Une amniocentèse est effectuée dans le ventre d'une femme enceinte, afin de prélever du liquide amniotique destiné à analyser les anomalies chromosomiques du fœtus.
L'amniоcentèse est un examen prénatal qui sert à détecter des anоmalies génétiques du fœtus afin de mieux accоmpagner le suivi de la grоssesse. ©gettyimages / Canva

Test prénatal, risque de trisomie… Faut-il envisager une amniocentèse pendant la grossesse ? Derrière cet examen souvent redouté par les futurs parents se cache un outil essentiel du diagnostic génétique prénatal. Dans quels cas est-il recommandé, comment se déroule-t-il et quels en sont les risques ? Le point.

Le suivi de grossesse a fortement évolué ces dernières années, offrant aux futurs parents une meilleure visibilité sur le développement du fœtus.

Si le dépistage prénatal permet aujourd’hui d’évaluer avec une grande fiabilité les risques d’anomalies chromosomiques dès les premières semaines, certaines situations nécessitent des examens complémentaires pour poser un diagnostic précis.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’amniocentèse. Cette procédure, parfois redoutée, s’est progressivement perfectionnée et occupe désormais une place centrale en médecine fœtale. Elle reste l’examen de référence pour établir un diagnostic génétique fiable et accompagner les décisions médicales et parentales.

L’amniocentèse est un examen prénatal qui consiste à prélever une infime quantité de liquide amniotique, ce liquide clair dans lequel baigne le fœtus à l’intérieur de l’utérus.

Composé majoritairement d’eau, il contient également des cellules fœtales riches en matériel génétique, permettant d’analyser le patrimoine chromosomique du futur enfant.

L’analyse de ces cellules permet d’établir un caryotype (photographie des chromosomes du fÅ“tus). Cet examen permet de détecter des anomalies chromosomiques comme la trisomie 21, mais aussi certaines maladies génétiques comme la mucoviscidose ou le syndrome de l’X fragile.

Dans certains cas, l’amniocentèse peut également permettre de rechercher des infections fÅ“tales, comme la toxoplasmose ou le cytomégalovirus (fait partie de la famille des herpès-virus), ou encore de détecter des anomalies du développement, notamment certaines malformations du système nerveux comme le spina bifida (malformation congénitale). 

L’amniocentèse n’est jamais systématique. Elle est proposée lorsque le risque d’anomalie est jugé élevé après un dépistage.

Ce risque est évalué dès le premier trimestre de grossesse, notamment grâce au dépistage combiné qui associe une échographie (avec la mesure de la clarté nucale) et une prise de sang analysant les marqueurs sériques. Si le risque dépasse un certain seuil, ou si un test ADN prénatal non invasif (DPNI) revient positif, l’amniocentèse peut être envisagée pour confirmer le diagnostic.

Elle peut aussi être proposée si une anomalie est observée à l’échographie, en cas d’antécédents familiaux de maladie génétique, ou lorsque les parents sont porteurs d’une anomalie chromosomique.

Au-delà des tests de dépistage, l’âge de la future mère entre également en ligne de compte. À partir de 38 ans, la probabilité statistique d’anomalies chromosomiques augmente naturellement, ce qui amène les équipes médicales à proposer plus fréquemment l’amniocentèse.

L’amniocentèse est généralement réalisée entre 15 et 17 semaines d’aménorrhée, soit au début du deuxième trimestre de grossesse. À ce stade, la quantité de liquide amniotique est suffisante pour effectuer le prélèvement dans de bonnes conditions.

Dans certains cas particuliers, elle peut être réalisée plus tard dans la grossesse. Lorsqu’un diagnostic plus précoce est nécessaire, une alternative appelée biopsie de trophoblaste peut être proposée dès le premier trimestre, entre 11 et 14 semaines.

Le jour de l’examen, la patiente est installée allongée sur le dos. Une échographie est d’abord réalisée pour repérer précisément la position du fœtus, du placenta et du liquide amniotique.

La peau de l’abdomen est ensuite désinfectée. Le médecin introduit une aiguille très fine à travers la paroi abdominale et utérine, guidé en permanence par l’échographie, afin de prélever environ 15 millilitres de liquide amniotique. Le geste est rapide, généralement moins de dix minutes. Il est le plus souvent peu douloureux, même si certaines femmes ressentent une gêne ou des crampes passagères. Une anesthésie locale n’est généralement pas nécessaire.

Après le prélèvement, une vérification échographique est réalisée pour s’assurer que le fœtus va bien.

L’amniocentèse est réalisée dans des conditions strictes de sécurité, mais elle reste un examen invasif. Le principal risque est celui de fausse couche, estimé à moins de 0,5 %, généralement dans les jours suivant le geste.

Dans de rares cas, une infection du liquide amniotique ou une fuite de liquide peuvent survenir. Une blessure du fœtus par l’aiguille est exceptionnellement décrite.

Après l’examen, il est recommandé de se reposer pendant une journée. Des douleurs légères ou une sensation de tiraillement peuvent apparaître. En revanche, en cas de fièvre, de contractions ou de saignements, une consultation rapide est nécessaire.

Chez les femmes de rhésus négatif, une injection d’immunoglobulines anti-D est réalisée après l’examen pour éviter une incompatibilité sanguine lors d’une future grossesse.

Les résultats dépendent des analyses réalisées. Pour certaines anomalies chromosomiques fréquentes comme les trisomies, une première réponse peut être obtenue en quelques jours.

L’analyse complète du caryotype nécessite souvent deux à trois semaines, le temps que les cellules fœtales se développent en laboratoire. Dans de rares cas, un nouveau prélèvement peut être nécessaire si les cellules ne se développent pas correctement.

En définitive, l’amniocentèse s’inscrit dans une démarche médicale encadrée, où l’information et le consentement occupent une place centrale. La consultation préalable permet aux futurs parents de comprendre précisément les apports de l’examen, mais également ses limites et les risques associés.

L’idée est de leur permettre de faire un choix pleinement éclairé, en respectant leur décision. Cet acte, jamais imposé, repose ainsi sur une approche fondée à la fois sur la transparence médicale et l’autonomie du patient.

À SAVOIR

La première amniocentèse documentée remonte à 1882. Le gynécologue allemand Friedrich Schatz utilisait alors cette technique dans un objectif thérapeutique. À une époque où la génétique n’existait pas encore, il pratiquait des ponctions pour soulager des patientes atteintes de polyhydramnios, une accumulation excessive de liquide amniotique, afin de réduire la pression dans l’utérus. Il faudra attendre le milieu des années 1950 pour que cette pratique soit validée à des fins diagnostiques. Les médecins commencent alors à analyser au microscope les cellules présentes dans le liquide amniotique, notamment pour déterminer le sexe du fÅ“tus avant la naissance.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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