Un homme qui vient de changer ses draps pour laver sa housse de couette, son drap-housse et ses taies d’oreiller.
Et vous, à quelle fréquence lavez-vous vos draps ? © Freepik

On y passe près d’un tiers de notre vie. Pourtant, le lit reste l’un des lieux les moins bien entretenus du quotidien. Sueurs nocturnes, cellules de peau, bactéries, acariens… La literie accumule rapidement une vie microscopique insoupçonnée. Alors, faut-il vraiment laver ses draps chaque semaine ? À quelle température ? Conseils d’experts..

Combien de fois par mois lavez-vous vos draps ? Sur TikTok ou Instagram, des micro-trottoirs interrogent passants et internautes sur leurs habitudes. Une fois par semaine pour certains, une fois par mois pour d’autres… Les réponses varient largement… et les réactions aussi !

Car derrière ce geste du quotidien se cache une réalité biologique bien concrète. En effet, pendant la nuit, le corps humain libère naturellement plusieurs substances. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un adulte peut perdre jusqu’à un demi-litre de sueur par nuit. Un vrai cauchemar pour le conjoint ! À cela s’ajoute le renouvellement constant de la peau. Chaque jour, le corps élimine des millions de cellules cutanées. Un processus appelé desquamation.

Problème, ces résidus s’accumulent dans la literie et servent de nourriture aux acariens domestiques, de minuscules arthropodes très présents dans les matelas et les textiles. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), ils se développent particulièrement dans les environnements chauds et humides… comme les lits.

Les acariens, ennemis invisibles du lit

Si les spécialistes insistent autant sur le lavage régulier des draps, c’est en grande partie à cause de ces maudits acariens. Ces micro-organismes, mesurant environ 0,2 à 0,4 millimètre, sont invisibles à l’œil nu mais extrêmement répandus dans les logements. Selon l’ANSES, un matelas peut abriter plusieurs centaines de milliers d’acariens. Drôle d’élevage !

Le problème n’est pas tant leur présence que leurs déjections, riches en protéines allergènes. Lorsque ces particules sont inhalées, elles peuvent provoquer :

Les personnes allergiques y sont particulièrement sensibles. La literie constitue un habitat idéal pour ces micro-organismes : chaleur corporelle, humidité nocturne et abondance de cellules de peau. Un cocktail détonant souvent nauséabond !

Le rôle sous-estimé de la transpiration nocturne

Si la literie se salit aussi vite, c’est en grande partie à cause d’un phénomène souvent sous-estimé : la transpiration nocturne. Pourquoi ? Parce que, même en dormant profondément, le corps continue de réguler sa température. Cette thermorégulation s’accompagne d’une perte d’eau par la peau.

Selon les données physiologiques de l’INSERM, la quantité de sueur produite pendant la nuit peut varier considérablement selon :

Dans un environnement chaud, certaines personnes peuvent produire plusieurs centaines de millilitres de sueur par nuit. Cette humidité favorise le développement de bactéries et de champignons microscopiques dans les textiles. Beurk !

Dans l’idéal, oui. Les spécialistes de l’hygiène domestique recommandent de laver ensemble :

  • les draps plats ou draps housses
  • les taies d’oreiller
  • la housse de couette

Les taies d’oreiller méritent même une attention particulière. Le visage et les cheveux produisent du sébum, une substance grasse naturelle. Cette matière peut s’accumuler rapidement sur le tissu et favoriser la prolifération bactérienne.

Selon l’American Academy of Dermatology, les taies d’oreiller sales peuvent contribuer à certaines irritations cutanées ou à l’apparition d’imperfections chez les personnes ayant une peau sensible.

Changer les draps ne suffit pas toujours. Le matelas lui-même peut devenir un réservoir de poussière et d’acariens au fil des années. L’ANSES recommande plusieurs gestes simples pour limiter leur prolifération :

  • aérer la chambre quotidiennement pendant au moins 10 minutes
  • aspirer le matelas régulièrement
  • utiliser une housse anti-acariens pour les personnes allergiques
  • maintenir une température de chambre autour de 18 °C

L’humidité est en effet le principal facteur de développement des acariens. Une chambre bien ventilée limite leur prolifération.

Un lavage hebdomadaire, est-ce nécessaire ? 

Oui, dans l’idéal, un petit tour à la machine chaque semaine reste la meilleure option. Changer ses draps régulièrement permet d’éviter que sueur, cellules de peau, bactéries et autres invités microscopiques ne s’installent trop confortablement dans la literie.

Car le lit est un terrain de jeu apprécié des acariens. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), leurs allergènes figurent parmi les principaux déclencheurs d’asthme allergique et de rhinite allergique en Europe. 

Maintenant, pas de panique ! Si la machine ne tourne pas chaque semaine, un lavage toutes les deux semaines peut rester acceptable pour une personne en bonne santé. Mais pour garder des draps vraiment frais, et réduire les allergènes, la routine hebdomadaire reste la préférée.

Quand faut-il laver les draps plus souvent ?

La fréquence de lavage dépend aussi des habitudes de vie et de certaines situations particulières. Plusieurs facteurs favorisent en effet l’accumulation rapide de micro-organismes dans les draps.

Par exemple :

  • dormir nu, ce qui augmente le transfert direct de sueur et de sébum vers les textiles
  • transpirer abondamment la nuit
  • partager son lit avec un animal domestique
  • souffrir d’allergies respiratoires
  • être malade (rhume, grippe, infection virale)

Dans ces situations, certains experts recommandent un lavage tous les trois à quatre jours, notamment en période de maladie afin de limiter la propagation des microbes. Les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées peuvent également bénéficier d’une hygiène de literie plus fréquente.

À quelle température laver les draps ?

La fréquence de lavage est importante, mais la température l’est tout autant. Selon les recommandations d’hygiène domestique, un lavage à 60 °C est généralement considéré comme la température optimale.

À cette température, la majorité des bactéries et des acariens sont éliminés. Les travaux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les pratiques d’hygiène domestique indiquent que les températures élevées permettent de réduire efficacement la charge microbienne des textiles, notamment lorsque les cycles de lavage sont combinés avec une lessive détergente.

En fait, dans la pratique, retenez ces trois chiffres :

  • 40 °C suffit pour un entretien courant
  • 60 °C est recommandé pour éliminer bactéries et acariens
  • 90 °C correspond à un lavage intensif, réservé aux textiles très résistants

Enfin, dernier conseil, il est essentiel de respecter les indications de l’étiquette textile afin d’éviter d’endommager les fibres. Maintenant, au lit…

À SAVOIR 

N’oubliez pas aussi de laver vos oreillers ! Il est recommandé de les nettoyer tous les trois à six mois, car ils accumulent eux aussi sueur, cellules de peau et acariens.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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