Une mère administre un premier traitement contre la tuberculose à son enfant.
La tuberculose est une maladie sérieuse mais elle ne représente plus une menace sanitaire incontrôlée comme par le passé. © Freepik

Un cas de tuberculose a été détecté début décembre à l’école maternelle Léonard-de-Vinci, à Saint-Évarzec, dans le Finistère. Très vite, les autorités sanitaires ont activé leurs protocoles de dépistage autour des enfants et du personnel. Le cas est-il maîtrisé ? Faut-il s’inquiéter ? Le point. 

Quand on entend tuberculose, l’imaginaire collectif fait irrésistiblement remonter des images historiques de maladies sévères, épidémies et grandes peurs sanitaires. Pourtant, en France aujourd’hui, cette maladie infectieuse reste relativement rare, bien suivie, et, surtout, connue des services de santé publique qui ont des procédures bien rodées pour faire face à ce type de situation.

Le 5 décembre dernier, un cas de tuberculose a été confirmé chez un enfant à l’école maternelle Léonard-de-Vinci, en petite Bretagne. Aussitôt, l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne, en lien avec le Centre de lutte antituberculeuse (CLAT), a mis en place un dispositif de suivi ciblé pour les personnes ayant été en contact rapproché avec le cas index.

Tuberculose : comment se développe la maladie ? 

La bactérie responsable de la tuberculose, Mycobacterium tuberculosis, ne vit pas dans l’environnement. On ne la trouve ni dans le sol, ni dans l’eau, ni sur les objets, ni dans l’air “naturel”. Son seul réservoir est l’être humain. Autrement dit, avant d’être inhalée par quelqu’un, la bactérie se trouve dans les poumons d’une personne atteinte d’une tuberculose pulmonaire active.

Lorsque cette personne tousse, parle fort, chante ou éternue, elle libère dans l’air de minuscules gouttelettes appelées noyaux de Pflügge, qui contiennent la bactérie. Ces micro-particules peuvent rester en suspension dans l’air pendant plusieurs heures, surtout dans des espaces clos et mal ventilés. 

Et comment attrape-t-on la tuberculose ? 

La tuberculose évolue lentement, souvent sur plusieurs mois. Elle débute lorsque la bactérie Mycobacterium tuberculosis est inhalée depuis l’air expiré par une personne atteinte d’une forme pulmonaire contagieuse. Une fois dans les poumons, le système immunitaire peut contenir l’infection. La bactérie reste alors inactive, on parle de tuberculose latente. La personne ne présente aucun symptôme et n’est pas contagieuse. C’est la situation la plus fréquente en France.

Mais si les défenses immunitaires s’affaiblissent, la bactérie peut se multiplier et provoquer une tuberculose active. Les symptômes apparaissent alors progressivement : 

  • toux persistante, 
  • fatigue
  • fièvre, 
  • sueurs nocturnes, 
  • parfois perte de poids. 

Dans les formes pulmonaires, la maladie devient transmissible. Bien prise en charge, la tuberculose se soigne toutefois très efficacement grâce à un traitement antibiotique de plusieurs mois, ce qui permet de guérir et de stopper rapidement la contagiosité.

L’école maternelle Léonard-de-Vinci, située près de Quimper, a été le théâtre de cette alerte sanitaire. Dès que la maladie a été confirmée le 5 décembre, les autorités ont identifié les personnes considérées comme cas contacts : environ 70 enfants et 5 adultes (personnel éducatif), soit 75 personnes à dépister.

L’ARS Bretagne a simplement appliqué le protocole standard, qui se déroule en deux grandes étapes :

  1. Un examen radiographique pulmonaire, pour vérifier l’absence de forme active de la tuberculose.
  2. Un test immunologique (prise de sang), réalisé environ 10 à 12 semaines après le dernier contact, pour détecter une infection latente.

Pourquoi ce délai ? Parce que la tuberculose évolue lentement. Il faut du temps pour que le système immunitaire monte une réponse détectable par les tests.

La réponse est, ici encore, dans la nuance. Il n’y a pas lieu de céder à la panique, mais il est important de rester attentif et correctement informé. Le cas identifié à Saint-Évarzec témoigne avant tout de la réactivité d’un système de santé rompu à la gestion de situations sanitaires ciblées, y compris lorsqu’elles concernent des maladies qui continuent de susciter des inquiétudes dans l’imaginaire collectif. 

En France, le risque pour la population générale demeure très faible. Le dépistage ciblé des personnes ayant été en contact étroit avec le cas détecté est une mesure courante, destinée à prévenir toute transmission. Si la tuberculose reste une maladie redoutable dans certaines régions du monde, elle est aujourd’hui étroitement surveillée et efficacement maîtrisée sur le territoire français.

À SAVOIR 

En France, la vaccination contre la tuberculose (BCG) n’est plus obligatoire depuis 2007, mais elle reste recommandée pour les enfants considérés comme à risque. D’après Santé publique France et la Haute Autorité de santé, ce vaccin protège principalement les jeunes enfants contre les formes graves de la tuberculose, sans toutefois empêcher systématiquement l’infection.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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