
À l’initiative de l’URPS Médecins Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes, près de trois cents professionnels de santé ont assisté à un colloque inédit sur la nocivité des écrans pour nos enfants. Une mobilisation inter-URPS remarquable pour une problématique majeure de santé publique.
Les écrans occupent une place de plus en plus importante – voire envahissante – dans le quotidien de nos enfants. Avec, à la clé, de multiples pathologies sous-jacentes : troubles du langage, impacts visuels, difficultés attentionnelles, conséquences motrices ou sur le sommeil… Bref, les effets potentiels sont multiples, néfastes, et concernent la plupart des professions de santé.
Face à ce constat, l’URPS Médecins Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes a organisé fin avril 2026 un colloque autour du thème : « Regards croisés sur les écrans chez l’enfant ». Une initiative inédite mais de bon aloi si l’on en juge par la mobilisation exceptionnelle enregistrée lors de cette matinée d’échanges inter-URPS.
Près de trois cents professionnels de santé, dont une centaine en présentiel, ont ainsi assisté aux différentes tables rondes, preuve de l’intérêt suscité par cette problématique à la fois sociétale et de santé publique.

La prévention, une priorité
« L’impact des écrans sur les enfants est impressionnant et inquiétant. Tous les intervenants à ce colloque en ont convenu à travers leurs retours d’expérience et la prise en charge de jeunes patients en grande difficultés en raison d’une exposition excessive aux écrans », explique le Dr Jean Stagnara. Promoteur de ce colloque, le pédiatre lyonnais anime depuis plusieurs années un groupe de travail sur le sujet, démarche collective concrétisée par une fiche conseils sur le site Pédiasanté.
Dans une dimension pluridisciplinaire, ce colloque bénéficiait de l’expertise de nombreux professionnels de santé libéraux (pédiatre, orthoptiste, orthophoniste, sage-femme, pédopsychiatre, kinésithérapeute, pédicure-podologue…) afin partager les connaissances actuelles et renforcer les actions de prévention auprès des familles.
« L’exposition aux écrans peut générer d’importantes difficultés d’acquisition du langage, en raison notamment du manque d’interaction généré entre le parent et son enfant.
Il est très important de croiser les regards des différentes professions. Nos approches sont complémentaires et favorisent une prévention plus large dans nos cabinets et une meilleure sensibilisation de nos patients », insiste Charlotte Ollagnon, orthophoniste au Puy-en-Velay (Haute-Loire) et secrétaire de l’URPS orthophoniste AuRA.
« Nous recevons de plus en plus d’enfants avec des troubles et des retards liés à un usage précoce des écrans. Ils induisent notamment des difficultés de fixation qui, plus tard, ont un vrai retentissement sur la lecture », s’inquiète Laurence Delaire Vourlat, orthoptiste à Villeurbanne et présidente de l’URPS Orthoptistes AuRA.
« Lors de ce colloque, le regard croisé de nombreux praticiens a confirmé le caractère nocif de l’exposition excessive aux écrans sur le comportement et l’apprentissage des enfants. En qualité de professionnels de santé, c’est notre devoir de tirer la sonnette d’alarme et d’insister sur l’importance de la prévention. Cela passe par davantage d’interactivité entre parents et enfants et un combat incessant contre la sédentarité », conclut le Dr Filley-Bernard, présidente de l’URPS Médecins Libéraux AuRA.
À SAVOIR
Cet article a été rédigé à la demande de l’un de nos partenaires santé.







