Automne : pourquoi perd-on davantage nos cheveux ?

Gros plan sur un homme écartant ses cheveux avec ses mains et laissant apparaître son cuir chevelu au niveau des golfes.
Une chute saisonnière est généralement diffuse et temporaire, contrairement à l’alopécie androgénétique qui peut progressivement creuser les golfes. ©gettyimages
Effluvium télogène. Ce nom barbare correspond à une chute diffuse des cheveux qui survient lorsqu’un nombre inhabituellement élevé de follicules passe en même temps en phase de repos. Le phénomène peut être plus marqué à la fin de l’été et au début de l’automne, mais également apparaître après une infection, un stress important, une carence en fer ou un trouble de la thyroïde. Pourquoi perd-on davantage ses cheveux en septembre ou en octobre ? Combien de temps cette chute peut-elle durer ? Comment la distinguer d’une autre forme d’alopécie ? Et quand faut-il consulter ? Explications.
Sommaire

À la fin de l’été et au début de l’automne, retrouver davantage de cheveux sur la brosse, dans la douche ou sur l’oreiller n’a rien d’exceptionnel. Le cycle capillaire connaît lui aussi des variations saisonnières. Chez certaines personnes, davantage de follicules passent en phase de repos pendant l’été, avant que les cheveux concernés ne tombent quelques semaines plus tard.

Cette augmentation temporaire de la chute ne doit toutefois pas être confondue avec toutes les formes d’alopécie. Une perte diffuse et nettement plus importante peut correspondre à un effluvium télogène. Notamment après une infection, un stress important, une carence en fer ou un bouleversement hormonal.

À l’inverse, des golfes qui se creusent, une raie qui s’élargit ou des cheveux qui s’affinent progressivement orientent davantage vers une alopécie androgénétique. Dans ce scénario, la sensibilité des follicules aux androgènes, notamment à la DHT, joue un rôle central.

Shampoings, huiles végétales ou soins destinés à limiter la casse peuvent aider à préserver la fibre capillaire. Mais ils ne modifient pas à eux seuls le cycle du follicule. Reste donc à savoir où se situe la frontière entre une chute saisonnière banale et une perte de cheveux qui mérite d’être explorée.

Effluvium télogène : ce qui se passe dans le cheveu

Un cheveu ne pousse pas en permanence. Il suit un cycle composé de plusieurs étapes. Une phase de croissance, appelée anagène. Une courte phase de transition puis une phase de repos, dite télogène, avant de tomber.

Dans l’effluvium télogène, un nombre inhabituellement élevé de follicules entre en même temps dans cette phase de repos. La chute devient alors diffuse et concerne l’ensemble du cuir chevelu. Contrairement à la pelade qui forme des zones bien délimitées sans cheveux.

Le follicule n’est toutefois pas détruit. Il reste capable de produire un nouveau cheveu. Ce qui permet à la densité de revenir progressivement lorsque le facteur responsable disparaît.

Pourquoi la chute augmente en automne

Le cycle capillaire connaît des variations saisonnières mesurables. Une étude menée auprès de 823 femmes a notamment retrouvé une proportion maximale de cheveux en phase télogène pendant l’été, suivie d’une augmentation de la chute à la fin de l’été et au début de l’automne.

Cela ne signifie pas que « l’automne fait tomber les cheveux ». Chez certaines personnes, davantage de follicules arrivent simplement au terme de leur cycle durant cette période. Ce qui rend la chute plus visible quelques semaines plus tard.

Cette variation saisonnière doit être distinguée d’un véritable effluvium télogène déclenché par un événement particulier. En cause, une infection avec fièvre, un stress physiologique important, une perte de poids rapide, un trouble de la thyroïde ou certaines carences nutritionnelles.

Septembre et octobre concentrent souvent la chute

Il n’existe pas de mois précis durant lequel tout le monde perd davantage ses cheveux. La hausse se situe généralement entre la fin de l’été et le début de l’automne.

Chez certaines personnes, elle commence dès août. Chez d’autres, elle devient surtout perceptible en septembre ou en octobre. Retrouver davantage de cheveux dans la douche, sur l’oreiller ou sur la brosse peut alors sembler impressionnant sans signifier pour autant une perte définitive de densité.

L’évolution est plus informative que le nombre de cheveux observés à un instant donné. Une chute qui ralentit progressivement n’a pas la même signification qu’une perte qui persiste ou s’accentue au fil des mois.

La chute peut durer plusieurs mois

Un effluvium télogène aigu évolue généralement pendant trois à six mois. La chute diminue ensuite à mesure que le cycle capillaire se normalise.

Le retour visuel à la densité habituelle est plus lent, car les nouveaux cheveux doivent repousser suffisamment pour contribuer de nouveau au volume de la chevelure. Cette récupération peut demander six à neuf mois, parfois davantage.

Lorsque la chute persiste au-delà de six mois, on parle d’effluvium télogène chronique. Une recherche plus approfondie de sa cause devient alors nécessaire.

Le déclencheur précède souvent la chute

L’un des pièges de l’effluvium télogène tient au décalage entre l’événement déclenchant et la perte de cheveux.

Une forte fièvre, une infection importante, une intervention chirurgicale, un accouchement, une perte de poids rapide ou un autre stress physiologique majeur ne provoquent généralement pas une chute immédiate. Celle-ci apparaît souvent deux à trois mois plus tard.

Une personne qui constate une perte importante de cheveux en octobre doit donc aussi s’interroger sur ce qui s’est produit pendant l’été. Et ce, plutôt que d’attribuer automatiquement le phénomène au changement de saison.

Différencier l’effluvium des autres alopécies

L’effluvium télogène provoque avant tout une diminution diffuse de la chevelure. Les cheveux tombent sur l’ensemble du cuir chevelu sans dessin particulier.

L’alopécie androgénétique évolue différemment. Elle entraîne un affinement progressif des cheveux dans certaines zones. Phénomène visible notamment au niveau de la raie chez la femme ou des golfes et du sommet du crâne chez l’homme.

La pelade se caractérise plutôt par l’apparition de plaques nettement délimitées. Des rougeurs, des douleurs, des squames ou une inflammation du cuir chevelu orientent également vers d’autres causes et justifient un examen médical.

Fer, thyroïde et perte de poids : les causes à rechercher

Lorsque la chute persiste ou paraît particulièrement importante, le contexte permet d’orienter les recherches.

Une carence en fer, une alimentation insuffisante en protéines, un régime restrictif, une perte de poids rapide ou un trouble de la thyroïde peuvent favoriser un effluvium télogène. Certains médicaments, une maladie récente ou les suites d’un accouchement peuvent également être en cause.

Selon les symptômes et les antécédents, un bilan sanguin peut notamment rechercher une anémie, une carence martiale ou une anomalie de la fonction thyroïdienne.

Une chute durable ne doit donc pas être attribuée automatiquement à l’automne.

Les compléments ne sont pas un traitement systématique

Fer, zinc, vitamine D ou biotine ne sont pas systématiquement utiles contre une chute de cheveux.

Une supplémentation est surtout pertinente lorsqu’une carence a été mise en évidence. En l’absence de déficit, augmenter les apports n’accélère pas nécessairement la repousse et peut, selon les produits et les doses, provoquer des effets indésirables ou des interactions.

La priorité consiste donc à identifier la cause de la chute avant de multiplier les compléments alimentaires.

Couper les cheveux plus courts ne modifie pas non plus le fonctionnement du follicule. Cela peut changer l’apparence et donner une impression de chevelure plus dense. Mais cela ne réduit ni la chute ni le délai de repousse.

Quand consulter ?

Une augmentation diffuse de la chute à la fin de l’été qui s’atténue progressivement peut correspondre à une évolution temporaire du cycle capillaire.

Une consultation médicale ou dermatologique est toutefois recommandée lorsque la chute persiste plusieurs mois. Idem si la densité diminue nettement, que des plaques apparaissent ou que le cuir chevelu présente des rougeurs, des douleurs ou des squames.

Une fatigue importante, une perte de poids inexpliquée, des règles irrégulières ou des symptômes évocateurs d’un trouble thyroïdien doivent également conduire à rechercher une cause sous-jacente.

Pour interpréter une chute de cheveux, trois éléments comptent surtout : sa répartition, sa durée et les événements survenus dans les semaines ou les mois qui l’ont précédée.

À SAVOIR

En 1961, le dermatologue américain Albert Kligman a introduit le terme effluvium télogène pour désigner une chute de cheveux survenant généralement quelques mois après un événement déclencheur, tel qu’une forte fièvre, un accouchement, une intervention chirurgicale ou un stress majeur․ Ses recherches ont permis d’expliquer le décalage entre le choc initial et la perte capillaire : de nombreux follicules entrent prématurément en phase de repos, entraînant la chute des cheveux concernés plusieurs semaines plus tard․

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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