Une enfant en difficulté qui essaye de comprendre un exercice de maths.
Les difficultés en mathématiques sont souvent liées à l’anxiété mathématique, un phénomène neuropsychologique bien documenté. © Freepik

Et si quelques impulsions électriques bien placées dans le cerveau pouvaient vous aider à (enfin) comprendre les fractions ? Ce n’est pas de la science-fiction, mais une piste explorée par des chercheurs britanniques. Chez certaines personnes, les performances en mathématiques s’améliorent… grâce à une stimulation cérébrale ciblée. Décryptage.

Si vous avez un jour pleuré sur un exercice de trigonométrie ou fui les équations comme la peste, vous n’êtes pas seul. Selon une étude menée par l’OCDE, un élève français sur cinq affiche des difficultés sévères en mathématiques.

Et même chez les adultes, le simple mot “calcul” suffit parfois à faire monter l’anxiété. Alors, comment aider les cerveaux les plus réfractaires aux chiffres ? Une équipe de chercheurs a une idée un peu… électrique.

Une technique de stimulation électrique douce, mais ciblée

Des scientifiques de l’université de Surrey et de l’université d’Oxford Brookes ont récemment publié une étude dans la revue Nature Human Behaviour (juillet 2025). Leur méthode : utiliser la stimulation transcrânienne à courant alternatif (tACS), une technique non invasive qui envoie de légers courants électriques (1 mA) à travers le cuir chevelu, pour synchroniser l’activité cérébrale dans les zones impliquées dans le calcul.

Concrètement, pendant 30 minutes par jour sur 5 jours, 102 volontaires adultes ont reçu cette stimulation sur le lobe pariétal, une zone-clé pour le raisonnement mathématique. L’objectif est de renforcer le lien entre différentes régions du cerveau impliquées dans le traitement des nombres.

Des progrès notables… mais pas pour tout le monde

Les résultats, publiés début juillet 2025, sont surprenants : chez les participants qui présentaient un “faible couplage neuronal” (c’est-à-dire une communication moins efficace entre les aires cérébrales du calcul), les performances en mathématiques ont significativement augmenté.

En revanche, les cerveaux déjà bien connectés n’ont montré aucune amélioration. En d’autres termes, cette méthode ne rend pas les bons en maths encore meilleurs, mais pourrait offrir un coup de pouce à ceux qui peinent depuis toujours avec les chiffres.

Comment ça marche dans le cerveau, exactement ?

Les chercheurs se sont appuyés sur l’IRM fonctionnelle (IRMf) pour mesurer l’activité cérébrale des volontaires. Résultat : ceux qui ont bénéficié de la stimulation affichaient une meilleure synchronisation des ondes cérébrales entre les régions pariétales et frontales, des zones connues pour être le cœur du raisonnement logique et numérique.

La stimulation agit comme une sorte de métronome externe, aidant les circuits du cerveau à mieux “jouer ensemble” lorsqu’il s’agit de résoudre un problème ou d’estimer un pourcentage.

Pas une baguette magique (et pas encore autorisé chez vous)

Bien sûr, on est encore loin de proposer des séances de “boost cérébral” dans les écoles ou les centres d’examen. Cette technique, bien que prometteuse, reste expérimentale. En France, la stimulation transcrânienne est strictement encadrée, et utilisée surtout en contexte médical, notamment pour traiter la dépression résistante ou certaines douleurs chroniques.

Selon l’Inserm, les preuves sur son efficacité cognitive sont encore trop limitées pour généraliser son usage. Par ailleurs, si les effets secondaires rapportés sont bénins (picotements, maux de tête, fatigue légère), les effets à long terme sont inconnus.

Ce que cette étude ouvre, ce n’est pas une trappe vers un cerveau survolté façon science-fiction, mais un nouvel espoir pour les élèves en difficulté, les adultes en reconversion ou toute personne qui a vécu les maths comme un traumatisme.

Plutôt que de forcer sur les heures de soutien scolaire, pourquoi ne pas comprendre d’abord comment fonctionne le cerveau de l’apprenant ? C’est l’un des grands enseignements de cette recherche : les difficultés en maths ne sont pas une question d’intelligence, mais souvent de connexions cérébrales différentes. Et ça, c’est une sacrée révolution.

À SAVOIR

La stimulation transcrânienne à courant alternatif (tACS) est également étudiée pour améliorer d’autres fonctions cognitives, notamment la mémoire de travail et la concentration, chez des populations souffrant de troubles neurologiques comme la maladie d’Alzheimer ou le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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