Un homme en train de faire examiner sa gorge par un médecin, car il suspecte une laryngite.
Selon la SFORL, la laryngite est la première cause de troubles de la voix chez l’adulte. ©Freepik

Provoquée par une inflammation du larynx, la laryngite est une affection fréquente qui entraîne un enrouement, voire une perte temporaire de la voix. Si elle est généralement bénigne, certains signes doivent toutefois alerter. Le point sur ses causes, ses symptômes et les gestes à adopter pour ne pas devenir aphone et protéger durablement sa voix.

Perdre sa voix du jour au lendemain, c’est déroutant ! Cet enrouement passager est susceptible d’apparaître après un rhume, un effort vocal ou une irritation de la gorge. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une laryngite, qui correspond à une inflammation du larynx.

Le larynx joue un rôle essentiel. Il laisse passer l’air vers les poumons et abrite les cordes vocales, responsables de la production de la voix. Lorsqu’il s’enflamme, la muqueuse gonfle. Les cordes vocales vibrent alors moins librement. La voix devient rauque, plus faible, voire disparaît temporairement.

Le larynx se situe entre la gorge et la trachée. C’est un passage essentiel pour l’air qui circule vers les poumons. Il contient aussi les cordes vocales, qui vibrent quand l’air passe et permettent de produire les sons de voix.

En cas de laryngite, cette zone s’enflamme. La muqueuse du larynx devient rouge, irritée et gonflée. Ce gonflement gêne le mouvement normal des cordes vocales. Résultat : la voix change.

Elle peut devenir rauque, plus faible, cassée, voire disparaître temporairement. On parle alors de dysphonie, et dans les cas plus marqués, d’aphonie.

La laryngite fait partie des infections ou inflammations des voies respiratoires supérieures. Elle peut être aiguë, apparaître rapidement et durer quelques jours, souvent à cause d’un virus.

Plus rarement, elle devient chronique quand elle dure dans le temps, par exemple en cas d’irritations répétées comme le tabac, la pollution ou un usage excessif de la voix. Elle s’accompagne souvent d’une irritation de la gorge, ce qui explique la sensation de douleur ou de gêne en avalant.

Virus et bactéries : quand la maladie fait perdre la voix

La laryngite est le plus souvent causée par un virus. Dans la majorité des cas, le virus est responsable d’un rhume, d’une grippe ou d’une rhinopharyngite qui descend jusqu’au larynx. C’est pour cela que l’enrouement apparaît souvent après quelques jours de nez qui coule, d’éternuements ou de toux.

Plus rarement, une bactérie peut être en cause. Dans certains cas précis, un antibiotique est nécessaire, mais ce n’est pas la règle et il n’est pas prescrit systématiquement.

Les facteurs évitables : tabac, cris…

En dehors des infections, d’autres facteurs peuvent irriter le larynx. Le tabac est l’un des principaux responsables. La fumée agresse en permanence la gorge et peut favoriser une laryngite qui dure dans le temps.

Le reflux gastro-œsophagien peut aussi jouer un rôle. Lorsque l’acide de l’estomac remonte vers la gorge, surtout la nuit, il peut irriter le larynx et entretenir une inflammation persistante.

Les allergies respiratoires, un air très sec ou l’exposition à des produits irritants peuvent également déclencher ou aggraver les symptômes.

Enfin, l’usage excessif de la voix est une cause fréquente. Les personnes qui parlent beaucoup ou forcent sur leur voix, comme les enseignants ou les chanteurs, peuvent développer une inflammation liée à une sollicitation répétée des cordes vocales.

Le traitement d’une laryngite repose d’abord sur une règle simple : mettre sa voix au repos. Il ne s’agit pas seulement de se reposer physiquement, mais surtout d’éviter de trop parler, de crier ou de chanter. Contrairement à une idée reçue, chuchoter n’est pas conseillé, car cela fatigue aussi les cordes vocales et peut aggraver l’irritation.

Quand la laryngite est due à un virus, les antibiotiques ne servent à rien. Le traitement vise surtout à soulager les symptômes. Le paracétamol peut être pris en cas de fièvre ou de douleurs. Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène peuvent être utilisés dans certains cas, sauf avis médical contraire.

Boire régulièrement est important. Une bonne hydratation aide à apaiser la gorge. Humidifier l’air de la pièce peut aussi soulager. Respirer de la vapeur d’eau tiède, par exemple sous la douche, peut diminuer la sensation de gorge sèche.

Certaines boissons chaudes, comme des infusions de thym ou de sauge, sont souvent utilisées pour calmer l’irritation. Le miel peut également adoucir la gorge. Les pastilles ou les gargarismes à l’eau salée peuvent apporter un confort, même s’ils n’agissent pas directement sur le larynx.

En pharmacie, on peut aussi trouver des sirops contre la toux sèche ou des sprays apaisants. Les huiles essentielles doivent être utilisées avec prudence, surtout chez les jeunes enfants ou les personnes asthmatiques, et toujours avec un avis médical. Enfin, si la laryngite est liée à un reflux acide, un traitement adapté pourra être prescrit pour agir sur la cause.

N’attendez pas d’être aphone pour réagir !

Dans la plupart des laryngites aiguës et sans gravité, le médecin généraliste est le premier professionnel à consulter. Le diagnostic repose surtout sur l’examen : gorge rouge, voix enrouée, parfois toux sèche. Le médecin vérifie aussi la respiration pour s’assurer qu’il n’y a pas de gêne importante.

Si les symptômes durent plus de deux semaines ou reviennent souvent, un avis spécialisé est nécessaire. Le médecin ORL peut alors réaliser une fibroscopie. Cet examen consiste à passer une fine caméra par le nez pour observer directement les cordes vocales. Il permet de repérer une cause précise, comme des nodules, des polypes ou, chez les fumeurs notamment, des lésions plus sérieuses.

Chez l’enfant, certaines formes peuvent être impressionnantes, surtout s’il y a des difficultés à respirer. Dans ce cas, des corticoïdes peuvent être prescrits pour diminuer rapidement l’inflammation et faciliter la respiration.

À l’hôpital, un traitement par aérosol peut aussi être utilisé. Les antibiotiques ne sont donnés que si une infection bactérienne est clairement identifiée, ce qui est rare. Si l’origine est allergique, des antihistaminiques peuvent être proposés.

Enfin, certains signes doivent conduire à consulter rapidement : une fièvre élevée qui persiste, des difficultés à avaler sa salive ou une gêne respiratoire marquée. Dans ces situations, un avis médical urgent est indispensable.

La laryngite est le plus souvent légère et temporaire. Quelques jours de repos pour la voix et une bonne hydratation suffisent en général pour aller mieux.

Mais un simple enrouement peut parfois cacher une irritation qui dure. Si la voix ne revient pas après deux semaines, si les épisodes se répètent ou s’il existe une gêne pour respirer, il faut consulter un spécialiste.

À SAVOIR

Chez les enfants, le nom que l’on donne à la laryngite est le « faux croup ». Cette forme aiguë, fréquente en période hivernale, impressionne par sa toux rauque et « aboyante », elle reste toutefois le plus souvent bénigne et évolue favorablement avec un traitement adapté.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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