
Un cas humain du nouveau variant de grippe aviaire A (H9N2) a été confirmé le 26 mars 2026 en Italie, en Lombardie, chez une personne revenant récemment d’un pays où ce virus circule chez les volailles, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC, 2026). Il s’agit du premier cas détecté chez un humain dans l’Union européenne. Mais, faut-il s’en inquiéter tout de suite ?
Le 26 mars 2026, les autorités sanitaires italiennes ont confirmé, en lien avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), un cas humain d’infection par le virus de grippe aviaire A(H9N2) en Lombardie, dans le nord de Italie.
Le patient, un adulte récemment revenu d’un pays hors Union européenne où ce virus circule chez les volailles, a été pris en charge sans qu’aucune transmission à son entourage ne soit détectée à ce stade.
Il s’agit du premier cas humain identifié dans l’Union européenne et l’Espace économique européen.
Premier cas de H9N2 aviaire détecté en Italie : comment est-ce possible ?
H9N2 : c’est quoi ce virus ?
A(H9N2) est un virus influenza aviaire de type A, surveillé depuis plusieurs décennies chez les volailles, notamment en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. Chez l’humain, les infections sont documentées depuis 1998. Selon l’ECDC, 195 cas humains, dont deux décès, avaient été signalés dans le monde au 10 février 2026, dans 10 pays, principalement en Asie et en Afrique.
Ces contaminations restent sporadiques, le plus souvent après un contact direct avec des volailles infectées ou un environnement contaminé, et aucune transmission interhumaine soutenue n’a été mise en évidence à ce jour.
Selon l’OMS, les symptômes peuvent aller d’une infection respiratoire légère à des formes plus sévères, même si de nombreux cas décrits jusqu’ici ont été peu graves.
Un cas importé, pas une transmission locale
Dans le cas italien, les autorités sanitaires précisent que l’infection est importée. Cela signifie que la contamination a eu lieu à l’étranger, probablement au contact de volailles infectées ou d’un environnement contaminé.
Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), aucun élément ne suggère une transmission du virus entre humains dans cet épisode. Et c’est là toute la différence.
Un virus capable de se transmettre facilement d’une personne à une autre, comme le SARS-CoV-2 (Covid), peut provoquer une épidémie. En revanche, un virus qui nécessite un contact direct avec un animal infecté reste, à ce stade, beaucoup moins préoccupant.
AH9N2 : faut-il s’inquiéter d’une nouvelle épidémie ?
Selon l’ECDC (2026), le risque d’une nouvelle épidémie pour la population européenne est actuellement considéré comme faible. Plusieurs éléments expliquent cette évaluation :
- Le virus H9N2 ne montre pas de transmission interhumaine soutenue
- Le cas détecté est isolé et importé
- Les systèmes de surveillance fonctionnent et ont permis une détection rapide
- Les contacts du patient ont été suivis sans signalement de cas secondaires
Autrement dit, le système joue son rôle : détecter, isoler, surveiller.
Du côté du ministère italien de la Santé, les mesures mises en place sont qualifiées “d’ordinaires”, ce qui signifie qu’il n’y a pas de situation exceptionnelle nécessitant des restrictions ou des mesures d’urgence.
AH9N2 : un virus à surveiller… pour de bonnes raisons
Si le risque immédiat est faible, les virus grippaux restent sous haute surveillance pour une raison bien précise : leur capacité à évoluer.
Selon l’OMS, les virus influenza peuvent subir des mutations ou des recombinaisons génétiques. Cela peut, dans certains cas, modifier leur capacité à infecter l’humain ou à se transmettre.
Le H9N2 est d’ailleurs considéré par les scientifiques comme un virus “réservoir”. Cela signifie qu’il peut échanger du matériel génétique avec d’autres virus grippaux, potentiellement plus dangereux.
Ce mécanisme, appelé “réassortiment”, a déjà joué un rôle dans l’émergence de certains virus grippaux. Par exemple, le virus grippe A(H7N9), apparu en 2013 en Chine, est issu d’un réassortiment génétique entre plusieurs virus aviaires, dont des H9N2, et a depuis été à l’origine de plus de 1 500 cas humains confirmés.
À SAVOIR
Selon l’Organisation mondiale de la santé, des virus candidats vaccinaux contre des virus grippaux aviaires comme H9N2 ont été développés dans le cadre de la préparation à une éventuelle pandémie, mais aucun vaccin n’est actuellement disponible pour la population générale.







