Une équipe de soignants qui continue d'accueillir des cas de grippe, parfois sévères.
Les autorités sanitaires n’excluent pas la possibilité d’un deuxième pic de grippe. © Freepik

Le premier pic de grippe semble passé, selon Santé publique France, qui confirme une baisse des consultations depuis quelques jours. Mais l’épidémie reste active et les hospitalisations continuent d’augmenter. Les experts de l’Institut Pasteur n’excluent pas une reprise de la circulation du virus. Faut-il alors craindre un deuxième pic, ou s’agit-il simplement de la fin progressive de l’épidémie ?

Selon les derniers chiffres de Santé publique France, la France a très probablement franchi un premier pic épidémique entre la fin décembre et les premiers jours de janvier, contrairement aux premières prévisions.

En semaine 1 (du 29 décembre 2025 au 4 janvier 2026), le taux de consultations pour syndrome grippal en médecine de ville s’établissait à 243 pour 100 000 habitants, contre 252 pour 100 000 la semaine précédente, signe d’un début de reflux survenu plus tôt qu’escompté. Même tendance du côté des urgences, avec 4,5 % des passages liés à la grippe, en légère baisse.

Une bonne nouvelle, donc ? En réalité, derrière cette apparente accalmie, l’épidémie reste bien installée. Plus de 16 000 passages aux urgences pour syndrome grippal ont encore été recensés en une semaine, et, surtout, les hospitalisations continuent d’augmenter, touchant en priorité les personnes âgées.

Toutes les régions métropolitaines sont encore en phase épidémique, et la circulation virale demeure intense, avec une co-circulation de plusieurs souches du virus influenza et du variant K.

Pic épidémique : un rebond possible, mais pas certain

Les données de surveillance actuelles confirment que l’épidémie de grippe est toujours active en France, avec une circulation élevée du virus, particulièrement chez les personnes âgées, malgré une décrue observée dans les consultations de ville et aux urgences.

Santé publique France note que l’activité reste modérée à élevée chez les moins de 65 ans et très élevée chez les 65 ans et plus, et que toutes les régions métropolitaines sont encore en phase épidémique. Cela signifie que la grippe continue de circuler de manière intense, même si le premier pic semble derrière nous.

Les modélisations réalisées par l’Institut Pasteur et Santé publique France montrent que certains scénarios envisageaient une reprise de la circulation virale après les vacances de Noël et surtout en janvier, tandis que d’autres prévoient une décroissance continue. Autrement dit, un deuxième pic n’est pas exclu, mais il n’est pas garanti non plus.

Un deuxième pic pourrait concerner davantage les formes graves

Si un deuxième pic devait se produire, il ne ressemblerait pas forcément à la première vague épidémique, qui s’est matérialisée par une forte augmentation des consultations en ville et des passages aux urgences. Cette fois, la reprise pourrait être plus visible par une augmentation des hospitalisations et des complications, surtout chez les personnes fragiles.

D’une part, certaines personnes, notamment les personnes âgées ou immunodéprimées, peuvent développer une infection sévère plus tard dans l’hiver, même après la décrue des cas bénins.

D’autre part, les données montrent que même lorsque les indicateurs de ville ralentissent, l’hôpital continue parfois de voir une progression des formes graves, ce qui traduit un décalage temporal entre infection initiale et aggravation clinique. 

Plusieurs virus circulent en même temps : la saison “co-circulation”

La grippe est une famille composée de plusieurs virus capables de circuler simultanément. En cette saison 2025-2026, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies décrit une saison dominée par les virus influenza A, avec une co-circulation marquée de A(H3N2) et de A(H1N1).

Cette co-circulation complique la dynamique épidémique. Lorsque plusieurs virus circulent en parallèle, l’épidémie ne progresse pas toujours en une seule vague nette. Elle peut évoluer par paliers, avec des phases de ralentissement suivies de reprises, parfois régionales, parfois différées dans le temps.

Alors, même si une souche commence à reculer, une autre peut continuer à se diffuser, alimentant un niveau de circulation global encore élevé.

La corculation du virus A(H3N2), ou “sous-clade K”

Parmi les virus en circulation, A(H3N2) occupe une place particulière cet hiver. Selon les analyses virologiques, une large part des virus A(H3N2) identifiés appartient à ce que les spécialistes appellent le “sous-clade K”. Le sous-clade K présente des caractéristiques antigéniques légèrement différentes de la souche A(H3N2) incluse dans le vaccin de cette saison.

Conséquence directe, le vaccin reste utile, mais son efficacité contre l’infection peut être plus modérée, et, surtout, la saison devient moins prévisible. 

Lorsqu’un virus dominant présente des différences par rapport aux souches de référence, l’épidémie peut durer plus longtemps, avec une circulation persistante même après un premier pic. Ce type de configuration a déjà été observé lors de précédentes saisons dominées par A(H3N2), souvent associées à des vagues prolongées, en particulier chez les personnes âgées.

Vacances, reprises d’écoles, vie sociale : la transmission change de vitesse

Les prévisions conjointes de l’Institut Pasteur et de Santé publique France montrent que les vacances scolaires ont un effet clair sur la transmission de la grippe. Moins d’écoles ouvertes, ce sont moins de contacts entre enfants, et donc une baisse temporaire de la diffusion du virus dans la population générale.

Mais cette baisse est rarement définitive. Lorsque les écoles rouvrent, comme ce fut le cas il y a une semaine, et que la vie sociale reprend son rythme habituel, la transmission peut repartir. D’abord les infections, puis les consultations, et enfin, une à deux semaines plus tard, les passages aux urgences et les hospitalisations.

Selon les données préliminaires publiées par Santé publique France, le vaccin contre la grippe réduit cette saison d’environ 36,5 % le risque d’infection, tous âges confondus. Mais pourquoi est-il moins efficace cette année ? 

D’abord parce que le virus de la grippe évolue sans cesse. Le vaccin est conçu plusieurs mois à l’avance, et cette année, la circulation d’un virus A(H3N2) légèrement différent de la souche vaccinale explique en partie cette efficacité dite “modérée”.

Surtout, ce chiffre mesure la protection contre l’infection, pas contre les formes graves. Or, en santé publique, l’enjeu principal est de limiter les hospitalisations et les complications, notamment chez les personnes âgées, les malades chroniques et les personnes fragiles. Même lorsqu’il n’empêche pas totalement la grippe, le vaccin réduit le risque de développer une forme sévère.

À SAVOIR 

Avoir eu la grippe une première fois ne protège pas forcément pour le reste de l’hiver. Plusieurs virus de la grippe peuvent circuler en même temps. On peut donc encore tomber malade plus tard dans la saison, même après un premier épisode.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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