Un homme reçoit une séance de chimiothérapie dans le cadre du traitement de son cancer.
elon la revue scientifique The Lancet, publiée le 25 septembre 2025, la France figure parmi les pays les plus touchés par le cancer, avec 389,4 nouveaux cas pour 100 000 habitants. ©Freepik

La chimiothérapie est l’un des piliers du traitement du cancer et concerne chaque année des milliers de patients atteints d’un cancer ou d’une leucémie. Ce traitement cible les cellules cancéreuses qui se multiplient et touchent certaines cellules saines, expliquant ses effets secondaires. Comment fonctionne la chimiothérapie et pourquoi entraîne-t-elle fatigue, chute des cheveux ou nausées ? Le point pour mieux comprendre ce traitement incontournable.

Dans notre corps, des milliards de cellules se divisent chaque jour pour assurer le renouvellement de notre corps. Ce mécanisme est parfaitement autonome sauf lorsqu’une cellule devient cancéreuse. Elle se met alors à se multiplier de façon anarchique, formant une tumeur capable d’envahir les tissus voisins ou de se propager à distance.

La chimiothérapie agit précisément sur cette capacité de division, ce qui explique en partie les effets secondaires observés chez certains patients.

Ce traitement est aujourd’hui utilisé dans de nombreux cancers. Mais si la chimiothérapie cible en priorité les cellules cancéreuses qui se divisent rapidement, elle peut aussi affecter certaines cellules saines. Comprendre son fonctionnement permet de mieux saisir à la fois son efficacité… et l’origine des effets indésirables qui peuvent accompagner la chimiothérapie.

La chimiothérapie est un traitement majeur du cancer, qu’il s’agisse d’un cancer du sein, d’un cancer de la prostate ou d’une leucémie. C’est un traitement médicamenteux composé d’agents anticancéreux puissants qui agissent comme un désherbant très fort : ils ciblent surtout les cellules cancéreuses qui se multiplient vite.

Selon le protocole de l’oncologue, ces médicaments de chimiothérapie peuvent être pris par voie orale (comprimés) ou, le plus souvent, par voie intraveineuse, grâce à une perfusion reliée à une chambre implantable (petit boîtier placé sous la peau pour protéger les veines).

Contrairement à la chirurgie ou à la radiothérapie, qui visent une zone précise, la “chimio” est un traitement systémique : elle circule dans tout le corps par le sang, comme un produit qui passe dans toutes les canalisations. Son objectif est de bloquer la multiplication des cellules malignes, réduire les tumeurs et limiter le risque de récidive.

Le problème, c’est que les médicaments anticancéreux sont très puissants, mais ils ne ciblent pas uniquement les cellules malades. La chimiothérapie agit sur toutes les cellules qui se multiplient rapidement, qu’elles soient cancéreuses ou saines. C’est un peu comme utiliser un produit très fort pour éliminer les mauvaises herbes : il détruit les plantes indésirables, mais peut aussi abîmer celles qui les entourent. Les tissus les plus sensibles à ce traitement sont :

  • Les follicules pileux sont touchés, ce qui peut entraîner une chute des cheveux.
  • les muqueuses du tube digestif
  • la moelle osseuse, qui fabrique les cellules sanguines.

La chimiothérapie cible les cellules qui se multiplient vite. Or, la moelle osseuse fait partie des tissus les plus sensibles à ces traitements, Quand la moelle osseuse ralentit sous l’effet de la chimiothérapie, la production des cellules sanguines baisse. Les répercussions liées à une chimiothérapie sont les suivantes :

  • La diminution des globules rouges provoque une anémie : fatigue importante, essoufflement, vertiges.
  • La baisse des plaquettes qui augmente le risque de saignements.
  • La baisse des globules blancs, notamment en cas de neutropénie, affaiblit le système immunitaire. Le patient devient alors plus exposé aux infections. L’apparition d’une fièvre isolée dans ce contexte, appelée neutropénie fébrile, constitue un signal d’alerte et nécessite une prise en charge médicale rapide.

Sur le plan digestif, l’irritation de la muqueuse par le traitement agit comme une inflammation de la paroi interne : elle peut provoquer des nausées, des vomissements, des diarrhées ou au contraire une constipation sévère, souvent avec une perte d’appétit.

La chimiothérapie peut entraîner des effets indésirables. Pour les prévenir, le médecin prescrit notamment des médicaments antiémétiques, souvent associés à des corticoïdes ou à de la cortisone, administrés avant et après la perfusion.

Le traitement provoque également une baisse des cellules sanguines, rendant le patient plus vulnérable aux infections et à la fatigue. Dans ce contexte, l’équipe médicale surveille étroitement l’évolution clinique et intervient rapidement si nécessaire.

Les médecins peuvent administrer des facteurs de croissance, des médicaments destinés à stimuler la moelle osseuse, qui produit les cellules du sang. L’objectif est d’augmenter la production de globules blancs et de globules rouges. En cas d’anémie sévère ou de chute importante des cellules sanguines, une transfusion sanguine peut être proposée.

Au quotidien, certains gestes simples peuvent aider : fractionner les repas, privilégier des aliments froids ou tièdes, maintenir une bonne hydratation et éviter toute automédication, afin de limiter les interactions médicamenteuses.

Il est également essentiel de signaler rapidement tout nouvel effet indésirable, comme des réactions allergiques, des maux de tête ou des troubles du sommeil. Cela permet à l’équipe soignante d’adapter la prise en charge.

La chimiothérapie demeure l’un des piliers du traitement des cancers. En ciblant les cellules qui se divisent rapidement, elle contribue à freiner la progression de la maladie et à réduire le risque de récidive. Une information claire, un dialogue constant et un suivi médical rigoureux sont essentiels pour traverser cette étape thérapeutique dans les meilleures conditions possibles.

À SAVOIR

En 1960, lA National Cancer Institute américain lance un programme ambitieux : trouver, dans la nature, de nouvelles molécules capables de lutter contre le cancer. Les chercheurs analysent alors des dizaines de milliers d’échantillons issus de plantes, de champignons et d’organismes marins. En 1962, une découverte change la donne. Dans les forêts de l’État de Washington, des botanistes prélèvent un morceau d’écorce sur un conifère sauvage : l’if du Pacifique (Taxus brevifolia). À ce moment-là, ils ne le savent pas encore, mais cette écorce contient une molécule qui deviendra l’un des traitements anticancéreux les plus puissants au monde.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

4 Commentaires

  1. Et les endormissement des orteils ils en parle pas et pourtant j en ai qui on apparu apres ma chimioterapie de mon cancer du sein et jamais passer merci

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