Une jeune femme victime d'une otite du baigneur.
L'otite du baigneur se manifeste d'abord par une vive douleur à l'oreille. © Freepik

Souvent banalisée, l’otite du baigneur se traduit par de vives douleurs dans le conduit auditif et, parfois, des complications dont on se passerait bien durant nos vacances. En France, cette affection demeure l’une des principales causes de consultation ORL en été, particulièrement chez les enfants et adolescents qui passent beaucoup de temps dans l’eau. Le point sur les causes, les signes qui alertent et, surtout, les moyens d’y remédier.

L’otite du baigneur est une inflammation du conduit auditif externe. Elle survient lorsque l’eau pénètre dans l’oreille et y reste, créant un environnement humide favorable à la prolifération de bactéries ou de champignons. Contrairement à l’otite moyenne qui touche l’oreille interne, cette forme infectieuse reste localisée au canal auditif.

Elle est généralement bénigne, mais peut causer des douleurs intenses. En été, avec la multiplication des baignades, elle devient l’une des principales causes de consultation en oto-rhino-laryngologie. En cas de symptômes, il est essentiel de réagir rapidement pour éviter toute complication ou chronicité.

L’eau est le principal facteur déclenchant. Après une baignade, l’humidité peut stagner dans le conduit auditif, surtout si celui-ci est étroit ou si l’oreille n’a pas été correctement séchée. Ce milieu chaud et humide favorise la multiplication des micro-organismes.

Le conduit auditif est protégé naturellement par le cérumen, une substance cireuse qui agit comme une barrière. Lorsque ce cérumen est enlevé de manière excessive, notamment par l’usage fréquent de cotons-tiges, la peau du canal devient vulnérable. Des micro-fissures peuvent apparaître, facilitant l’entrée des agents infectieux.

Autre raison fréquente, l’eau chlorée des piscines, les produits de soin agressifs ou les bains fréquents peuvent déséquilibrer le pH de l’oreille, rendant la peau plus sensible et plus propice aux infections. De plus, certaines affections cutanées comme l’eczéma ou le psoriasis peuvent affaiblir les défenses naturelles de l’oreille.

L’otite du baigneur se manifeste d’abord par une douleur vive au niveau de l’oreille. Elle est souvent accentuée lorsqu’on tire sur le lobe ou qu’on appuie sur le petit cartilage à l’entrée de l’oreille. Cette douleur peut s’accompagner d’une sensation de gêne, de démangeaisons intenses, d’une sensation d’oreille bouchée ou encore de petits écoulements.

Dans certains cas, on peut observer un gonflement du conduit auditif ou une baisse de l’audition temporaire. La fièvre est plus rare, mais elle peut survenir en cas d’infection plus avancée. L’apparition soudaine de ces symptômes, surtout après une exposition à l’eau, doit alerter et justifie une consultation médicale.

Le médecin s’appuie sur l’observation clinique pour poser un diagnostic. Il examine l’oreille à l’aide d’un otoscope, un petit appareil lumineux qui permet de visualiser l’état du conduit.

Un canal rouge, gonflé, douloureux ou rempli de sécrétions indique généralement une otite externe. Cet examen permet également d’écarter d’autres pathologies comme une otite moyenne, un bouchon de cérumen ou la présence d’un corps étranger.

Le traitement de l’otite du baigneur repose avant tout sur des gouttes auriculaires contenant des antibiotiques ou des antifongiques, selon l’origine de l’infection. Elles sont souvent combinées à un anti-inflammatoire pour calmer la douleur. Le traitement dure en moyenne entre 7 et 10 jours.

Dans certains cas, notamment si l’infection est avancée ou si le canal est obstrué, un nettoyage professionnel de l’oreille peut être nécessaire. Ce nettoyage, effectué par un professionnel de santé, permet de retirer les sécrétions qui empêchent la bonne diffusion du traitement.

En complément, des antalgiques comme le paracétamol ou l’ibuprofène peuvent être utilisés pour soulager la douleur. Si l’infection est très sévère ou si le patient présente un terrain fragile (diabète, immunodépression), un traitement antibiotique par voie orale peut être prescrit.

Il est conseillé de bien sécher les oreilles après chaque baignade, en inclinant la tête pour favoriser l’évacuation de l’eau et en tamponnant doucement l’entrée du conduit avec une serviette propre. L’utilisation d’un sèche-cheveux à faible puissance, tenu à distance, peut aussi aider à assécher le conduit.

Pour les personnes particulièrement sensibles ou sujettes aux récidives, le port de bouchons d’oreille spécifiques ou d’un bonnet de bain peut s’avérer très efficace. Il est aussi possible d’utiliser des gouttes auriculaires asséchantes, à base de solution alcoolisée, après les baignades.

Enfin, il est essentiel d’éviter d’introduire des objets dans l’oreille, y compris les cotons-tiges (lire À SAVOIR) qui peuvent irriter ou blesser le conduit auditif. Il est également recommandé de ne pas se baigner dans des eaux douteuses ou mal entretenues.

Dans certains cas, notamment si les otites se répètent ou si le traitement est mal suivi, l’otite du baigneur peut devenir chronique. Elle devient alors plus difficile à traiter et nécessite parfois des soins plus longs ou spécialisés. Chez les personnes fragiles, une complication rare mais grave appelée otite nécrosante peut survenir. Elle impose une prise en charge hospitalière rapide.

À SAVOIR

Contrairement à une idée reçue, un coton-tige ne nettoie pas l’oreille, mais pousse souvent le cérumen plus profondément, formant un bouchon. Pire encore, il peut irriter ou blesser la peau fine du conduit auditif, favorisant ainsi les infections comme l’otite externe. Dans les cas les plus graves, un geste trop brusque peut même perforer le tympan. Pour préserver la santé de vos oreilles, mieux vaut se contenter de nettoyer uniquement le pavillon, à l’aide d’un linge propre et sec.

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Journaliste expert santé / Rédacteur en chef adjoint du Groupe Ma Santé. Journaliste depuis 25 ans, Philippe Frieh a évolué dans la presse quotidienne régionale avant de rejoindre la presse magazine pour mettre son savoir-faire éditorial au service de l'un de ses domaines de prédilection, la santé, forme et bien-être. Très attaché à la rigueur éditoriale, à la pertinence de l'investigation et au respect de la langue française, il façonne des écrits aux vertus résolument préventives et pédagogiques, accessibles à tous les lecteurs.

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