Une femme ressent des douleurs dans l’oreille et des vertiges, suspectant une maladie de Ménière.
En France, la maladie de Ménière concerne environ 7 à 8 nouveaux cas pour 100 000 habitants chaque année. Cette pathologie touche autant les hommes que les femmes et apparaît le plus souvent entre 40 et 60 ans. Dans de très rares cas, elle peut également toucher des personnes plus jeunes. ©africa-images / Canva

Vous ressentez des douleurs aux oreilles accompagnées de vertiges ou de bourdonnements ? Ces symptômes peuvent parfois révéler une pathologie nommée maladie de Ménière, un trouble qui touche l’oreille interne et perturbe à la fois l’audition et l’équilibre. Ce dérèglement est souvent lié à une accumulation anormale de liquide dans cette zone essentielle de l’oreille. Le point sur la maladie, ses symptômes et, surtout, sur les traitements possibles pour s’en débarrasser.

Un vertige violent qui apparaît sans prévenir, l’impression de perdre l’équilibre ou une oreille qui se met à bourdonner… Autant de signes qui peuvent s’avérer très déstabilisants. Certaines personnes ressentent aussi une sensation d’oreille bouchée ou remarquent que leur audition baisse momentanément, pendant plusieurs minutes ou plusieurs heures.

Dans certains cas, ces symptômes s’expliquent : ils peuvent être liés à la maladie de Ménière, une pathologie chronique qui touche l’oreille interne, la partie de l’oreille responsable à la fois de l’audition et de l’équilibre.

Chez les personnes atteintes de la maladie de Ménière, ces liquides s’accumulent anormalement, ce qui augmente la pression dans l’oreille interne. Ce déséquilibre perturbe alors les cellules sensorielles et les signaux envoyés au cerveau, provoquant vertiges, troubles de l’équilibre et problèmes d’audition.

En 1861, alors que le corps médical pensait que ces violentes crises de vertiges et de surdité avaient une origine cérébrale, le médecin français Prosper Ménière démontre pour la première fois que le problème se situe en réalité dans l’oreille interne.

Cette découverte marque un tournant dans la compréhension de ces troubles. En reconnaissance de ses travaux, ses confrères donneront quelques années plus tard son nom à cette affection, désormais appelée maladie de Ménière.

Le conduit de l’oreille, situé dans l’oreille interne, abrite deux organes : la cochlée, dédiée à l’audition, et le vestibule, qui joue un rôle central dans l’équilibre. À l’intérieur de ces organes circule deux liquides indispensables au bon fonctionnement des cellules sensorielles, l’endolymphe et la périlymphe.

Chez les personnes atteintes de la maladie de Ménière, ces liquides s’accumulent de manière anormale, provoquant une augmentation de la pression dans l’oreille interne. Cette pression perturbe les cellules ciliées sensorielles ce qui altère les signaux transmis par le nerf vestibulaire et le nerf auditif vers le cerveau.

Selon les professionnels de santé, cette maladie peut survenir dans les cas suivants :

  • une infection virale de l’oreille interne
  • un trouble de la circulation sanguine dans l’oreille
  • un traumatisme crânien antérieur
  • certaines prédispositions génétiques

Il est important de distinguer la maladie de Ménière d’autres troubles vestibulaires. Par exemple, le vertige positionnel paroxystique bénin est provoqué par le déplacement de petits cristaux appelés otolithes dans les canaux de l’oreille interne.

Autre trouble courant, la névrite vestibulaire, qui correspond quant à elle à une inflammation du nerf vestibulaire. Elle entraîne des vertiges soudains et importants, mais sans perte d’audition, contrairement à la maladie de Ménière.

Les premiers signes

Lorsqu’une crise de maladie de Ménière survient, le symptôme le plus courant est un vertige rotatoire. La personne a soudainement l’impression que tout tourne autour d’elle, ce qui provoque une perte d’équilibre, une forte instabilité et parfois des chutes.

Ce vertige s’accompagne souvent de nausées, de vomissements, de sueurs et de malaise. Contrairement à un simple étourdissement lié à un mouvement brusque de la tête, la crise peut durer plusieurs heures et immobiliser totalement la personne.

Lors de l’examen clinique, le médecin ORL peut observer un nystagmus, c’est-à-dire des mouvements non-controlés et saccadés des yeux, caractéristiques des troubles de l’équilibre liés à l’oreille interne.

En parallèle de ces troubles vestibulaires, la maladie s’accompagne souvent de symptômes auditifs très gênants. Les patients ressentent fréquemment :

  • des acouphènes, perçus comme des bourdonnements ou des sifflements dans l’oreille
  • une sensation d’oreille bouchée
  • une baisse d’audition unilatérale (touchant une seule oreille au début), appelée surdité de perception

Cette perte auditive peut fluctuer d’une crise à l’autre. Cependant, avec le temps, elle peut devenir plus importante.

Écarter les maladies qui peuvent ressembler à la maladie de Ménière ?

Face à ces symptômes, les médecins doivent également éliminer d’autres pathologies pouvant provoquer vertiges et troubles neurologiques. Parmi elles figurent notamment :

  • certaines migraines vestibulaires
  • un accident vasculaire cérébral (AVC)
  • une labyrinthite (infection de l’oreille interne)
  • une tumeur bénigne du nerf auditif, comme le neurinome de l’acoustique

Les signes qui doivent vous alerter

Il est important de consulter un médecin dès l’apparition des symptômes évoqués ci-dessus. Un examen clinique permet d’évaluer la situation et d’orienter le diagnostic. Celui-ci repose d’abord sur un interrogatoire médical précis, destiné à identifier la fréquence, la durée et les circonstances des crises. Des examens complémentaires peuvent ensuite être réalisés afin de confirmer l’origine des troubles.

  • une audiométrie (audiogramme) pour mesurer l’acuité auditive
  • une IRM cérébrale pour examiner le système nerveux central et écarter d’autres causes possibles, comme une tumeur ou une sclérose en plaques

Les traitements pour soulager vos crises

Une fois le diagnostic posé, la prise en charge repose d’abord sur un traitement symptomatique. Lors des crises aiguës, les médecins peuvent prescrire :

  • des médicaments anti-vertigineux
  • des traitements contre les nausées et les vomissements
  • parfois des anti-inflammatoires ou des corticoïdes

Ces traitements visent à réduire les vertiges et à soulager le malaise provoqué par le déséquilibre de l’oreille interne.

Une longue rééducation nerveuse

Sur le long terme, certains traitements peuvent agir sur la pression des liquides de l’oreille interne afin de diminuer la fréquence des crises. Une rééducation vestibulaire, réalisée par un kinésithérapeute spécialisé, peut également être proposée.

Grâce à des exercices spécifiques, le cerveau apprend progressivement à compenser les signaux perturbés de l’oreille interne et à retrouver un équilibre plus stable.

Perte d’audition : les dispositifs mis en place pour améliorer la qualité de vie

Lorsque la maladie entraîne une perte d’audition, un appareillage auditif peut être envisagé. Les prothèses auditives permettent alors de compenser la baisse d’audition et d’améliorer la qualité de vie.

Dans les formes les plus sévères, lorsque les vertiges persistent malgré les traitements, une intervention chirurgicalepeut être envisagée. Elle agit sur certaines structures de l’oreille interne ou sur le nerf vestibulaire, afin de réduire les vertiges et d’améliorer la qualité de vie du patient.

Face à des vertiges inhabituels ou à une perte d’audition fluctuante, consulter rapidement un professionnel de santé reste essentiel. Une évaluation spécialisée permet de distinguer la maladie de Ménière d’autres troubles de l’équilibre et d’orienter vers la prise en charge la plus adaptée.

À SAVOIR

Selon les archives médicales de la NASA, la maladie de Ménière a failli bouleverser l’histoire de la conquête spatiale. Au début des années 1960, l’astronaute américain Alan Shepard, premier Américain à avoir voyagé dans l’espace, a été frappé par de violentes crises de vertiges rotatoires accompagnées d’acouphènes intenses. Le diagnostic médical tombe alors : il souffre de la maladie de Ménière. Jugé inapte au vol par l’agence spatiale, il est écarté des missions.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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