Un jeune homme tenté de voire de l'alcool en plein défi du dry January.
Et si, le temps de quatre petites semaines, vous leviez le pied sur l'alcool ? Un délai suffisant pour en mesurer les bienfaits... © Freepik

Non, le Dry January n’est pas un simple effet de mode destiné à nous déculpabliser après les fêtes. Une étude française, pilotée par le Service Universitaire d’Addictologie de Lyon, a suivi plus de 2100 participants français durant le Dry January 2024. Et elle confirme clairement tous les bienfaits du défi annuel du mois sans alcool, entre amélioration du sommeil et effets sur la santé mentale.

Selon le Centre hospitalier Le Vinatier, établissement lyonnais spécialisé en psychiatrie, il s’agirait de la toute “première évaluation approfondie du Dry January en France”. Et ses résultats ne souffrent d’aucune contestation : oui, le fameux défi du mois sans alcool présente de véritables bénéfices sur la santé, et notamment sur la qualité du sommeil et sur la santé mentale.

Né au Royaume-Uni il y a un peu plus de dix ans, le Dry January n’est donc pas qu’une enième tendance pseudo-thérapeutique véhiculée sur les réseaux sociaux. À l’origine, cette initiative lancée par une ONG britannique avait pour ambition première d’améliorer la sensibilisation concernant les effets liés à la consommation d’alcool sur la santé.

Rapidement popularisé, notamment en France, ce défi collectif porte donc ses fruits, puisque la communauté scientifique s’en est emparé pour confirmer les bienfaits d’une réduction de la consommation d’alcool.

“Participer au Dry January aurait des effets positifs rapides sur la santé”, annonce le Vinatier dans un communiqué publié ce lundi 5 janvier, à l’aube du fameux mois sans alcool. L’hôpital psychiatrique lyonnais, tout comme les Hospices Civils de Lyon, a participé à l’étude Janover, pilotée en 2024 par le Service Universitaire d’Addictologie de Lyon.

L’étude avait déjà permis un premier focus dédié au Dry January, publié en janvier 2025 et valorisant principalement une participation croissante des jeunes au défi. De nouvelles interprétations, publiées en ce début janvier 2026 et portant sur le suivi de 2123 adultes engagés dans le défi 2024, sont donc venues aussi confirmer ses bénéfices santé.

Premier enseignement mis en avant, le bon suivi du défi, qui témoigne d’une motivation décuplée en ces temps de froid et de grisaille, ce qui est loin d’être neutre sur le plan du moral. Plus d’une personne sur deux réussit ainsi le challenge : “57 % des participants ont déclaré n’avoir consommé aucun alcool pendant tout le mois de janvier. La réussite repose avant tout sur un facteur clé : se fixer dès le départ un objectif clair de non-consommation. Cet engagement initial multiplie par trois les chances de tenir le défi”

Mais les principaux bienfaits sont avant tout physiques, chez ceux qui stoppent, et même chez ceux qui réduisent simplement leur consommation d’alcool : “les effets positifs apparaissent en quelques semaines seulement. Le bénéfice le plus marqué concerne le sommeil: la proportion de participants déclarant une très bonne qualité de sommeil a presque triplé. La santé mentale progresse également, avec une amélioration du bien-être et de la confiance en soi”.

Pour les chercheurs, ces conclusions doivent avant tout servir de support à la prévention, notamment dans les pays, comme la France, où la consommation d’alcool reste élevée : “peu coûteux, facilement déployable et accessible au plus grand nombre, le Dry January apparaît comme un levier efficace pour initier un changement de comportement, sans culpabilisation. Les résultats confirment que cette campagne, désormais bien installée dans le paysage de la prévention, constitue un outil simple et efficace de santé publique”

Moralité, n’hésitez plus, et faites vous aussi votre Dry January !

À SAVOIR

Fruit d’un partenariat entre plusieurs acteurs de santé (Vinatier, HCL, Service Universitaire d’Addictologie de Lyon, Institut National du Cancer), l’étude JANOVER a été menée en janvier 2024 auprès de 5000 Français, parmi lesquels 4075 consommateurs d’alcool. L’étude a permis dans un premier temps (janvier 2025) de mettre en avant une participation croissante des jeunes adultes au Dry January, avec 29% des 18-34 ans engagés, contre 20% des 35-54 ans et 15% des 55 ans et plus (sur 4,5 millions de Français participants en 2024).

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Journaliste expert santé / Rédacteur en chef adjoint du Groupe Ma Santé. Journaliste depuis 25 ans, Philippe Frieh a évolué dans la presse quotidienne régionale avant de rejoindre la presse magazine pour mettre son savoir-faire éditorial au service de l'un de ses domaines de prédilection, la santé, forme et bien-être. Très attaché à la rigueur éditoriale, à la pertinence de l'investigation et au respect de la langue française, il façonne des écrits aux vertus résolument préventives et pédagogiques, accessibles à tous les lecteurs.

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