
Douleur sous le gros orteil, gêne à la marche, sensation de brûlure… Et si ce n’était pas simplement une fatigue du pied ? Avec l’essor de la course à pied et l’arrivée des chaussures à plaque carbone, la sésamoïdite, une inflammation de l’avant-pied, semble de plus en plus fréquente. Comment la reconnaître, et surtout comment la soigner ? Explications.
Dans une société où la marche et le sport occupent une place centrale dans les activités les plus pratiquées, les pieds sont de plus en plus sollicités. Le running attire chaque année davantage de pratiquants, on en compte plus de 13 millions en France, mais cette popularité s’accompagne aussi de nouvelles douleurs. Parmi elles, la sésamoïdite.
Cette inflammation, située sous la base du gros orteil, ne représente qu’une petite part des douleurs du pied (environ 2 %), mais elle touche particulièrement les sportifs et les personnes très actives au quotidien.
C’est quoi exactement, la sésamoïdite ?
La sésamoïdite concerne deux petits os situés sous l’articulation du gros orteil, appelés os sésamoïdes. Logés dans un tendon, ils ne sont pas reliés directement aux autres os. Ils facilitent le mouvement du pied lors de la marche et participent à l’absorption des chocs à chaque appui.
Cette pathologie correspond à une inflammation de ces os et des tissus qui les entourent. Elle apparaît généralement à cause de pressions répétées et de frottements excessifs sur cette zone. Avec le temps, ces contraintes provoquent une irritation progressive.
Il ne s’agit pas d’une blessure brutale dans la majorité des cas, mais d’une atteinte qui s’installe progressivement. Sans prise en charge, elle peut évoluer et, dans certains cas, entraîner une fracture de fatigue.
Gоnflements, difficultés à marcher․․․ autant de signes liés à la sésamоïde
Le principal signe de la sésamoïdite est une douleur localisée sous l’avant du pied, juste derrière le gros orteil. Au début, cette douleur apparaît surtout lors d’un effort, comme la course, ou en marchant pieds nus sur un sol dur. Avec le temps, elle peut devenir plus régulière, voire permanente.
Certains mouvements accentuent la gêne, notamment lorsque le gros orteil est relevé vers le haut. Ce geste met en tension le tendon au niveau des os sésamoïdes, ce qui augmente la douleur.
Un léger gonflement peut parfois être présent, rendant le port de chaussures serrées inconfortable. La zone est aussi très sensible au toucher.
Contrairement à un hallux valgus, qui entraîne une déformation visible du pied, la sésamoïdite reste une atteinte interne. Elle ne se voit pas forcément, mais peut modifier la manière de marcher pour éviter la douleur. À terme, cette compensation peut provoquer des tensions dans d’autres zones, comme le genou ou la hanche.
Cоmment peut-оn cоntracter une sésamоïdite ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’apparition d’une sésamoïdite. Les activités à impacts répétés, comme la course à pied, sont les plus souvent en cause, car elles sollicitent fortement l’avant du pied.
La morphologie du pied joue aussi un rôle. Un pied creux, avec une voûte plantaire très marquée, ou à l’inverse un pied plat, peut modifier la répartition des appuis et augmenter la pression sur les os sésamoïdes. Le surpoids est également un facteur aggravant, car il augmente la charge exercée sur cette zone à chaque mouvement.
Le choix des chaussures est un élément clé. Le port fréquent de talons hauts déplace le poids du corps vers l’avant, ce qui accentue la pression sous le gros orteil. À l’inverse, des chaussures trop souples ou avec une semelle trop fine n’absorbent pas suffisamment les chocs.
Enfin, un traumatisme direct, comme une chute ou un impact sur l’avant du pied, peut aussi déclencher la douleur, soit de manière immédiate, soit en favorisant une inflammation qui s’installe avec le temps.
Quelles solutions pour en venir à bout ?
Le traitement de la sésamoïdite repose d’abord sur le repos. Il est généralement nécessaire de stopper temporairement les activités à impact, comme la course, pour éviter d’aggraver la douleur. La glace et les anti-inflammatoires peuvent aider à soulager les symptômes, mais l’objectif principal reste de réduire la pression exercée sur l’avant du pied.
Un pédicure-podologue peut proposer des semelles orthopédiques sur mesure. Elles permettent de mieux répartir les appuis et de soulager la zone sous le gros orteil. Des orthèses plantaires avec un appui métatarsien peuvent aussi être utilisées pour décharger les os sésamoïdes.
Dans les formes plus persistantes, des infiltrations de corticoïdes ou des séances de kinésithérapie peuvent être envisagées, notamment pour renforcer les muscles du pied et du mollet et améliorer la mécanique de marche.
Le choix des chaussures joue également un rôle important. Des modèles plus rigides, avec une semelle adaptée et un bon amorti, permettent de limiter les contraintes sur l’avant-pied.
Enfin, les orthèses restent un élément central du traitement pour corriger les appuis et favoriser une récupération durable.
À SAVOIR
Au IIe siècle de notre ère, le médecin grec Galien décrit, lors de ses dissections, deux petits os situés sous l’avant-pied. Leur forme, plate et ovale, lui rappelle une graine bien connue à l’époque. Il les baptise alors « sésamoïdes », du grec sēsamoeidēs, qui signifie « qui ressemble à une graine de sésame ». Ce terme n’a pas changé depuis. Aujourd’hui encore, une sésamoïdite désigne tout simplement une inflammation de ces petits os, dont le nom fait directement référence à leur ressemblance avec… une graine de sésame.







