Un capeturs de glycémie Abott.
Le défaut affectant les capteurs FreeStyle Libre 3 et FreeStyle Libre 3 Plus, à l’origine du rappel, a été localisé sur une seule ligne de production. © Abott

Rappel mondial en cours pour les capteurs de glycémie FreeStyle Libre 3 et Libre 3 Plus. Des mesures faussées, plusieurs décès signalés, des centaines d’incidents graves… L’alerte s’étend désormais à 17 pays, dont la France.

Depuis fin novembre 2025, certains lots de capteurs FreeStyle Libre 3 et Libre 3 Plus ont été signalés comme défectueux. Ces capteurs calculent la glycémie en continu, via un petit filament placé sous la peau, et transmettent les mesures à un lecteur ou à une application. Contrairement à un glucomètre traditionnel (bandelette + goutte de sang capillaire), l’idée de la CGM (continuous glucose monitoring) est d’éviter les piqûres répétées.

Mais pour certains capteurs concernés, l’analyse interne a mis en lumière un défaut majeur. Les dispositifs peuvent afficher des taux de glycémie dangereusement sous-estimés. En d’autres termes, le capteur pense que le glucose est très bas sous la peau, alors que ce n’est pas le cas.

Pour une personne diabétique, c’est une fausse alerte, ou l’absence d’alerte, avec un risque dramatique. S’appuyant sur ces mesures erronées, elle pourrait sauter une injection d’insuline, consommer des glucides inutilement, ou ignorer un risque d’hyperglycémie. Ces décisions peuvent conduire à des complications graves, comas, voire décès.

Pendant des années, pour surveiller sa glycémie, il fallait sortir la petite bandelette, se piquer le doigt, attendre quelques secondes et noter le résultat. Un geste parfois douloureux, mais indispensable. Puis sont arrivés les capteurs connectés, discrets, collés sur le bras, capables de suivre l’évolution du sucre jour et nuit sans lever le petit doigt. Une révolution dans la vie de millions de diabétiques, offrant plus de liberté et moins de contraintes.

Mais qui dit progrès dit aussi nouveaux défis. Avec ces dispositifs en continu, on s’appuie sur la technologie pour surveiller un paramètre vital et on lui fait confiance, parfois sans se poser de questions. Alors, si ces capteurs ont transformé le quotidien, ils restent des objets électroniques, susceptibles de défaillir. 

Défaillance majeurs : 736 incidents graves, 7 décès 

D’après Abbott Diabetes Care, 736 incidents graves ont déjà été signalés dans le monde, dont sept décès attribués à ces capteurs défaillants. Rien qu’aux États-Unis, près de 3 millions de capteurs issus d’une même chaîne de production seraient concernés. Un volume colossal, et encore, ces chiffres ne reflètent que les cas déclarés.

Au total, 17 pays sont touchés par le rappel, parmi lesquels la France, les États-Unis,le Canada, mais aussi plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne ou l’Italie.

Rassurons-nous tout de même sur un point, toute la gamme FreeStyle Libre n’est pas concernée. Seuls certains lots des modèles Libre 3 et Libre 3 Plus sont rappelés. Les capteurs Libre 2 et les autres versions restent hors du dispositif, selon les autorités et les bases de données médicales.

Que faut-il faire si on possède un capteur de glycémie de cette marque ?

L’ANSM conseille aux utilisateurs, ou à ceux qui en ont encore dans leur tiroir, de vérifier le numéro de série de leur capteur FreeStyle Libre 3 (modèles 72080-01 et 72081-01) ou Libre 3 Plus (modèles 78768-01 et 78769-01)  sur la plateforme mise en place par Abbott (FreeStyleCheck.com). Si votre capteur apparaît comme concerné, on le met donc de côté et on demande un remplacement, tout simplement.

En attendant de recevoir un nouveau capteur, il est préférable de revenir au bon vieux lecteur de glycémie par piqûre, ou d’utiliser un modèle non touché par le rappel. Quelques jours un peu moins pratiques, certes, mais beaucoup plus sûrs.

Et si les valeurs affichées ne correspondent pas à ce que vous ressentez (tremblements, sueurs, confusion…), on ne prend aucun risque, on vérifie avec un glucomètre et on contacte son médecin si besoin.

À SAVOIR 

En France en 2023, plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées par médicament pour un diabète, soit 5,6 % de la population qui a besoin d’une mesure glycémique.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

1 COMMENTAIRE

  1. Coucou
    Alors, j’utilisais le libre 2 et le libre 2 + et contrairement a ce que dit l’article, il est tout aussi défectueux, il me réveillait chaque nuit en me disant que j’étais en hypoglycémie grave alors que pas du tout, heureusement que je vérifie toujours avec un glucomètre classique, j’ai fini par changer de capteur, je suis sous dexcom maintenant et tout va mieux.

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