Un homme constatant une diminution de la densité capillaire au sommet du crâne, suspectant la responsabilité de la DHT sur la chute de ses cheveux et sa calvitie.
La DHT, une hоrmоne issue de la testоstérоne, est respоnsable de l'alоpécie andrоgénétique ainsi que de la perte prоgressive des cheveux․ ©Freepik

Chute de cheveux, gоlfes qui s’accentuent, cuir chevelu de plus en plus apparent․․․ Et si une hоrmоne jоuait le rôle dans cette perte prоgressive ? La DHT, оu dihydrоtestоstérоne, est l’un des principaux facteurs respоnsables de la calvitie․ Cоmment agit-elle sur les fоllicules pileux ? Pоurquоi certaines persоnnes y sоnt-elles davantage sensibles ? Et existe-t-il des mоyens pоur en atténuer les effets ? Explications․

Cheveux qui s’affinent au niveau des tempes, ligne frontale qui recule progressivement, sommet du crâne de plus en plus visible… Pour des millions d’hommes, mais aussi de femmes, la chute de cheveux devient une préoccupation importante dès la trentaine. L’alopécie androgénétique reste à ce jour la cause la plus fréquente de calvitie.

Derrière cette perte progressive des cheveux se cache la DHT, aussi appelée dihydrotestostérone. Cette hormone androgène joue pourtant un rôle central dans le fonctionnement hormonal du corps humain et dans la santé du cuir chevelu.

La DHT, ou dihydrotestostérone, est une hormone dérivée de la testostérone. Elle appartient à la famille des androgènes, souvent appelés hormones mâles. Même si elle est produite en plus grande quantité chez l’homme, les femmes possèdent elles aussi de la DHT en faible dose.

Cette hormone est fabriquée grâce à une enzyme appelée 5-alpha-réductase. Cette enzyme transforme une partie de la testostérone en DHT dans différents tissus du corps, notamment la peau, la prostate et les follicules pileux du cuir chevelu.

La DHT joue un rôle important pendant la puberté et dans le développement des caractères sexuels chez l’homme et la femme. Elle participe notamment au développement de la pilosité, de la barbe et de certains tissus hormonaux. Mais lorsque cette hormone agit de manière excessive sur certains follicules capillaires, elle peut progressivement provoquer une chute des cheveux.

Chez les personnes souffrant d’alopécie androgénétique, les follicules pileux sont génétiquement sensibles à cette hormone.

Sous l’effet de la DHT, les follicules se miniaturisent progressivement. Le cycle de vie du cheveu se raccourcit. Les cheveux deviennent plus fins, plus courts et plus fragiles. Progressivement, les follicules cessent même parfois totalement de produire de nouveaux cheveux. 

Ce phénomène débute souvent au niveau des golfes frontaux ou du vertex, c’est-à-dire le sommet du crâne. Avec le temps, les zones dégarnies s’élargissent et la chevelure perd progressivement en densité.

La DHT n’est pas directement responsable chez tout le monde. La sensibilité des récepteurs hormonaux du follicule pileux dépend fortement de l’hérédité. Certaines personnes possèdent des taux élevés de DHT sans perdre leurs cheveux, tandis que d’autres développent une calvitie précoce avec des taux hormonaux normaux.

La DHT ne touche pas uniquement les cheveux. Cette hormone agit sur plusieurs tissus du corps.

Chez l’homme, un excès de DHT est notamment associé à l’augmentation du volume de la prostate. Cette stimulation hormonale peut favoriser certains troubles urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Sur la peau, la DHT stimule également les glandes sébacées. Cela peut favoriser un excès de sébum, une peau plus grasse et parfois certaines formes d’acné hormonale.

Au niveau capillaire, l’excès de DHT accélère l’affinement des cheveux et la raréfaction progressive de la chevelure chez les personnes sensibles. Cette chute progressive peut devenir une véritable gêne psychologique, notamment lorsque les zones dégarnies deviennent visibles.

Aujourd’hui, plusieurs traitements visent à limiter l’action de la DHT sur les follicules capillaires.

Les traitements médicaux les plus connus sont le finastéride et le dutastéride. Ces médicaments bloquent l’action de l’enzyme 5-alpha-réductase afin de réduire la production de DHT. Le finastéride, notamment commercialisé sous certaines formes contre la calvitie masculine, permet chez certains patients de ralentir la chute des cheveux et parfois de favoriser une repousse partielle.

Le minoxidil, souvent utilisé en lotion capillaire, agit différemment. Il stimule la circulation sanguine autour du follicule pileux et prolonge la phase de croissance des cheveux. Ce traitement local est fréquemment prescrit contre l’alopécie androgénétique.

Certaines personnes se tournent également vers des solutions naturelles. Des compléments alimentaires contenant du zinc, de la biotine, des vitamines B ou certains extraits végétaux sont souvent proposés pour soutenir la croissance capillaire. Le gingembre, certaines huiles végétales ou encore la levure de bière sont régulièrement évoqués dans les routines anti-chute.

Les dermatologues rappellent toutefois que les shampooings, lotions ou remèdes naturels ont des résultats variables selon les individus. Lorsqu’une chute importante ou rapide survient, un bilan médical reste indispensable afin d’écarter une carence, un déséquilibre hormonal ou une autre pathologie.

Même si la DHT est davantage associée aux hormones masculines, elle influence aussi la santé hormonale des femmes.

Chez certaines femmes, notamment après la ménopause, une modification de l’équilibre hormonal peut favoriser une augmentation relative des androgènes. Cela peut entraîner une alopécie androgénétique féminine, souvent plus diffuse que chez l’homme. Les cheveux deviennent progressivement plus fins, avec une raréfaction visible au niveau de la raie centrale.

Un excès de DHT peut également favoriser une pilosité excessive, appelée hirsutisme, ainsi qu’une peau plus grasse ou de l’acné hormonale.

Les spécialistes rappellent cependant que les traitements anti-DHT doivent être utilisés avec prudence chez la femme, notamment en raison des effets hormonaux possibles et des contre-indications pendant une grossesse.

La DHT fait partie du fonctionnement normal du corps humain. Cette hormone joue un rôle important dans le développement hormonal et certaines fonctions physiologiques. Mais chez les personnes génétiquement sensibles, elle devient aussi l’un des principaux moteurs de la chute de cheveux.

Derrière une simple chute de cheveux se cache souvent un dialogue complexe entre les hormones, la génétique et les follicules capillaires de notre corps.

À SAVOIR

Dans les années 1970, l’endocrinologue américaine Julianne Imperato-McGinley aurait étudié un phénomène observé à Las Salinas (République dominicaine). Selon plusieurs témoignages locaux, certains enfants élevés comme des filles auraient progressivement développé des caractères masculins à la puberté. Les chercheurs auraient alors identifié une mutation génétique responsable d’un déficit en 5-alpha-réductase, une enzyme essentielle à la transformation de la testostérone en DHT (dihydrotestostérone). En l’absence de cette hormone pendant la vie fœtale, les organes génitaux externes resteraient peu masculinisés à la naissance. Mais, à la puberté, l’augmentation importante du taux de testostérone entraînerait une masculinisation progressive. Les scientifiques auraient également observé que ces patients présentaient très peu de problèmes de prostate et développaient rarement une calvitie. Ces travaux auraient ensuite joué un rôle important dans le développement de traitements capables de bloquer la DHT, comme le Finastéride, aujourd’hui utilisé contre l’alopécie androgénétique et certaines maladies de la prostate.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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