Une femme qui souffre des symptômes du Covid long.
Le Covid long touche davantage les femmes. © Freepik

Fatigue écrasante, brouillard cérébral, douleurs persistantes… Cinq ans après le pic de la pandémie, des millions de personnes vivent encore avec les séquelles du Covid-19. Derrière ce que l’on appelle désormais le « Covid long », subsiste une réalité médicale complexe, encore mal comprise, qui bouleverse durablement la vie de patients plus nombreux qu’on ne le pense et pour lesquels il n’existe pas de véritables traitements efficaces.

Le Covid-19 a quitté la une de l’actualité. Les confinements appartiennent au passé, les gestes barrières se sont effacés et la vie sociale a repris son cours. Pourtant, pour une partie de la population, l’épisode pandémique ne s’est jamais vraiment terminé.

Ces personnes vivent avec ce que les médecins appellent désormais le Covid long, c’est-à-dire la persistance de symptômes plusieurs semaines ou mois après l’infection initiale par le SARS-CoV-2. L’OMS définit ce syndrome comme la présence de symptômes trois mois après l’infection, durant au moins deux mois et sans autre explication médicale.

En France, la question concerne loin d’être marginale. Selon Santé publique France, environ 4 % des adultes déclarent avoir présenté des symptômes compatibles avec un Covid long après une infection. À l’échelle mondiale, les estimations sont encore plus impressionnantes : plusieurs centaines de millions de personnes pourraient être concernées depuis le début de la pandémie.

Fatigue, brouillard cérébral, douleurs : des symptômes déroutants

Le Covid long n’est pas une maladie unique mais plutôt un ensemble de symptômes persistants. Leur intensité et leur combinaison varient d’une personne à l’autre. Les plus fréquemment rapportés sont :

  • une fatigue intense et durable, parfois invalidante ;
  • des troubles cognitifs, souvent décrits comme un « brouillard cérébral » ;
  • un essoufflement ou des difficultés respiratoires ;
  • des douleurs musculaires ou articulaires ;
  • des troubles du sommeil ou de la concentration.

Selon une analyse publiée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, ces symptômes peuvent persister pendant des mois, voire des années dans certains cas. La fatigue, en particulier, est souvent décrite comme disproportionnée par rapport à l’effort fourni.

Le « brouillard cérébral » intrigue également les médecins. Ce terme, utilisé par les patients eux-mêmes, désigne des difficultés de mémoire, de concentration ou de langage. Des troubles qui peuvent rendre les tâches les plus simples étonnamment difficiles.

Covid long : une maladie encore mal comprise

Plusieurs années après le début de la pandémie, les mécanismes exacts du Covid long restent encore partiellement mystérieux. Les chercheurs tentent encore de comprendre pourquoi certaines personnes continuent de présenter des symptômes longtemps après l’infection initiale.

Selon l’Inserm, plusieurs pistes scientifiques sont actuellement explorées. Les travaux de recherche portent notamment sur :

  • la persistance de fragments viraux dans certains tissus de l’organisme ;
  • une réaction immunitaire prolongée, où le système immunitaire reste activé après l’infection ;
  • des micro-troubles circulatoires, liés notamment à de petits caillots sanguins ;
  • des atteintes neurologiques ou inflammatoires.

Ces pistes ne s’excluent pas mutuellement. Au contraire, certains scientifiques pensent que le Covid long pourrait correspondre à plusieurs mécanismes biologiques différents, expliquant la diversité des symptômes observés.

Quand la maladie bouleverse la vie quotidienne

Au-delà des mécanismes biologiques, le Covid long se mesure surtout dans la vie de tous les jours. Pour de nombreux patients, les symptômes persistants finissent par perturber profondément le rythme de vie.

Beaucoup déclarent avoir dû réduire leur activité professionnelle, voire s’arrêter temporairement de travailler. Plusieurs difficultés reviennent régulièrement :

Pour s’adapter, certains patients adoptent ce que l’on appelle le « pacing » : une manière de gérer son énergie en alternant activités et temps de repos afin d’éviter l’épuisement.

Le Covid long peut aussi avoir des répercussions sociales et psychologiques. La maladie est souvent invisible. Les personnes concernées paraissent en bonne santé, alors même qu’elles vivent avec des symptômes parfois très handicapants. Une situation qui peut rendre la maladie difficile à expliquer, et parfois à faire reconnaître.

Au début de la pandémie, le Covid long a parfois été accueilli avec scepticisme. Les symptômes variés et l’absence d’examens diagnostiques spécifiques rendaient la situation difficile à appréhender. Mais la reconnaissance médicale du Covid long s’est progressivement affirmée.

En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié dès 2021 des recommandations destinées aux professionnels de santé pour la prise en charge des patients présentant des symptômes persistants après un Covid-19.

Ces recommandations insistent notamment sur :

  • l’écoute attentive des patients ;
  • une évaluation multidisciplinaire ;
  • la rééducation adaptée, respiratoire ou physique si nécessaire ;
  • l’accompagnement psychologique lorsque les symptômes affectent la qualité de vie.

Dans plusieurs régions, des consultations spécialisées post-Covid ont également été mises en place dans des centres hospitaliers afin d’orienter les patients vers les soins les plus appropriés.

Même si aucun traitement unique n’existe aujourd’hui, la recherche progresse. Plusieurs essais cliniques explorent actuellement différentes approches : 

  • antiviraux, 
  • médicaments anti-inflammatoires,
  • thérapies ciblant certaines réponses immunitaires.

Le vaste programme de recherche RECOVER, lancé aux États-Unis et financé par les National Institutes of Health (NIH), vise par exemple à mieux comprendre les mécanismes biologiques du Covid long et à identifier des traitements potentiels.

En France, l’Inserm participe également à plusieurs projets européens destinés à mieux caractériser cette maladie et ses facteurs de risque.

L’un des enjeux majeurs est de déterminer quels patients sont les plus susceptibles de développer un Covid long et pourquoi.

Pour les spécialistes, le Covid long n’est pas un phénomène totalement inédit. D’autres infections virales peuvent également laisser des symptômes persistants longtemps après la guérison.

C’est notamment le cas de certains syndromes post-viraux, observés après différentes infections. Par exemple :

  • la mononucléose, provoquée par le virus Epstein-Barr, peut entraîner une fatigue durable chez certaines personnes ;
  • certaines infections grippales ou virales peuvent aussi laisser des troubles prolongés, comme des douleurs ou un épuisement persistant.

Dans ces situations, les patients peuvent continuer à ressentir fatigue, troubles cognitifs ou douleurs diffuses pendant plusieurs mois.

Ces maladies post-virales restent encore imparfaitement comprises. Mais pour de nombreux chercheurs, le Covid long a eu pour effet de remettre en lumière ces syndromes souvent invisibles et longtemps sous-étudiés.

À SAVOIR 

La vaccination contre le Covid-19 pourrait réduire le risque de développer un Covid long. Selon plusieurs analyses citées par Santé publique France (2023), les personnes vaccinées avant l’infection présentent globalement un risque plus faible de symptômes persistants.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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