Bruno Salomone, acteur et humoriste français, est mort des suites d’une récidive de cancer.
"Depuis le mois de septembre, on savait qu’il n’y avait plus aucune chance, il était condamné", a déclaré Isabelle Gélinas, qui incarnait Valérie Bouley. © Olivier Strecker

L’acteur et humoriste français Bruno Salomone est décédé le 15 mars 2026 à l’âge de 55 ans après avoir affronté la récidive d’un cancer. La maladie était revenue après une période de rémission. Mais pourquoi certains cancers peuvent-ils réapparaître des mois ou des années après les traitements ? Quels sont les facteurs d’une récidive ? Les risques diminuent-ils avec l’avancée de la recherche ? Éléments de réponse.

Bruno Salomone, connu notamment pour son rôle de Denis Bouley dans la série Fais pas ci, fais pas ça, ou d’Igor d’Hossegor dans Brice de Nice, est décédé le dimanche 15 mars des suites d’une récidive d’un cancer, contre lequel il se battait en secret depuis des années.

En médecine, on parle de récidive lorsque la maladie réapparaît après une période de rémission. Autrement dit, les signes du cancer avaient disparu à la suite des traitements. 

Cette réapparition ne signifie pas forcément que les soins ont échoué. Il arrive que quelques cellules cancéreuses restent présentes dans l’organisme sans être détectées, puis recommencent à se multiplier avec le temps.

En France, le cancer est la première cause de mortalité. Selon Santé publique France et l’Institut national du cancer (INCa), environ 433 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023. Les progrès médicaux ont toutefois amélioré les perspectives. 

D’après l’INCa, plus de six personnes sur dix sont encore en vie cinq ans après un diagnostic de cancer. Malgré ces avancées, la maladie peut parfois réapparaître des mois, voire plusieurs années après les traitements.

Les cellules cancéreuses dormantes

Même après une chirurgie, une chimiothérapie ou une radiothérapie efficaces, il peut subsister quelques cellules tumorales microscopiques, impossibles à détecter avec les examens actuels.

Ces cellules peuvent rester silencieuses pendant des mois, voire des années, avant de recommencer à se multiplier.

Selon l’Institut national du cancer (INCa), cette dormance cellulaire est l’un des mécanismes majeurs expliquant les récidives tardives observées dans plusieurs cancers, notamment ceux du sein, du côlon ou de la prostate.

Lorsque ces cellules se réactivent, elles peuvent former une nouvelle tumeur au même endroit ou dans une autre partie du corps.

Récidive locale, métastases : plusieurs formes de retour de la maladie

Tous les cancers qui réapparaissent ne se manifestent pas de la même manière. Les médecins distinguent généralement trois types de récidives :

  • La récidive locale : la tumeur réapparaît au même endroit que le cancer initial.
  • La récidive régionale : le cancer revient dans les ganglions lymphatiques proches.
  • La récidive à distance : des métastases apparaissent dans d’autres organes.

Les métastases surviennent lorsque des cellules cancéreuses quittent la tumeur initiale pour voyager dans l’organisme via le sang ou la lymphe.

Selon l’Institut national du cancer, ce phénomène peut parfois se produire avant même que la tumeur d’origine soit diagnostiquée, ce qui explique pourquoi certaines récidives apparaissent malgré un traitement jugé complet.

La résistance aux traitements, un défi pour la médecine

Les cancers sont composés de populations de cellules très diverses. Certaines peuvent être particulièrement sensibles à la chimiothérapie ou à la radiothérapie, tandis que d’autres possèdent des caractéristiques génétiques qui leur permettent de survivre aux traitements.

Au fil du temps, ces cellules résistantes peuvent devenir majoritaires et relancer la maladie. Selon l’Inserm, la résistance thérapeutique constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à la guérison complète de certains cancers avancés.

C’est notamment pour contourner ce problème que la recherche développe de nouvelles approches, comme :

  • les thérapies ciblées, qui s’attaquent à des anomalies spécifiques des cellules cancéreuses
  • l’immunothérapie, qui stimule le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et élimine les cellules tumorales.

Une particularité du cancer est sa capacité à évoluer dans le temps. Contrairement à de nombreuses maladies aiguës, certains cancers peuvent réapparaître longtemps après la fin des traitements.

Dans le cancer du sein par exemple, des récidives sont parfois observées plus de dix ans après le diagnostic initial, selon l’INCa. Plusieurs facteurs peuvent influencer ce risque :

  • le type de cancer
  • son stade au moment du diagnostic
  • les caractéristiques biologiques de la tumeur
  • l’âge et l’état de santé du patient.

Ces éléments expliquent pourquoi chaque situation est unique et pourquoi les oncologues parlent souvent de probabilité de récidive, plutôt que de certitude.

Après la rémission, les patients entrent dans une phase appelée suivi oncologique. L’objectif est double : détecter une éventuelle récidive le plus tôt possible et accompagner les patients dans leur retour à une vie normale.

Selon les recommandations de l’Institut national du cancer, ce suivi peut inclure :

  • des consultations régulières
  • des examens d’imagerie (scanner, mammographie, IRM selon les cas)
  • des analyses biologiques.

La fréquence de ces contrôles diminue généralement au fil du temps, mais ils peuvent se poursuivre pendant cinq à dix ans, voire davantage selon les cancers.

Malgré ces risques, la médecine a considérablement progressé. Au cours des vingt dernières années, les traitements anticancéreux se sont transformés. Les thérapies ciblées et l’immunothérapie permettent désormais de prolonger la survie et de mieux contrôler certaines formes de cancer, y compris lorsqu’elles récidivent.

Selon l’Institut national du cancer, la mortalité par cancer en France diminue globalement depuis les années 1990, en grande partie grâce aux progrès du dépistage et des traitements.

La recherche continue d’explorer de nouvelles pistes, notamment pour identifier plus tôt les cellules cancéreuses dormantes ou mieux comprendre les mécanismes de résistance aux thérapies.

À SAVOIR 

Selon l’Institut national du cancer (INCa), la pratique régulière d’une activité physique après certains cancers, comme ceux du sein ou du côlon, est associée à un risque plus faible de récidive et de mortalité. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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