Une jeune femme souffrant de claustrophobie dans un ascenseur.
"C'était horrible, je n'arrivais plus à respirer". Laura, 24 ans, se souvient de sa crise de panique, coincée dans un ascenseur. Comme elle, environ 5 % de la population souffre de claustrophobie.

La peur des espaces clos – ou plutôt de ce qui pourrait s’y produire – est une angoisse répandue. Phobie spécifique ? Trouble anxieux ? Manifestation d’une détresse profonde ? Lorsqu’elle limite sérieusement le quotidien, on parle de claustrophobie. Le point, avec le concours d’Océane Girard, psychologue clinicienne à Sallanches (Haute-Savoie).

La claustrophobie est l’une des phobies les plus courantes. Selon les études, environ 5 % de la population en souffrirait. Cette peur intense se déclenche dans les lieux exigus et confinés : ascenseurs, caves, tunnels, rames de métro, pièces sans fenêtres, voire lors d’un examen IRM. Pendant le confinement, de nombreux médecins ont tiré la sonnette d’alarme pour prendre en compte ces cas.

Ces angoisses peuvent perturber la vie quotidienne mais il est possible de les atténuer voire de s’en débarrasser. Pour cela, il faut comprendre cette phobie. Quelles sont les causes de la claustrophobie ? Quels traitements peuvent être envisagés ? Et surtout, quelles solutions permettent de s’en libérer ?

Les scientifiques s’accordent sur plusieurs facteurs qui contribuent au développement de la claustrophobie :

Les traumatismes passés : un événement marquant, tel qu’un enfermement accidentel ou une punition durant l’enfance, peut laisser une empreinte durable et conditionner la peur.

L’influence des gènes et de l’environnement : certaines études suggèrent que la claustrophobie pourrait être héréditaire. Aussi, des parents anxieux ou une éducation ultra-protectrice pourraient augmenter le risque de développer cette phobie.

Un dérèglement du cerveau : l’amygdale est la partie du cerveau qui régule la peur. Elle est hyperactive chez les personnes claustrophobes. Résultat : un signal d’alarme disproportionné face à une situation qui n’est, en réalité, pas dangereuse.

Ces éléments permettent d’éclairer les causes de la claustrophobie, première étape indispensable pour mettre en place un traitement adapté.

La claustrophobie n’est pas une simple appréhension, elle prend toute la place et se manifeste par une série de réactions physiques et psychologiques, parfois brutales :

Les réactions physiques : palpitations, sueurs, frissons, bouffées de chaleur, sensations d’étouffement, hyperventilation, oppression thoracique, nausées ou vertiges sont couramment rapportés lors d’une crise.

Les réactions psychologiques : une peur intense de perdre le contrôle, de s’évanouir voire de mourir peut envahir l’esprit de la personne concernée.

Les réactions comportementales : pour prévenir ces sensations désagréables, les personnes atteintes de claustrophobie peuvent mettre en place des stratégies de contournement des situations potentiellement anxiogènes. Cela peut véritablement restreindre le quotidien : évitement des ascenseurs, avions, transports en commun, etc.

La claustrophobie n’est pas une fatalité : plusieurs approches thérapeutiques ont démontré leur efficacité. Comprendre les causes et traitements de la claustrophobie permet d’orienter les soins.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : cette méthode vise à identifier et modifier les pensées irrationnelles liées à la peur, tout en exposant progressivement le patient aux situations redoutées pour diminuer l’anxiété.

Les techniques de relaxation : la méditation, la respiration profonde ou la sophrologie peuvent aider à gérer les symptômes en favorisant un état de calme.

La réalité virtuelle : utilisées notamment en TCC, de nouvelles pratiques utilisent les technologies avec des résultats encourageants. En effet, grâce à des environnements simulés (par exemple un ascenseur), les patients peuvent être immergés dans leurs peurs de manière graduelle afin de les contrôler. Cela permet une désensibilisation progressive.

Dans certains cas, un traitement médicamenteux est nécessaire, mais il doit toujours être prescrit et suivi par un professionnel de santé. Les personnes atteintes de claustrophobie peuvent avoir la sensation d’être enfermées, pourtant grâce à ces solutions, il est tout à fait possible de la surmonter et de retrouver une vie sereine.

Rédaction : Jeanne Thouverez

À SAVOIR

Si les ascenseurs sont souvent équipés de miroir, ce n’est pas seulement un choix esthétique : en donnant l’illusion d’agrandir l’espace, ou en détournant l’attention, ils rassurent leurs passagers et réduisent les angoisses, notamment celles des claustrophobes !

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