Un enfant hospitalisé à cause de la grippe.
Les formes graves de la grippe restent rares chez les enfants, mais elles peuvent survenir, surtout chez les nourrissons et les enfants à risque. © Freepik

Un bref répit après les fêtes de fin d’année… On y a cru. Mais les derniers chiffres de surveillance de Santé Publique France montrent que la grippe n’a pas dit son dernier mot, et c’est chez les enfants de moins de 15 ans que l’activité virale se fait à nouveau sentir le plus fortement. On fait le point.

À la fin du mois de décembre, les indicateurs de surveillance de la grippe semblaient enfin donner un peu d’air. Les consultations pour syndrome grippal reculaient en médecine de ville, les passages aux urgences diminuaient, et le premier pic épidémique de l’hiver paraissait dépassé. Pour beaucoup, le scénario semblait écrit d’avance avec une montée progressive à l’approche des fêtes, un sommet autour de Noël, puis un reflux lent mais continu au cœur de l’hiver.

Les autorités sanitaires, elles, sont restées prudentes. Une baisse observée pendant les vacances scolaires ne signe jamais la fin définitive d’une épidémie, et la possibilité d’un deuxième temps épidémique était déjà envisagée. Et les derniers chiffres leur donnent raison. Selon Santé publique France, les indicateurs repartent à la hausse, avec une reprise particulièrement marquée chez les enfants

Depuis la mi-janvier, les indicateurs repartent à la hausse. Dans son rapport du 14 janvier 2026, Santé publique France fait état d’une augmentation des consultations pour syndrome grippal, une tendance jugée « particulièrement marquée chez les enfants de moins de 15 ans ».

Entre le 5 et le 11 janvier, le taux de consultations en médecine de ville est passé de 233 à 256 pour 100 000 habitants, après deux semaines de baisse. Une hausse modérée, mais suffisante pour confirmer que la circulation du virus reste active, malgré le premier pic déjà franchi. L’agence sanitaire précise que la survenue d’un deuxième pic épidémique au cours de l’hiver ne peut être exclue. 

La rentrée scolaire, carburant du rebond

Dès la reprise des cours début janvier, le virus retrouve un environnement idéal pour circuler. Écoles, collèges, crèches et transports scolaires concentrent des contacts rapprochés, répétés et prolongés, autant d’occasions pour un virus respiratoire de se transmettre.

Chaque hiver ou presque, le même scénario se répète. Les vacances scolaires agissent comme un frein mécanique à la transmission. Puis, à la rentrée, les chaînes de contamination se reconstituent, d’abord chez les enfants, avant de s’étendre progressivement aux autres classes d’âge.

Ce phénomène est largement documenté dans la littérature scientifique : la reprise scolaire est associée à une augmentation rapide de la transmission de la grippe, tandis que la fermeture des écoles contribue à l’inflexion saisonnière des courbes.

Pourquoi les enfants sont-ils touchés en premier ?

Les enfants occupent une place centrale dans la dynamique de transmission de la grippe. Plusieurs facteurs se conjuguent.

  • La densité des contacts : à l’école, les enfants partagent des espaces clos pendant plusieurs heures par jour : salles de classe, cantines, cours de récréation. Les interactions sont constantes et rapprochées.
  • Les gestes barrières restent imparfaits, surtout chez les plus jeunes. Se laver les mains régulièrement, tousser dans son coude ou éviter de partager des objets n’est pas toujours instinctif.
  • Leur immunité est encore en construction : les enfants ont été exposés à moins de saisons grippales que les adultes et disposent d’une mémoire immunitaire plus limitée. Ils attrapent plus facilement le virus et peuvent le transmettre plus longtemps.

Un rebond chez les enfants, mais des formes graves chez les anciens 

Les données disponibles montrent que les hospitalisations et les passages aux urgences continuent globalement de diminuer, malgré la hausse des consultations pédiatriques.

Les formes graves de la grippe restent très majoritairement concentrées chez les personnes âgées de plus de 65 ans et les personnes à risque. Les enfants représentent une part limitée des hospitalisations et des complications sévères, même s’ils constituent un réservoir important de transmission.

Cela ne signifie pas que la situation doit être prise à la légère, mais plutôt qu’il s’agit d’un signal de circulation virale, plus que d’un signal de gravité.

Cette saison est dominée par les virus Influenza A, en particulier les sous-types A(H1N1) et A(H3N2). Parmi eux, les autorités sanitaires surveillent de près un sous-clade du virus A(H3N2), appelé clade K, actuellement bien présent en France et en Europe.

Sans être associé à des formes plus graves, ce variant se distingue par une forte capacité de diffusion, notamment dans les milieux scolaires. Il pourrait ainsi contribuer à la reprise observée chez les enfants après les vacances, dans un contexte où l’immunité collective reste incomplète.

Plus largement, une épidémie de grippe ne suit pas toujours une trajectoire linéaire. Des vagues successives sont fréquentes, surtout lorsque plusieurs sous-types circulent en parallèle et que les comportements sociaux évoluent au fil de l’hiver.

À la maison comme à l’école, quelques réflexes simples peuvent faire la différence pour limiter la circulation du virus :

  • Garder son enfant à la maison en cas de fièvre, de toux marquée ou de grande fatigue, afin d’éviter de contaminer les autres.
  • Consulter un professionnel de santé si les symptômes persistent, si la fièvre est élevée ou si l’enfant présente un facteur de risque.
  • Penser à la vaccination antigrippale, en particulier pour les enfants fragiles et leur entourage.
  • Maintenir les gestes d’hygiène essentiels : lavage fréquent des mains, aération régulière des pièces, utilisation de mouchoirs jetables.

La vaccination antigrippale reste utile, même en cours de saison, même avec l’émergence du variant K. 

À SAVOIR

Selon les données de Santé publique France et de la Haute Autorité de santé, un enfant peut transmettre le virus dès 24 heures avant l’apparition des symptômes et jusqu’à 7 jours après, parfois davantage chez les plus jeunes.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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