Un bébé nourri avec des petits pots de la marque HiPP, actuellement suspectés d’être contaminés à la mort-aux-rats.
Pour l’heure, aucune inquiétude particulière en France, la contamination semble à ce stade très localisée. © Freepik

Samedi 18 avril, des petits pots pour bébés de la marque HiPP ont été rappelés en urgence dans plus de 1 000 magasins SPAR en Autriche, après la découverte présumée d’un raticide dans au moins un produit destiné aux nourrissons. S’agit-il d’un problème dans la chaîne industrielle, d’un acte isolé, d’un danger plus large ? Le point. 

En Autriche, plusieurs références de petits pots pour bébés de la marque HiPP ont fait l’objet d’un rappel d’urgence après la découverte présumée d’un raticide dans au moins un produit commercialisé en grande distribution. 

L’alerte, relayée par les autorités sanitaires et les enseignes concernées, vise des aliments destinés aux nourrissons à partir de 5 mois.“Un échantillon du produit saisi a été analysé samedi après-midi et s’est révélé positif à la mort-aux-rats”, précise la police du Burgenland, une province autrichienne de l’Est.

Selon les premiers éléments de l’enquête, une substance toxique assimilée à de la mort-aux-rats aurait été détectée lors d’analyses menées sur un pot signalé. Les autorités autrichiennes privilégient à ce stade l’hypothèse d’un acte malveillant intervenu après la fabrication, plutôt qu’un défaut industriel sur la chaîne de production.

Le rappel a été déclenché par mesure de précaution dans plusieurs centaines de points de vente, afin de retirer les produits potentiellement concernés et de permettre les vérifications nécessaires. À ce jour, aucun rappel généralisé n’a été annoncé en France. Mais quels sont les risques pour les tout-petits ?

Le produit mentionné dans les premières alertes est un petit pot salé destiné aux bébés à partir de 5 mois. Il s’agit d’un aliment de diversification, c’est-à-dire proposé au moment où l’enfant commence à découvrir autre chose que le lait.

Les autorités autrichiennes soupçonnent non pas un défaut de fabrication classique, mais un acte malveillant intervenu après production, possiblement sur la chaîne logistique ou en magasin. 

Dans une contamination industrielle, le problème provient souvent :

  • d’une erreur de recette,
  • d’un allergène non déclaré,
  • d’un défaut microbiologique,
  • d’un incident sur une ligne de production.

Ici, l’hypothèse évoquée est celle d’un sabotage ciblé. 

La mort-aux-rats regroupe peut contenir des anticoagulants rodenticides, qui empêchent le sang de coaguler correctement et peuvent provoquer des hémorragies.

Selon l’ANSES, les rodenticides anticoagulants représentent une part importante des intoxications accidentelles liées aux produits antiparasitaires domestiques. Les jeunes enfants font partie des populations particulièrement exposées, car ils explorent leur environnement avec les mains… puis la bouche.

Chez un bébé, la vigilance est d’autant plus forte que :

  • le poids corporel est faible ;
  • certaines doses toxiques peuvent donc être atteintes plus rapidement ;
  • les symptômes ne sont pas toujours immédiatement visibles.

Tout dépend de la substance exacte, de la quantité absorbée et du délai de prise en charge. Selon les Centres antipoison français, les signes possibles en cas d’exposition à certains rodenticides peuvent inclure :

  • vomissements,
  • somnolence,
  • irritabilité,
  • saignements inhabituels,
  • ecchymoses (bleus) inexpliqués,
  • malaise.

Mais certaines intoxications restent silencieuses au début. L’absence de symptôme immédiat ne suffit donc pas toujours à rassurer.

En cas de doute, contactez un médecin, un service d’urgence ou un centre antipoison le plus rapidement possible.

À ce jour, aucune autorité française n’a annoncé de rappel généralisé concernant les produits HiPP vendus en France dans le cadre de cette affaire.

En France, les rappels alimentaires officiels sont centralisés sur la plateforme gouvernementale RappelConso, pilotée notamment par la DGCCRF. Lorsqu’un produit présente un risque avéré pour les consommateurs, il y est publié avec :

  • la référence précise,
  • le lot concerné,
  • la nature du risque,
  • la conduite à tenir.

En l’absence de fiche publiée sur cette plateforme, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que les produits commercialisés en France sont concernés.

Commencez par identifier précisément le produit

Tous les petits pots de la marque HiPP ne sont pas concernés automatiquement. Dans cette affaire, les autorités autrichiennes ont cité un petit pot salé de la marque HiPP destiné aux bébés à partir de 5 mois, commercialisé au format 190 g. La recette mentionnée dans les premières alertes correspond à une préparation carottes / pommes de terre.

Si vous avez un produit de cette marque chez vous, regardez attentivement :

  • le nom exact de la recette ;
  • le grammage (ici 190 g pour le produit cité) ;
  • l’âge indiqué sur l’étiquette (à partir de 5 mois) ;
  • le numéro de lot ;
  • la date limite de consommation ;
  • le pays d’achat.

Un petit pot acheté en France ne relève pas forcément du même circuit logistique qu’un produit acheté en Autriche, en Allemagne ou en Belgique.

Vérifiez les informations auprès des sources officielles

En cas de doute, mieux vaut éviter les captures d’écran partagées sur les réseaux sociaux ou les messages alarmistes transférés dans les groupes familiaux. Pour la France, la référence officielle reste RappelConso, mise en place par les pouvoirs publics. Elle précise :

  • les produits concernés ;
  • les lots visés ;
  • la nature du risque ;
  • la conduite à tenir ;
  • les modalités de remboursement ou de retour.

Si le produit a été acheté à l’étranger, il faut consulter le site des autorités sanitaires du pays concerné ou les informations publiées par l’enseigne distributrice.

Inspectez l’emballage avant toute utilisation

Même en dehors d’un rappel, certains signes doivent inciter à la prudence avec un petit pot pour bébé. Avant ouverture, vérifiez :

  • que le couvercle est bien scellé ;
  • qu’il n’est ni bombé, ni déformé ;
  • qu’aucune fuite n’est visible ;
  • que le verre n’est ni fendu ni ébréché ;
  • que l’étiquette semble intacte et cohérente.

À l’ouverture, un couvercle de petit pot doit généralement produire un léger “pop”, signe du vide d’air. L’absence totale de résistance peut traduire une rupture de l’étanchéité.

Après ouverture, méfiance également en cas :

  • d’odeur inhabituelle ;
  • de texture anormale ;
  • de changement de couleur ;
  • de présence de particules inattendues.

Dans le doute, mieux vaut ne pas servir le produit.

Votre enfant a consommé des produits de cette marque ? Agissez vite !

Si le petit pot a déjà été donné à l’enfant et que vous découvrez ensuite l’alerte, voici la marche à suivre :

  • Conservez le pot et son couvercle : ils pourront être utiles pour identifier le lot ou analyser le produit.
  • Ne faites pas vomir l’enfant : cette pratique est déconseillée sans avis médical.
  • Surveillez les signes inhabituels : somnolence, vomissements, refus de boire, pâleur, saignements, comportement inhabituel.
  • Contactez rapidement un professionnel de santé ou un centre antipoison : en France, les centres antipoison sont accessibles 24h/24 et peuvent orienter la conduite à tenir selon l’âge de l’enfant et le produit suspecté.

Si le bébé présente un malaise, des difficultés respiratoires ou un symptôme inquiétant, il faut appeler les urgences sans attendre.

À SAVOIR 

Cette alerte survient après d’autres rappels dans l’alimentation infantile. Depuis décembre, Nestlé, Danone et Lactalis ont retiré des laits infantiles dans plus de 60 pays en raison d’un risque lié à la céréulide, une toxine pouvant provoquer des troubles digestifs et impliquée dans plusieurs décès de nourrissons.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentCovid : les plus fragiles appelés à se faire vacciner dès aujourd’hui
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici