Une partie de la Seine amménagée pour accueillir des biagneurs.
Le baigneur cohabite avec 36 espèces aquatiques, poissons et autres animaux. © Adobe Stock

La grande promesse des Jeux olympiques de Paris 2024 était de rendre la Seine baignable. Un an plus tard, la promesse tient : plus de 80 000 personnes se sont baignées dans le fleuve cet été et, bonne nouvelle, aucun cas grave d’infection n’a été recensé. Un bilan salué par l’Agence régionale de santé et par la mairie de Paris.

Pendant des décennies, se baigner dans la Seine relevait du fantasme ou de la provocation. L’eau du fleuve était jugée trop polluée, impropre à la baignade. Mais à l’occasion des Jeux olympiques, Paris avait promis une métamorphose. Grâce à d’importants travaux de dépollution et de modernisation des réseaux d’assainissement, l’objectif était clair : rendre la Seine accessible aux nageurs.

Un an après les épreuves olympiques de natation en eau libre, la mairie a ouvert plusieurs zones officielles de baignade surveillée. Et, plus de 80 000 personnes se sont jetées à l’eau à Paris entre juin et août 2025.

La grande crainte, c’était évidemment la santé. Risquait-on des infections gastro-intestinales ? Des maladies de peau ? Ou pire encore ? Selon le bilan publié par l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, le verdict est rassurant : aucun cas infectieux grave (ni bactérien, ni viral) n’a été signalé cet été parmi les baigneurs.

Bien sûr, certains baigneurs ont pu ressentir de légers désagréments (irritations, petits troubles digestifs), comme cela peut arriver dans n’importe quel plan d’eau naturel, mais rien de préoccupant n’a été constaté par les services de santé.

L’adjoint aux Sports de la Ville, Pierre Rabadan, salue un succès attendu : « Ce n’est pas une surprise, car nous avons mis en place une surveillance sanitaire quotidienne extrêmement stricte », a-t-il rappelé.

Un protocole sanitaire très rigoureux

La clé de cette réussite, c’est la surveillance continue de la qualité de l’eau. Chaque jour, des analyses étaient effectuées afin de mesurer la concentration en Escherichia coli et en entérocoques intestinaux, deux bactéries indicatrices de contamination fécale.

Dès que les seuils européens étaient dépassés, la baignade était interdite temporairement. Les contrôles ont donc permis d’éviter toute exposition à des risques élevés. Selon les données relayées par l’ARS et par la Ville de Paris, ces restrictions ont été ponctuelles mais indispensables pour garantir la sécurité des usagers.

Une victoire politique et symbolique pour la Ville de Paris

Pour Anne Hidalgo, maire de Paris, ce bilan est une victoire personnelle et politique. Critiquée pendant des années sur la faisabilité de ce projet jugé utopiste, elle peut désormais se targuer d’avoir « rendu la Seine aux Parisiens ».

Le HuffPost rapporte que la maire n’a pas caché sa fierté en rappelant que « les mauvaises langues » annonçaient un fiasco sanitaire, alors que l’expérience prouve le contraire. C’est aussi une victoire symbolique pour l’image de Paris. Montrer qu’un fleuve longtemps considéré comme une poubelle à ciel ouvert peut redevenir un lieu de loisirs et de nature en pleine capitale.

La question désormais est simple : l’expérience sera-t-elle reconduite ? Tout laisse à penser que oui. La fréquentation dépasse largement les attentes de la Ville et l’absence de problème sanitaire renforce la confiance du public.

Les prochains étés devraient donc voir la baignade dans la Seine s’inscrire durablement dans les habitudes estivales des Parisiens, au même titre que les piscines municipales ou les bords de Marne. Reste à maintenir les efforts sur la qualité de l’eau, car le fleuve reste fragile et dépend de nombreux facteurs (pluies, rejets d’eaux usées, épisodes de pollution).

À SAVOIR

Ouverts gratuitement du 5 juillet au 31 août 2025, trois zones ont été aménagées dans le cadre de Paris Plages : Bercy, Grenelle et Bras Marie. Ces espaces sécurisés incluent des bassins délimités, des douches, vestiaires, solariums, et sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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