Patiente allоngée lоrs d'un examen de mammоgraphie, illustrant le dépistage et la prise en charge du cancer du sein, qui peut abоutir à une mastectоmie․
La mastectоmie est une оpératiоn chirurgicale qui cоnsiste à enlever le sein afin de traiter оu de prévenir l'évоlutiоn du cancer du sein․ @ioana-adams-images / Canva

Sein enlevé, cоrps transfоrmé․․․ L’ablatiоn du sein ne cоncerne pas uniquement la maladie : elle touche à la perceptiоn de sоi. La mastectоmie, réalisée dans certains cas de cancer du sein, est une interventiоn lоurde aux répercussiоns physiques et psychоlоgiques․ Cоmment se passe l’оpératiоn ? Quelles en sоnt les cоnséquences ? Et cоmment abоrder la recоnstructiоn ensuite ? Explications.

Chaque année, des milliers de femmes en France sont confrontées à une décision difficile après un diagnostic de cancer du sein. Avec les progrès du dépistage, notamment grâce à la mammographie et à l’échographie, les cancers sont détectés plus tôt, ce qui améliore le pronostic.

Pourtant, dans certains cas, une chirurgie plus radicale reste nécessaire. L’ablation du sein, appelée mastectomie, fait partie de ces interventions. Derrière ce terme médical se cache une réalité à la fois physique et profondément intime, qui touche à la santé, mais aussi à l’image de soi et à la féminité.

L’intervention, réalisée sous anesthésie générale, consiste à retirer l’ensemble de la glande mammaire afin d’éliminer toute trace de cellules cancéreuses. Lorsque la tumeur est suffisamment éloignée de la surface, le chirurgien peut parfois préserver l’enveloppe cutanée, ainsi que l’aréole et le mamelon, pour faciliter une reconstruction ultérieure.

Au cours de l’opération, les ganglions lymphatiques situés sous le bras sont également examinés. Cette étape repose sur la technique du ganglion sentinelle : le système lymphatique est la principale voie de circulation des cellules cancéreuses. Le ganglion sentinelle correspond au premier relais sur ce trajet.

S’il est analysé et qu’il ne contient aucune cellule cancéreuse, cela indique que la maladie ne s’est pas propagée. En revanche, s’il est atteint, un retrait plus large des ganglions, appelé curage axillaire, peut être nécessaire.

Une fois l’intervention terminée, le tissu mammaire retiré est analysé en laboratoire. Cet examen permet de préciser les caractéristiques de la tumeur et d’adapter les traitements complémentaires, comme la chimiothérapie, la radiothérapie ou l’hormonothérapie.

L’intervention s’appuie sur plusieurs équipements chirurgicaux complémentaires.

  • Le bistouri chirurgical : il permet de réaliser l’incision et de retirer les tissus mammaires. À ses côtés, l’électrobistouri utilise un courant électrique pour couper tout en coagulant les vaisseaux sanguins, ce qui limite les saignements pendant l’opération.
  • La machine d’anesthésie : elle maintient la patiente sous anesthésie générale et surveille en continu les fonctions vitales comme la respiration, le rythme cardiaque et l’oxygénation.
  • Des drains chirurgicaux en fin d’opération : ces petits tubes permettent d’évacuer les liquides (sang, lymphe) et de favoriser une bonne cicatrisation.
  • Bistouri ultrasonique : fonctionne grâce à des vibrations à haute fréquence. Il permet de couper et de coaguler avec une grande précision, tout en préservant davantage les tissus environnants.
  • Repérage du ganglion sentinelle (sous l’aisselle) : repose sur un système spécifique utilisant un traceur, injecté avant l’intervention. Ce dispositif aide le chirurgien à identifier les premiers ganglions susceptibles d’être atteints par le cancer et à adapter le geste chirurgical en conséquence.

Conséquences physiques

Sur le plan physique, la mastectomie entraîne une modification visible du thorax, avec une asymétrie souvent marquée. Dans les semaines qui suivent, des tiraillements, une sensation de tension et des douleurs liées à la cicatrisation sont fréquents.

Lorsque plusieurs ganglions lymphatiques ont été retirés au niveau de l’aisselle, le principal risque est l’apparition d’un lymphÅ“dème, parfois appelé « syndrome du gros bras ». Ce phénomène s’explique par : les ganglions qui jouent un rôle de drainage des liquides. Une fois retirés, la circulation lymphatique est perturbée, ce qui entraîne une accumulation de liquide dans le bras et donc un gonflement.

Aujourd’hui, ce risque est bien pris en charge. Des séances de drainage lymphatique réalisées par un kinésithérapeute spécialisé, associées au port d’un manchon de compression, permettent de limiter efficacement ce phénomène et d’améliorer le confort au quotidien.

Conséquence psychologiques

Au-delà de la cicatrice physique, l’impact émotionnel est souvent profond. Le sein est fortement associé à la féminité, à la séduction et à la maternité. Sa disparition peut alors provoquer un véritable sentiment de deuil, une perte de repères et, chez certaines femmes, une altération marquée de l’estime de soi. Le simple fait de se regarder dans le miroir peut devenir difficile.

Dans ce contexte, un accompagnement psychologique n’est pas secondaire : il fait partie intégrante de la prise en charge. Le soutien de professionnels, mais aussi les échanges avec d’autres patientes, permettent progressivement de se réapproprier ce nouveau corps et de reconstruire une image de soi plus apaisée.

La reconstruction mammaire constitue une étape essentielle du parcours de soins. Elle peut être réalisée immédiatement, au moment de la mastectomie, ou différée, parfois plusieurs mois ou années plus tard, selon la situation médicale et le choix de la patiente.

Deux grandes approches existent. La première est la reconstruction par implant. Le chirurgien place une prothèse en silicone sous la peau ou sous le muscle pectoral afin de recréer le volume du sein. Cette technique est la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre, avec des suites opératoires généralement plus légères.

La seconde repose sur l’utilisation des propres tissus de la patiente, appelée reconstruction par lambeau. Il s’agit d’une intervention plus complexe : de la peau et de la graisse sont prélevées, le plus souvent au niveau du ventre ou du dos, puis transplantées au niveau du thorax. Le chirurgien reconnecte minutieusement les vaisseaux sanguins, ce qui permet d’obtenir un sein vivant, souple et évolutif dans le temps.

Dans certains cas, le lipofilling vient compléter ces techniques. Cette méthode consiste à injecter de la graisse purifiée pour améliorer les contours et affiner le résultat esthétique.

Enfin, la reconstruction peut être finalisée par la recréation du mamelon, soit par chirurgie, soit grâce à un tatouage médical en 3D, capable de reproduire un effet très réaliste.

La période post-opératoire demande du temps, mais aussi une forme de bienveillance envers soi-même. La reprise progressive d’une activité physique douce, comme la marche ou le yoga, est d’ailleurs souvent recommandée par les oncologues. Elle aide à retrouver de la mobilité au niveau des épaules et à lutter contre la fatigue liée aux traitements.

Avec le temps, le corps cicatrise… et l’esprit aussi. La reconstruction, qu’elle soit chirurgicale ou plus intime, se fait étape par étape. La cicatrice reste, mais son sens évolue. Pour beaucoup de femmes, elle devient moins une trace de la maladie qu’un signe de la capacité du corps à encaisser, à s’adapter et à avancer malgré l’épreuve.

À SAVOIR

Après une mastectоmie, certaines patientes peuvent éprоuver ce qu’оn appelle le syndrоme du sein fantôme, un phénоmène similaire à celui du membre fantôme․ Envirоn 40 % des patientes seraient tоuchées․ Ce trоuble trоuve sоn оrigine dans le système nerveux : le cerveau garde une représentatiоn précise du cоrps (hоmоncule sоmatоsensоriel)․ En l’absence de signaux, il peut alоrs générer des sensatiоns spоntanées telles que pоids, cоntact оu démangeaisоns, parfоis très lоcalisées․

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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