gens nous prennent pour des gourous”
La cadre de santé haut-savoyarde est la première à le reconnaître, cette approche est difficile à concevoir pour des esprits cartésiens. « Tout est difficile à expliquer, car ce n’est pas scientifique. Les gens nous prennent souvent pour des gourous, font un lien avec la religion, alors que cela n’a rien à voir ».
Malgré ses surprenants résultats, le savoir-faire reste énigmatique. Aucune donnée scientifique n’est en effet venue étayer l’efficacité d’un don que, parole de dépositaire, chacun pourrait pourtant être à même de développer.
L’essentiel, finalement, est d’y croire et peut-être de ne pas se poser tant de questions, tant les témoignages de soulagements réels abondent. « C’est pour cela que j’ai décidé d’écrire cet ouvrage. À ceux qui disent qu’ils n’y croient pas, je réponds : essayez, vous verrez bien. Et ceux qui le préféreront pourront toujours mettre leur soulagement sur le compte des infirmières… »
À SAVOIR
Coupeuse de feu, témoignage d’une infirmière guérisseuse. Ou comment la médecine traditionnelle travaille main dans la main avec les coupeurs de feu.
Un ouvrage de Myriam Mouchet, paru en octobre 2025 aux éditions Hugo New Life (19,95€).