Une femme qui se demande si elle peut encore manger son yaourt périmé.
Oui, un yaourt peut encore être consommé après sa date de péremption, à condition de ne pas dépasser une quinzaine de jours après la DLC. © Freepik

Un yaourt oublié au fond du frigo, une date dépassée de quelques jours… poubelle ou non ? Jusqu’à quand peut-on encore manger un yaourt périmé ? Le point. 

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), les produits laitiers figurent parmi les aliments les plus jetés en France, alors même qu’ils ne présentent pas toujours un risque immédiat, et ce même une fois la date dépassée.

Résultat ? Chaque année, près de 10 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées en France, dont une part non négligeable de produits frais comme les yaourts, selon l’Ademe.

Premier réflexe indispensable avant de condamner un yaourt : lire attentivement la mention figurant sur l’emballage.

Sur les yaourts, il s’agit presque toujours d’une DLC (Date Limite de Consommation), formulée par la mention « à consommer jusqu’au ». Contrairement à la DDM (Date de Durabilité Minimale), la DLC concerne des produits microbiologiquement sensibles, pour lesquels le fabricant garantit la sécurité jusqu’à une certaine date, à condition que le produit ait été conservé au réfrigérateur.

Mais, et c’est là que la nuance est importante, dépasser légèrement une DLC ne signifie pas automatiquement danger. Selon la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), un yaourt correctement conservé peut parfois être consommé plusieurs jours après la date, sans risque pour une personne en bonne santé.

En pratique, un yaourt périmé peut généralement être consommé jusqu’à 7 jours, parfois jusqu’à 10–14 jours après la date, à condition que toutes les conditions suivantes soient réunies :

  • le yaourt est resté en permanence au réfrigérateur (entre 0 °C et +4 °C),
  • le pot est intact (non gonflé, non abîmé),
  • il n’a jamais été ouvert,
  • aucune odeur, moisissure ou texture anormale n’est constatée à l’ouverture,
  • la personne qui le consomme est en bonne santé (pas enceinte, immunodéprimée, très âgée ou nourrisson).

Le yaourt est naturellement acide. Cette acidité, due à la fermentation lactique, freine le développement de nombreuses bactéries pathogènes. De plus, les ferments lactiques qu’il contient entrent en compétition avec d’éventuels micro-organismes indésirables.

C’est d’ailleurs pour cette raison que certains spécialistes estiment qu’un yaourt peut rester consommable jusqu’à une à deux semaines après la date, à condition qu’il n’ait jamais quitté la chaîne du froid et que l’emballage soit intact. 

Néanmoins, cette tolérance ne vaut pas pour tous les produits laitiers. Certains sont beaucoup plus sensibles sur le plan microbiologique et doivent impérativement être consommés avant la date indiquée. C’est notamment le cas :  

  • du lait cru, 
  • des fromages frais (comme la ricotta, le fromage blanc, les faisselles ou certains chèvres frais), 
  • des crèmes fraîches, 
  • des desserts lactés (crèmes dessert, flans, mousses), 
  • des fromages à pâte molle comme le camembert, le brie ou le reblochon, surtout lorsqu’ils sont au lait cru.

Même si la date n’est pas une sentence immédiate, certains signaux doivent alerter. Un yaourt périmé ne doit jamais être consommé si :

  • le pot est gonflé ou endommagé,
  • une odeur inhabituelle se dégage à l’ouverture,
  • la texture est anormalement liquide ou grumeleuse,
  • des moisissures visibles apparaissent à la surface.

Dans ces cas-là, inutile de jouer au goûteur héroïque, direction la poubelle. L’Anses rappelle que les personnes fragiles (femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées ou immunodéprimées) doivent appliquer le principe de précaution et éviter tout produit dont la date est dépassée, même de peu.

Tous les yaourts périmés ne se valent pas. Les yaourts nature ou grecs, moins sucrés et sans morceaux de fruits, sont généralement plus stables que les desserts lactés aromatisés ou aux fruits, qui contiennent davantage d’ingrédients favorables au développement microbien.

Autrement dit, un yaourt nature périmé de trois jours, resté bien au frais, n’a pas le même profil de risque qu’un yaourt aux fruits entamé ou mal conservé.

À SAVOIR 

Selon la DGCCRF et l’Anses, un yaourt doit toujours être conservé entre 0 °C et +4 °C pour garantir sa sécurité alimentaire. Une rupture de la chaîne du froid (même temporaire, lors du transport ou d’un long séjour hors du réfrigérateur) réduit fortement la tolérance après la date.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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