
Depuis le 1er septembre 2025, tous les bébés français bénéficient d’un dépistage élargi à trois nouvelles pathologies graves : l’amyotrophie spinale, les déficits immunitaires combinés sévères et le déficit en VLCAD. Une avancée majeure qui porte à 16 le nombre de maladies rares détectées à la naissance.
C’est une petite révolution qui se joue depuis ce 1er septembre dans toutes les maternités de France. Désormais, le programme national de dépistage néonatal couvre 16 pathologies dépistées, contre 13 auparavant. Trois nouvelles maladies viennent s’ajouter à cette liste qui peut changer le destin de milliers d’enfants.
Le principe reste le même : une simple prise de sang réalisée entre le 3e et le 5e jour de vie permet de détecter ces pathologies avant même l’apparition des premiers symptômes. Cette extension s’inscrit dans le 4ème plan maladies rares 2025-2030. Elle répond à une demande de longue date des associations de patients et des professionnels de santé. Car si la France rattrape enfin son retard, d’autres pays comme les États-Unis, l’Allemagne ou la Belgique avaient déjà franchi le pas bien avant.
Trois nouvelles pathologies dans le viseur médical
L’amyotrophie spinale : la plus fréquente et la plus redoutable
Parmi ces trois nouvelles maladies dépistées, l’amyotrophie spinale (SMA) est la plus fréquente, touchant un bébé sur 7 000. Cette maladie génétique particulièrement cruelle se caractérise par une dégénérescence neuromusculaire irréversible.
Causée dans la majorité des cas par une anomalie du gène SMN1, elle s’attaque progressivement aux cellules nerveuses qui commandent les muscles. Le tableau clinique varie selon la forme. Mais dans ses formes les plus sévères, elle tue avant ses deux ans l’enfant atteint, avec rapidement l’apparition de difficultés respiratoires majeures.
Jusqu’à présent, le délai médian diagnostique de la SMA était compris entre 3 et 5 mois environ après la naissance. Un délai souvent fatal car les dégâts neurologiques sont alors déjà irréversibles.
Les déficits immunitaires combinés sévères : des bébés sans défenses
Les déficits immunitaires combinés sévères (DICS) représentent le deuxième fléau intégré au dépistage. Cette maladie, touchant environ un bébé sur 63 500 naissances, affaiblit fortement les défenses immunitaires des nourrissons, les rendant vulnérables à des infections graves.
Ces enfants naissent pratiquement sans système immunitaire fonctionnel. Résultat, le moindre microbe devient un ennemi mortel. Sans diagnostic précoce, ces bébés développent rapidement des infections opportunistes qui peuvent être fatales. Heureusement, une greffe précoce de moelle osseuse peut sauver l’enfant. Mais là encore, tout se joue dans les premiers mois de vie. D’où l’importance d’un dépistage précoce.
Le déficit en VLCAD : un trouble métabolique sournois
Moins connu du grand public, le déficit en acyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à très longue chaîne (VLCAD) touche 1 cas sur 100 000 naissances. Cette pathologie empêche de décomposer certains lipides, provoquant des troubles métaboliques potentiellement graves.
Concrètement, les enfants atteints ne peuvent pas transformer correctement certaines graisses en énergie, particulièrement lors d’efforts ou de jeûnes prolongés. Sans prise en charge, cette pathologie peut provoquer des hypoglycémies sévères, des troubles cardiaques ou hépatiques, voire le décès de l’enfant. Mais diagnostiqué précocement, une alimentation adaptée permet de vivre normalement.
Des résultats encourageants grâce aux études pilotes
Cette généralisation du dépistage s’appuie sur des résultats probants obtenus lors d’études pilotes menées ces dernières années. Pour l’amyotrophie spinale notamment, sur 133 000 nourrissons dépistés, 11 étaient porteurs de la maladie et 8 d’entre eux ont pu être traités et sauvés.
En d’autres termes, sans ce dépistage précoce, ces huit enfants auraient probablement développé les formes les plus sévères de la maladie, avec un pronostic vital sombre. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles thérapies et à une détection ultra-précoce, les thérapies géniques peuvent donc améliorer considérablement le pronostic.
À SAVOIR
Aux États-Unis, plus de 60 pathologies font l’objet d’un dépistage néonatal systématique. L’Allemagne, la Belgique ou encore l’Australie avaient déjà intégré l’amyotrophie spinale à leurs programmes nationaux.







