
Nestlé, Lactalis… Dans les jours qui ont suivi le réveillon, plusieurs géants de l’alimentation infantile ont rappelé massivement des laits pour nourrisson en raison d’une possible contamination par la toxine céréulide. Alors faut-il s’inquiéter ? Quels risques pour les bébés susceptibles d’en avoir consommé, et quelles démarches doivent entreprendre les parents ?
Fin décembre 2025, des analyses menées dans une usine de transformation ont trouvé des traces de céréulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus, dans un ingrédient utilisé pour enrichir certaines préparations pour nourrissons. Cette découverte a déclenché une série de rappels à grande échelle touchant des grands noms du secteur agroalimentaire.
C’est d’abord Nestlé qui a décidé, le 5 janvier 2026, de retirer volontairement du marché plusieurs lots de ses laits Guigoz et Nidal, après avoir identifié dans l’un des ingrédients fournis une huile riche en acide arachidonique (ARA) susceptible de contenir cette toxine.
Puis, le 21 janvier, c’est au tour du groupe Lactalis d’annoncer le rappel de six lots de laits infantiles Picot, distribués dans 18 pays, pour la même raison.
Les autorités sanitaires françaises confirment que les deux cas sont liés à un même fournisseur d’ingrédients, basé en Chine, dont l’huile ARA aurait introduit la toxine dans plusieurs formulations de lait.
À ce jour, aucun lien définitif n’a été établi entre la consommation des produits visés et des cas graves de maladie, malgré une enquête ouverte après la mort d’un nourrisson en France qui aurait bu un lait concerné, sans que ce lien soit confirmé scientifiquement.
Laits infantiles contaminés : qu’est-ce que le céréulide ?
Le céréulide est une toxine produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus, un micro-organisme que l’on trouve couramment dans l’environnement (sol, eau, poussières) et dans des aliments tels que le riz, les produits laitiers ou les céréales.
Chez un adulte, Bacillus cereus provoque généralement des intoxications alimentaires bénignes. Mais chez les nourrissons, qui consomment plusieurs biberons par jour, la réitération des expositions et leur système physiologique encore immature peuvent augmenter la sensibilité aux effets toxiques.
Le céréulide est stable à la chaleur et peut se retrouver déjà formé dans un aliment, indépendamment d’une contamination bactérienne visible à l’œil nu.
Bactérie dans le lait : quels risques pour les bébés ?
Quels symptômes chez le nourrisson ?
Les symptômes liés à une exposition au céréulide sont principalement digestifs, car la toxine agit sur l’estomac et les intestins. Ils apparaissent généralement rapidement après ingestion, souvent entre 30 minutes et six heures.
Les manifestations les plus fréquentes comprennent :
- Vomissements persistants ;
- Diarrhée ;
- Crampes abdominales ;
- Léthargie ou irritabilité inhabituelle.
Chez le bébé, la déshydratation peut survenir vite, car son petit organisme perd de l’eau rapidement à cause des vomissements répétés ou de diarrhées. Pour cette raison, toute combinaison de ces symptômes après un biberon doit inciter les parents à consulter rapidement un professionnel de santé, même si aucune infection ou intoxication ne peut être confirmée formellement sans analyse.
Laits contaminés : votre marque est-elle concernée ?
Les rappels visent des lots spécifiques de préparations infantiles, identifiés précisément par leurs numéros de lot et dates de validité. En France, les principaux produits concernés sont :
- Guigoz et Nidal (Nestlé) : plusieurs références distribuées depuis mai 2025.
- Picot (Lactalis) : six lots distribués depuis janvier 2025 et vendus dans pharmacies et grandes surfaces.
Une alerte similaire a par ailleurs touché certains lots de la marque Damira dans d’autres pays européens, également en lien avec la présence de céréulide dans l’ARA utilisé dans la composition.
Les autorités françaises invitent les parents à consulter la plateforme officielle RappelConso et à ne pas utiliser les lots incriminés, même si la boîte est ouverte. Les numéros de lot doivent être comparés à ceux publiés par les fabricants et les services sanitaires officiels.
Que faire si votre bébé a consommé ces laits ?
- Vérifier le numéro de lot : comparez vos boîtes avec la liste officielle sur le site gouvernemental RappelConso.
- Ne plus utiliser les lots concernés : cessez toute utilisation, même si l’enfant n’a pas présenté de symptômes.
- Jeter la boîte et demander un remboursement : prenez une photo lisible (face avant + code lot), puis suivez les instructions du fabricant pour obtenir un remboursement.
- Surveiller les symptômes digestifs : en cas de vomissements répétés, diarrhée ou changement de comportement après un biberon, consultez un pédiatre ou votre médecin traitant.
- Urgence médicale : si l’état de votre enfant se détériore rapidement (signes de déshydratation, somnolence anormale, refus de boire), contactez immédiatement le 15 / SAMU.
Les autorités sanitaires françaises et européennes continuent d’évaluer les risques et de surveiller l’évolution de la situation, tout en rappelant que les produits actuellement disponibles sur le marché ne sont pas, à ce stade, considérés comme dangereux en l’absence de contamination identifiée.
À SAVOIR
Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA, 2016), la toxine céréulide fait l’objet d’une surveillance particulière car elle est thermorésistante. Elle supporte la cuisson, le séchage et même la pasteurisation, ce qui explique qu’elle puisse persister dans des aliments industriels pourtant soumis à des traitements thermiques rigoureux.







